DIVERTISSEMENT

«Tout le monde en parle»: quelques moments croustillants

23/10/2016 11:10 EDT | Actualisé 24/10/2016 05:39 EDT

Le franc-parler d’Anne-France Goldwater, le vent de fraîcheur de Pierre Thibault, le cri du cœur d’Annie Brocoli, Daniel Coutu et Ève Tessier-Bouchard en faveur des émissions jeunesse, la 2500e invitée Guylaine Tanguay… Voici quelques moments croustillants qui ont retenu notre attention à Tout le monde en parle cette semaine.

Guy se surpasse

Guy A.Lepage se surpasse de plus en plus en images rigolotes pour introduire son fou du roi, Dany Turcotte, à chaque début d’émission. «Même quand il n’a pas la grippe, on peut toujours dire de lui qu’il est malade», a-t-il illustré dimanche, avant l’entrée de Dany sur le plateau. La semaine dernière, il comparait son collègue à un téléphone Samsung et, le dimanche d’avant, disait de lui qu’il était tellement hot qu’il accélère le réchauffement de la planète.

Tendre la main

Dany Turcotte a parlé, pendant son petit moment d’antenne des premières minutes de Tout le monde en parle, d’un projet qui lui tient à cœur, le livre de photos Tendre la main, dans lequel 43 personnalités québécoises, dont Yvon Deschamps, Luc Langevin, Boucar Diouf et lui-même, exposent leurs mains devant l’objectif de 12 photographes. L’ouvrage, initié par deux médecins, Dr Jean-Paul Brutus, chirurgien spécialiste de la main, et Dr Yves Lamontagne, psychiatre et ancien président du Collège des médecins, est en vente au profit de la Fondation Les Impatients, laquelle vient en aide aux personnes atteintes de troubles en santé mentale. Cliquez ici pour plus de détails.

«Tout le monde en parle» - 23 octobre 2016

Croqueuse d’hommes

La vie apparemment fascinante de l’avocate Anne-France Goldwater se retrouve étalée dans sa biographie, Plus grande que nature. La dame s’y livre sans aucun tabou, allant jusqu’à révéler qu’à l’âge de 10 ans, elle lisait le Marquis de Sade et fantasmait sur le plombier de sa famille, Spiderman et Batman. Anne-France Goldwater assume pleinement sa sexualité et ne s’en cache aucunement, même si elle était un peu gênée d’aborder le sujet à Tout le monde en parle, dimanche. «L’avantage qu’on a quand on est femme, c’est qu’un homme, pour passer à l’acte, n’a pas besoin d’aimer la femme, pas besoin de la trouver belle, c’est juste l’opportunité en soi qui compte», analyse-t-elle. Estime-t-elle être parfois trop insistante auprès de la gent masculine? «Moi je dirais non, parce que j’ai toujours eu assez de confiance en moi-même pour me dire que celui qui a du bon goût va s’intéresser, goûter la marchandise, et celui qui n’est pas intéressé, c’est parce qu’il est un idiot. C’est une bonne équation…»

Anne-France Goldwater a rencontré à l’âge de 13 ans celui qui allait devenir son mari et le père de ses enfants, un professeur de mathématiques alors âgé de… 28 ans. «Aujourd’hui, ça ferait Denis Lévesque, une affaire de même», a observé Dany Turcotte. «Je ne crois pas que des gens pensent que je suis une fille timide, ou que je n’ai pas un caractère fort ou voire même dominant, a réplique Goldwater. Il ne faut pas imaginer que c’était une relation abusive d’un côté ou de l’autre. Nous sommes deux personnes qui apprécions beaucoup la littérature, on pouvait discuter Flaubert, Shakespeare. Nous avons été ensemble longtemps, 15 ans, quand même, et nous avons de forts liens d’amitié qui sont toujours là. Ce n’est pas parce que vous ne faites plus vie commune avec un homme que vous devez l’haïr…»

L’après- «Éric et Lola»

Anne-France Goldwater s’était surtout faite connaître du grand public en défendant «Lola» dans la très médiatisée affaire «Éric contre Lola», qui avait comme principal objet les droits des conjoints de fait après une séparation. Quel bilan l’ex-animatrice de L’Arbitre trace-t-elle de ce cas? «Je trouve assez regrettable de ne pas être allée en Cour suprême (…) Parce que l’homme d’affaires qui aidait Lola dans sa cause, économiquement, après que j’aie gagné en Cour d’appel, il a dit : «Pour aller en Cour suprême, ça prend du sérieux, il faut engager un homme». Et il a perdu!» Anne-France Goldwater a exécuté un mouvement de victoire du bras en prononçant ces mots.

Avec Pierre Karl Péladeau

Pourquoi Anne-France Goldwater a-t-elle accepté de défendre Pierre Karl Péladeau dans son processus de médiation avec Julie Snyder? Guy A.Lepage a posé la question. «Monsieur Péladeau a démissionné en tant que chef de l’opposition, a répondu Anne-France Goldwater. Il a abandonné le rêve d’une vie. Les fédéralistes (étaient soulagés). (…) Il a démissionné parce qu’il était en situation de rupture et c’était sa seule façon de maintenir sa présence auprès de ses enfants. Il a fait ce sacrifice pour ses enfants, pour sa famille. Ça m’a interpellée, parce que ça fait 30 ans que je pleure sur la place publique que c’est «minou», souvent, qui fait des sacrifices pour le bien-être de son mari, pour ses enfants, pour son foyer. Et elle a le droit d’avoir une compensation. (…) Et là, voilà un cas où c’est «pitou» qui a fait ce sacrifice! Là, on va m’écouter dans mon féminisme. (…) Pour manifester un principe important du féminisme, il faut que je me serve d’un homme qui a fait un sacrifice classique que fait normalement la femme.»

Guy A.Lepage a ensuite demandé respectueusement comment se porte Pierre Karl Péladeau présentement, compte tenu des circonstances.

«Il y a des funérailles demain (…) (NDLR : en faisant référence à vendredi dernier, puisque Tout le monde en parle est enregistré le jeudi). Je n’ai pas besoin de poser la question, je crois que vous n’avez pas besoin d’avoir la réponse à la question. Ça me fait de la peine pour l’homme, quand même. (…) On peut regarder un homme comme lui, à distance, et dire : wow, quelle réussite, l’argent, le pouvoir, et blablabla. Et lorsque vous approchez de la réalité et commencez à connaître la personne – malheureusement, tout le monde sait ce qui s’est passé la semaine passée -, vous vous rendez compte que les épreuves de la vie n’épargnent personne. Et il en a eu assez, plus qu’assez, trop.»

Goldwater à la mairie?

Choquée par une photo du maire de Montréal, Denis Coderre, en compagnie du maire de Téhéran prise lors de son voyage en Iran, Anne-France Goldwater songe à se porter candidate à la mairie l’an prochain, «si c’est ce qu’il faut» pour en faire sortir Denis Coderre, soutient-elle. «Cette photo est absolument impardonnable (…) C’est une trahison tellement fondamentale qu’avec égards, je ne trouve pas que le maire Coderre n’a aucun autre choix que de démissionner.»

Elle songe à briguer la mairie de Montréal en 2017, mais ne veut pas annoncer sa décision officielle tout de suite… et a refusé de donner ce scoop à Guy A.Lepage et Dany Turcotte.

«J’avais pensé à être candidate indépendante, parce que je n’aime pas l’idée d’avoir à répondre (…) Quand vous êtes indépendant, ça vous donne plus l’opportunité de travailler avec d’autres (…) On peut plus facilement développer des consensus», a prudemment avancé Goldwater.

Montée de lait

Comme dans le segment «Montée de lait» de leur émission Format familial, à Télé-Québec, Bianca Gervais et Sébastien Diaz ont été invités à exprimer leurs doléances face au «métier» de parent. Sébastien Diaz a d’abord nommé les comparaisons entre parents. «C’est souvent revenu dans les «montées de lait» à Format familial, mais c’est vrai que tu te mets à te comparer», a-t-il relevé, en prenant comme exemple les conversations entre les papas et les mamans au parc. «Ça, et les endroits pas bébé friendly, a riposté Bianca. Quand tu demandes une table pour la famille, au restaurant, et que tu es à côté de la toilette. Tu sais que ta famille, ça dérange un peu…» «On a déjà changé une couche dans de la slush de bottes d’hiver, dans la Petite Italie, à Montréal, parce qu’il n’y avait pas de bébelle pour changer les couches», s’est remémoré Sébastien Diaz.

À propos de leur rôle à Format familial, Bianca Gervais et Sébastien Diaz n’estiment absolument pas être spécialistes en matière de famille et d’éducation, mais se proposent plutôt comme des «enquêteurs du bonheur familial», comme l’a imagé Bianca.

Un pas devant, deux pas derrière

Après la présentation d’un extrait de la série Ruptures, où elle incarnait une femme agressée par son conjoint, Bianca Gervais a réagi à toute l’actualité liée aux assauts envers les femmes qui ont défrayé les manchettes dans la dernière semaine.

«Je trouve ça aberrant (…) J’ai une fille, aussi. C’est ce que je trouve d’autant plus inquiétant. Lorsqu’on a l’impression que c’est derrière nous, qu’on a fait un pas en avant, on se rend compte que, finalement, on fait toujours deux pas en arrière et on revient encore dans ces histoires-là. Est-ce qu’on va s’en sortir…?», s’est inquiétée la comédienne à voix haute.

La «beauté» de nos écoles

L’architecte Pierre Thibault a sûrement été le coup de cœur de bien des téléspectateurs, dimanche, avec son discours éloquent et inspirant sur la beauté au sens large. Le créateur a été particulièrement virulent lorsqu’il s’est attaqué au sujet des écoles, lui qui rêve depuis 10 ans d’aménager un établissement scolaire, mais qui se bute sans cesse à des portes closes. Selon lui, nos écoles ressemblent à des lieux du monde carcéral.

«C’est comme si on disait à Xavier Dolan que, s’il n’a pas fait cinq films, il ne peut pas en faire un, a déploré Pierre Thibault. C’est mon souhait le plus ardent de faire une école». S’il devait en édifier une, il miserait sur un grand parc, où il y aurait beaucoup d’arbres, de la végétation et de la verdure, un microclimat où le soleil rayonnerait. «On doit apprendre autre chose à l’école. Ce n’est pas juste le savoir, c’est le savoir-être, le savoir partager. (…) Dans une école bien conçue, le partage avec l’autre est plus facile.» Selon Pierre Thibault, organiser des concours ou demander à des équipes de concevoir des projets pour le design des écoles ne serait pas plus coûteux - compte tenu du fait qu’une école est souvent en place pour une centaine d’années - qu’une cent par jour par enfant de plus qu’actuellement. «Les plus belles écoles du Québec devraient être dans les milieux défavorisés», a de surcroît martelé Pierre Thibault, soutenant qu’un joli décor motiverait les enfants moins nantis à mieux apprendre.

Le Centre Vidéotron, beau ou laid?

À la fin de l’entrevue avec Pierre Thibault, Guy A.Lepage a nommé des édifices à l’architecte, qui devait donner son appréciation de chacun. Lorsqu’est apparue une photo du Centre Vidéotron de Québec, Thibault a échappé un petit rire gêné. «Pour moi, une ville…», a-t-il commencé. «On sent que vous patinez!», l’a coupé Dany Turcotte. «Bien, c’est l’endroit pour patiner», a récupéré Pierre Thibault en riant. «Sauf que ça ne patine pas beaucoup présentement», a continué Guy A, après quoi Pierre Thibault a repris sa réponse sérieuse : «Pour moi, une ville, c’est comme un concerto, un ensemble de notes. Alors il faut être toujours vigilant aux nouvelles notes qu’on insère dans la ville. Donc, je trouve que le gabarit est un peu grand, même si, globalement, ce n’est pas un mauvais projet.»

Il n’en fallait pas plus à Anne-France Goldwater pour s’insurger. «Quoi?, a-t-elle vociféré en pointant la photo. C’est moche! C’est horrible! Moi, je suis en train d’entendre votre poésie, l’âme d’un homme artiste, je me dis que c’est de la musique à mes oreilles, et vous regardez ça… C’est pas possible!» «Vous, la mairie de Québec, vous oubliez ça, hein!», l’a sermonnée Guy A.Lepage à la blague. «Votre client PKP, il l’aime, lui», a badiné à son tour Dany Turcotte.

100% canadien

En plein processus de consultation publique sur la manière de soutenir le contenu canadien à l’ère du numérique, la ministre du Patrimoine canadien Mélanie Joly avait la délicate tâche d’expliquer, entre autres, dimanche, pourquoi Netflix n’est pas taxé en sol canadien, même si des milliers de citoyens d’ici font usage du service. «Ce sont toutes les plateformes numériques qu’on doit regarder. Moi, je suis prête à voir toutes les idées qui sont proposées, toute notre réglementation, toute notre législation, la loi sur la radiodiffusion, la loi sur le CRTC… Tous les fonds, comment notre système est organisé, date d’avant l’ère de l’Internet (…) Moi, je suis prête à avoir une conversation avec tout le monde», a exposé Mélanie Joly, qui a vanté l’investissement de 1,9 milliard de son gouvernement en culture, et qui prône l’exportation de nos produits culturels pour faire valoir le travail de nos créateurs, de même que la «prise de risques», mais qui n’a pas encore de solution concrète à déployer. «Les politiciens ont peur de l’impact du numérique», a-t-elle reconnu sans ambages.

Combien coûtent William et Kate?

Guy A.Lepage a posé une «question qui tue» à Mélanie Joly, sans pour autant la qualifier comme telle. «On a reçu la visite du prince William et de son épouse, Kate Middleton, récemment. (…) La monarchie et les visites royales coûtent des millions de dollars, et ces gens-là ne sont ni des présidents, ni des premiers ministres, ils n’ont aucun pouvoir décisionnel. Pourquoi gaspille-t-on de l’argent pour ça?» «Le plus grand instinct de l’être humain, c’est de vouloir avoir un roi ou une reine», s’est dépêchée de répondre Anne-France Goldwater, sauvant ainsi un peu la face de Mélanie Joly.

Celle-ci a hésité un brin en reprenant la parole. «Je suis, dans le cadre de mes fonctions, en charge du secrétariat de la reine, qui est notre chef d’état. C’est sûr que la relation à la monarchie, à travers le pays, n’est pas la même. Mais je peux vous dire qu’il y a eu beaucoup d’enthousiasme par rapport à la présence du duc et de la duchesse.»

Questionnée à savoir combien a coûté exactement le passage chez nous de William et Kate, l’information a été vague.

«Les coûts sont séparés avec les provinces», s’est contentée d’avancer Mélanie Joly.

Du contenu de qualité pour nos enfants

Le financement fait défaut aux émissions pour enfants au Québec, qui sont désormais considérées comme une dépense et non comme un investissement par les diffuseurs, ont expliqué la productrice Ève Tessier-Bouchard (Banzaï, Frank vs Girard, etc), Annie Brocoli et Daniel Coutu. Ce dernier a noté qu’au Canada anglais, une émission jeunesse coûte 600 000$ de l’heure, alors que, du côté francophone, on ne dédie que 144 000$ de l’heure aux rendez-vous télévisés pour les tout-petits. Les contenus traduits sont moins coûteux, et le Fonds canadien de télévision contribue peu aux productions jeunesse, étant donné la popularité plus restreinte de celles-ci. Résultat, l’offre d’émissions originales pour les bambins au petit écran rétrécit un peu plus comme peau de chagrin chaque année.

Depuis 1980, des normes interdisent la publicité destinée aux enfants dans la Belle Province – seul endroit en Amérique du Nord à avoir une réglementation du genre -, mais le trio invité à Tout le monde en parle aimerait que ce principe soit reconsidéré.

«On se tire dans le pied, parce que si on n’est pas capables de financer avec d’autres sources nos émissions, il n’y en aura juste plus, a argué Ève Tessier-Bouchard. On n’a qu’à regarder les programmations jeunesse québécoises qui sont en ondes en ce moment, et ça baisse d’année en année (…) Nous, on souhaite faire une réflexion avec le milieu de la pub, les gens qui ont instauré cette loi, pour voir si on pourrait discuter et trouver de nouvelles balises.» On a donné comme exemple YouTube, qui expose constamment les jeunes à de la publicité souvent nocive, et Ève Tessier-Bouchard a suggéré qu’entre autres, commandites de livres ou d’encyclopédies pourraient propulser les émissions pour enfants.

Succès tardif, mais apprécié

Il aura fallu une trentaine d’années de carrière et l’atteinte de la mi-quarantaine pour que la chanteuse country Guylaine Tanguay – la 2500e invitée de l’histoire de Tout le monde en parle! - obtienne un début de reconnaissance populaire, notamment avec une première nomination au Gala de l’ADISQ cette année, mais son nom demeure encore inconnu de la plupart du grand public, et ce, même si elle se tient au sommet des palmarès de ventes d’albums. Une situation vexante?

«Pas du tout, a déclaré l’attachante et sympathique Guylaine Tanguay. Ça reste mon choix, de faire cette musique-là. J’aurais pu faire d’autres musiques. Je l’ai essayé, à une époque, de faire de la musique un peu plus pop ; ce n’est pas fait pour moi.» La dame juge qu’à 44 ans, elle a l’âge idéal pour connaître le faîte de la gloire, ce qui lui a jadis permis d’être une maman à la maison lorsque ses enfants étaient petits. «Le succès que j’ai aujourd’hui arrive en même temps que ma ménopause, et c’est bien correct comme ça (rires) J’ai chaud pour toutes sortes de raisons!» Dany Turcotte a remis à Guylaine Tanguay une carte où était inscrit : «Le country, c’est comme la porno : personne n’en écoute, mais maudit que ça vend!»

Tout le monde en parle fera relâche dimanche prochain, le 30 octobre, en raison du 38e Gala de l’ADISQ.