POLITIQUE

Affaire Sklavounos: Alice Paquet nous parle du processus de l'enquête

01/11/2016 05:28 EDT | Actualisé 01/11/2016 05:33 EDT

Alice Paquet, qui soutient avoir été agressée sexuellement par le député libéral Gerry Sklavounos, a tenu à informer son entourage du développement de l’enquête avec les policiers ce mardi.

«L'enquête est un processus long, difficile, avoue la jeune femme. On doit aller quelque part dans notre tête où il fait pas beau.»

Voyez le message complet qu’elle a publié sur Facebook, sous le nom d'Alice Creton, cet après-midi:

Retour sur les événements

Une déclaration au micro et un message Facebook

Alice Paquet a raconté son histoire publiquement à deux reprises. Elle a d'abord pris la parole lors du rassemblement de soutien aux victimes de la série d'agressions sexuelles à l'Université Laval. « Je prends le micro aujourd'hui pour dénoncer une agression que j'ai vécue, et ce n'est pas parce que je ne l'ai pas dénoncée auparavant. C'est juste qu'on a voulu protéger l'agresseur parce qu'il a un siège à l'Assemblée nationale, parce que c'est un homme important, parce que sa carrière est plus importante que l'agression que j'ai vécue », a-t-elle déclaré devant les manifestants.

La jeune femme de Québec a ensuite publié un message sur sa page Facebook où elle a donné plus de détails sur sa rencontre avec son présumé agresseur.

« L'un d'entre eux, homme dont je ne nommerai pas le nom, mais qui siège présentement comme député libéral à l'Assemblée nationale, semblait me trouver bien de son goût [...] je suis allée voir la police, un an plus tard. J'avais même une trousse médico-légale. Mais ce n'était pas suffisant. Ce qu'on me disait, c'est "comprends-tu dans quoi tu t'embarques?", "ça va briser sa carrière", "es-tu certaine d'avoir dit non?". En plus d'avoir fait du chantage pour que je n'en parle à personne, il me disait que si j'en parlais, on n'allait pas me croire, moi. Sa voix serait plus forte que la mienne. Et ç'a été le cas. Et ce l'est encore ».

La publication a depuis été supprimée.

Dissuadée par son entourage

Alice Paquet a contacté les policiers en mars 2016, soit un peu plus d'an après les faits allégués, qui remontent à 2014. La jeune femme de Québec s'est expliquée sur la façon dont elle a été reçue par les policiers. Lors du rassemblement de mercredi soir à l'Université Laval, l'étudiante avait affirmé que l'enquête n'avait pas « abouti » parce qu'elle avait été dissuadée d'aller de l'avant dans le processus de plainte.

« Quand je dis que l'enquête n'a pas abouti, ce n'est pas parce que l'enquêteur n'a pas essayé de me rejoindre », dit-elle. « C'est moi. C'est partout autour de moi. On me disait : ''Il a des enfants, il a une femme, il est député, c'est un ancien avocat de la défense, il sait quoi faire, il sait à qui parler''. Moi je suis là, je suis une étudiante...je n'ai pas beaucoup de... je ne sais pas. Je me suis retrouvée vraiment seule là-dedans ».

«C’était les gens autour de moi. Maintenant mes proches sont là pour moi. Mais quand ils ont su ça, il y a eu une réaction du genre : ''Mais de quoi on va avoir l’air? Si ça sort publiquement, comprends-tu l’impact que ça va avoir?'' Encore il n’y a pas si longtemps, il y a certains de mes proches qui me disaient : ''parle à personne, ça ne peut pas sortir cette histoire''.» - Alice Paquet

Les policiers ont confirmé, jeudi, qu'ils avaient tenté de rejoindre l'étudiante à plusieurs reprises à la suite de sa première déclaration en mars 2016. Alice Paquet dit se sentir « écrasée et petite face à quelque chose de trop grand », mais a réaffirmé sa volonté d'aller de l'avant dans ses démarches et a annoncé qu'elle rencontrerait les policiers et les enquêteurs au cours des prochaines heures.

«Je vais poursuivre ma démarche, je vais rencontrer les policiers, je vais rencontrer les enquêteurs […] ça va être difficile, mais je veux ouvrir la voie aux autres.» - Alice Paquet

« Je n'ai jamais dit oui »

Mme Paquet dit avoir rencontré son présumé agresseur dans un restaurant de Québec, où elle travaillait comme hôtesse. La jeune femme soutient que le député était un bon ami du patron. Après avoir discuté brièvement de politique, Gerry Sklavounos, qui serait venu au restaurant en compagnie d'autres politiciens, aurait invité Alice Paquet à prendre un verre.

Au terme de la soirée, les deux se seraient rendus dans une chambre, située en haut du restaurant. Elle explique qu'elle était consentante jusqu'à un certain moment. « [La police] a posé la question à savoir si le ''non'' avait été dit clairement. Non je ne sais pas si je l'ai dit clairement. Je ne sais pas. Je sais qu'à ce moment-là, je n'étais pas bien dans la relation sexuelle et que je voulais partir », a-t-elle relaté.

«Un baiser ce n'est pas un contrat, une caresse ce n'est pas un contrat. Ce n'est pas parce qu'on s'enlace que nécessairement ça doit mener à une relation sexuelle.» - Alice Paquet

Alice paquet dit avoir subi des séquelles physiques à la suite de sa première rencontre avec Gerry Sklavounos. Elle dit s'être rendue le lendemain à l'hôpital, où elle a été prise en charge. Une trousse médico-légale lui aurait notamment été fournie afin d'effectuer des prélèvements.

Gerry Sklavounos Photo: Radio-Canada

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