BIEN-ÊTRE

Quelle est l'utilité des vidéos montrant des parents toxicomanes en surdose?

12/10/2016 04:42 EDT | Actualisé 12/10/2016 04:50 EDT
City Of East Liverpool, Ohio/Facebook

Grandement partagées sur les réseaux sociaux, les photos et les vidéos provenant des États-Unis dans lesquelles des enfants doivent composer avec les effets dévastateurs de l'héroïne sur leurs parents soulèvent de nombreuses questions éthiques quant à leur pertinence.

La diffusion de ces images peut-elle aider les toxicomanes à vaincre leur dépendance ou contribue-t-elle seulement à exploiter encore davantage ces jeunes victimes?

La dernière de ces vidéos virales, publiée sur Facebook, montre un père de l'Ohio qui explique à son fils que sa mère est morte d'une surdose.

La vidéo, qui a été vue plus de 25 millions de fois depuis sa publication lundi, présente le père et son fils assis à une table à pique-nique. Lorsque son père lui apprend la nouvelle, le garçon semble à première vue incrédule, puis il commence à pleurer.

Dans une note qui accompagne la vidéo, l'homme se décrit lui-même comme un ancien toxicomane et justifie son geste en disant qu'il souhaite que "des toxicomanes qui ont des enfants constatent la gravité de l'épidémie".

Le père n'a pas répondu à la demande d'entrevue de l'Associated Press.

L'agence n'a pas été en mesure de déterminer si la vidéo montre bel et bien le moment où le jeune garçon apprend la mort de sa mère.

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L'enregistrement a néanmoins suscité de vives réactions en ligne, certains internautes critiquant sa publication et d'autres remerciant l'homme d'avoir voulu lancer un message aux toxicomanes.

Cette vidéo n'est que le plus récent exemple d'une longue série d'enregistrements du même genre, diffusés sur les réseaux sociaux, dans lesquels on voit des enfants qui doivent composer avec les effets dévastateurs des drogues sur leurs proches.

Une vidéo, mise en ligne par un service de police au Massachusetts, montre un jeune enfant qui tente de réveiller sa mère, en surdose, qui gît sur le plancher d'un magasin.

Le mois dernier, la police de la ville d'East Liverpool, en Ohio, a dévoilé des photos d'un garçon de quatre ans qui se trouve dans une voiture avec deux adultes, inertes, en surdose d'héroïne et de fentanyl.

Dans ces deux cas, les corps de police ont expliqué avoir diffusé ces images pour sensibiliser la population aux dangers des opiacés.

Mais le Mental Health and Recovery Board de Trumbull en Ohio, une région qui a enregistré une forte hausse du nombre de surdoses d'héroïne et d'opiacés dernièrement, estime qu'il est fort peu probable que ces images troublantes contribuent à modifier les comportements et les habitudes des toxicomanes.

"La recherche ne démontre pas que ces tactiques de peur soient très efficaces", a expliqué April Caraway, directrice générale du centre.

Selon elle, les toxicomanes connaissent déjà fort bien les dangers liés à leur consommation. "Ils ont déjà été témoins du pire", a-t-elle expliqué.

Mme Caraway ne semble pas non plus convaincue que ces images pourraient dissuader quelqu'un d'essayer de consommer de l'héroïne, puisque beaucoup de gens se disent "ça ne m'arrivera jamais à moi".

"Mais si ça fonctionne pour une seule personne, le jeu en valait peut-être la chandelle", a-t-elle concédé.

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