POLITIQUE

Aide médicale à mourir: Gaétan Barrette étonné par le nombre de cas (VIDÉO)

27/10/2016 04:46 EDT | Actualisé 27/10/2016 04:50 EDT

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette ne pensait pas que les Québécois seraient aussi nombreux à recourir à l'aide médicale à mourir. «C'est plus que je pensais. J'avais évoqué qu'il y en aurait peut-être une centaine, mais en fait c'est presque le triple.»

Un texte de Davide Gentile

Dans son rapport déposé jeudi matin, la Commission sur les soins de fin de vie indique que 262 personnes ont eu recours à l'aide médicale à mourir en 9 mois.

Le total au bout des 12 premiers mois d'application pourrait donc être d'environ 300 cas. «Le niveau n'est pas spectaculaire quand on se compare à d'autres pays», signale Gaétan Barrette.

Des disparités régionales importantes

Difficile d'expliquer les différences marquées d'une région à l'autre quant au nombre d'aide médicale à mourir administrées au 30 juin. À Québec par exemple, 37 des 45 personnes qui ont demandé l'aide médicale à mourir l'ont obtenue.

À Montréal, il n'y a eu que 45 demandes, malgré une population plus importante, et seulement 28 des 54 demandes d'aide médicale à mourir ont été acceptées.

Juste à côté, en Montérégie, 40 des 44 demandes ont été acceptées. Le ministre de la Santé estime que ça reflète peut-être la composition démographique différente de l'île de Montréal.

«À Montréal, on a des communautés ethniques qui sont plus nombreuses proportionnellement par exemple. Les communautés ethniques sont souvent plus religieuses que d'autres. Du côté de Québec, la population est beaucoup plus homogène.»

Pas de dérapages, selon le ministre

Malgré le nombre de cas plus élevé que prévu, le ministre estime que la loi a été bien appliquée. «Il n'y a aucun problème à la lumière du rapport», estime Gaétan Barrette. Mais le ministre convient que des améliorations sont envisageables. «Peut-être faut-il revoir le formulaire», dit M. Barrette en parlant des documents que doivent remplir les médecins qui réalisent l'aide médicale à mourir.

198 cas d'aide médicale à mourir ont été analysés par la Commission sur les soins de fin de vie. Des dizaines de lettres exigeant des précisions ont été envoyées aux médecins. Plusieurs critiquent le nombre, le ton des lettres et la nature des questions posées par la Commission. Le ministre exhorte donc le Collège des médecins et la Commission à se pencher sur la possibilité de revoir le formulaire «peut-être pour le simplifier», dit-il.

Trois cas jugés non conformes à la loi

Dans 22 cas, la Commission a jugé qu'au moins une des exigences de la loi n'était pas respectée. Dans la plupart des cas, c'est la notion d'indépendance du médecin envers le patient qui n'aurait pas été suffisante.

«Il y a un problème dans les plus petits milieux, où trouver un médecin indépendant pose un problème», dit le ministre Barrette qui pense qu'il y a peut-être lieu ici aussi de faire des ajustements.

Dans trois cas, la Commission juge que les patients qui ont reçu l'aide médicale à mourir n'étaient carrément pas admissibles. Dans deux de ces trois cas, la Commission estime qu'ils n'étaient pas en fin de vie, ce qui voudrait peut-être dire qu'ils avaient peut-être plus d'un an à vivre. Et dans un cas, la Commission pense que le patient n'était simplement pas atteint d'une maladie mortelle.

Malgré toutes les polémiques, le ministre estime que la Commission a bien joué son rôle.

Je considère que la Commission a fait un excellent travail compte tenu du sujet épineux.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé

Voir aussi:

Le droit à l'euthanasie à travers le monde

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