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Donald Trump aux abois avant le deuxième débat avec Hillary Clinton

09/10/2016 07:35 EDT | Actualisé 09/10/2016 07:45 EDT

Hillary Clinton espérait donner le coup de grâce à Donald Trump lors de leur deuxième débat dimanche soir, alors que le candidat républicain est lâché par de plus en plus de républicains après la divulgation de ses propos dégradants sur les femmes.

A 20h à l'université Washington de St. Louis dans le Missouri, le milliardaire et l'ancienne secrétaire d'Etat se retrouveront face à deux modérateurs et un panel d'électeurs indécis, en direct sur les grandes chaînes des Etats-Unis.

La mission de Donald Trump est claire mais herculéenne: réparer les dégâts causés par la révélation vendredi de propos que le magnat de l'immobilier a tenus en 2005, tellement machistes et vulgaires qu'ils ont déclenché une tempête.

Le candidat a vu fondre ses soutiens, des dizaines d'élus républicains ayant rompu avec lui depuis 48 heures. Le Grand Old Party est secoué par un mouvement de rejet de Donald Trump d'une ampleur inédite, à moins d'un mois de l'élection du successeur de Barack Obama.

Dans cette vidéo filmée par NBC il y a 11 ans, Trump, alors âgé de 59 ans, se vante de conquérir les femmes qui l'attirent avec des techniques proches du harcèlement sexuel.

«Tu peux tout faire»

"Quand t'es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire", se rengorge-t-il.

Les médias ont aussi ressorti une interview de 2002 où il affirme quitter les femmes quand elles ne sont plus de la première jeunesse.

Des déclarations embarrassantes au moment où le trublion républicain, familier des outrances, a un besoin criant de rallier une partie de l'électorat féminin. Avant même ce scandale, Hillary Clinton avait repris une avance confortable dans les sondages.

Elle a reçu l'appui du président Barack Obama, qui a pour la première fois commenté l'affaire dimanche.

"L'une des choses les plus perturbantes de cette élection est le langage incroyable du candidat républicain. Je n'ai pas besoin de le répéter, il y a des enfants dans la salle", a déclaré Barack Obama à Chicago.

"Avilir les femmes, mais aussi les minorités, les immigrés, les gens d'autres religions, se moquer des handicapés, insulter nos soldats et nos anciens combattants... Il manque tellement de confiance en lui qu'il rabaisse les autres pour se donner de l'importance. Ce n'est pas un trait de caractère que je recommanderais pour le Bureau ovale", a lâché le président américain.

Le débat s'annonce houleux, d'autant que le milliardaire avait été donné perdant après sa première confrontation avec la démocrate, le 26 septembre.

En position de force, Hillary Clinton tentera de convaincre que la vidéo de 2005 reflète le caractère profondément brutal et intolérant de son adversaire, "inapte" à la fonction présidentielle, en voulant pour preuve les propos tenus depuis un an par le candidat sur les minorités.

Dans l'avion qui l'emmenait à St. Louis, sa porte-parole Jennifer Palmieri a expliqué que la démocrate profiterait du débat pour tenter de récupérer les électeurs repoussés par la nouvelle vidéo. "C'est une opportunité", a-t-elle confirmé.

Les élus quittent le navire Trump

Quelle stratégie adoptera le magnat, poussé dans ses retranchements?

Son allié indéfectible Rudy Giuliani, ancien maire de New York, a assuré que Donald Trump présenterait à nouveau ses excuses.

Mais l'acte de contrition du candidat républicain, dans un message vidéo samedi, a été perçu comme peu sincère, car il a dans le même souffle attaqué Hillary Clinton pour les frasques extraconjugales de son mari.

Samedi, M. Trump a retweeté une vidéo du virulent site conservateur Breitbart, d'où est issu le directeur général de son équipe de campagne.

On y voit trois femmes, Juanita Broaddrick, Kathleen Willey et Paula Jones, qui accusent depuis des années Bill Clinton de les avoir agressées sexuellement dans les années 1970 ou 1990, et Hillary Clinton de les avoir attaquées sans pitié pour défendre son mari.

Le débat sera aussi l'une des dernières chances de Donald Trump pour stopper l'hémorragie dans son camp, alors que certains républicains estiment la Maison Blanche déjà perdue et se concentrent sur le sauvetage de leur majorité au Congrès.

Le week-end a été noir, des dizaines d'élus républicains annonçant qu'ils ne voteraient pas pour Donald Trump en novembre, ou réclamant son retrait de la course au profit de son colistier, Mike Pence.

Promettant de se battre jusqu'à la fin, M. Trump les a qualifiés dans un tweet assassin de "moralisateurs hypocrites".

Les polémiques de Donald Trump en campagne