BIEN-ÊTRE

Intégrer le marché du travail avec une déficience visuelle, oui ça se peut! (VIDÉO)

06/10/2016 09:29 EDT

Emmanuelle Langlois est mal voyante. Mais la jeune fille, encore au secondaire, ne compte pas pour autant limiter ses rêves. Comme plusieurs autres jeunes ayant une déficience visuelle, elle participe à un nouveau programme de stages qui promet d'aider les employeurs à comprendre que ces travailleurs peuvent être tout aussi performants que les autres.

Tout sourire, Emmanuelle va à la rencontre de la petite Annabelle. Dans le cadre de son stage d'une semaine à l'Institut Raymond-Dewar, où notamment des orthophonistes aident les enfants ayant des problèmes de langage. La jeune fille découvre un métier fascinant. «Beaucoup de gens m'aident, j'ai envie plus tard d'occuper un emploi dans lequel je pourrais aider à mon tour», raconte-t-elle en entrevue avec le Huffington Post Québec.

Déjà très articulée, la jeune fille se dit bien consciente que certaines entreprises sont plus réticentes que d'autres à embaucher des personnes mal voyantes comme elle. «C'est sûr que j'ai parfois peur que dans le futur, des employeurs craignent de m'embaucher à cause de deux mots sur mon CV: déficience visuelle», confie-t-elle.

À ses côtés, l'orthophoniste Mélanie Pelletier ne semble pas trop inquiète pour l'avenir de sa stagiaire. «Emmanuelle a de toute évidence développé toutes sortes d'outils pour s'adapter à son environnement. [...] Dans son cas, je n'ai pas vu de grandes limitations», dit-elle, ajoutant du même souffle que peut-être, dans certains domaines, il y a plus de réticences à prendre une personne ayant une déficience visuelle, mais que c'est regrettable.

Un nouveau programme de stages

Le programme de stage auquel Emmanuelle participe a été mis sur pied par les organismes Institut Nazareth et Louis-Braille, Montréal Relève et la Fondation en Vue. L'objectif est d'offrir à des jeunes atteints de cécité partielle ou complète une expérience d'immersion professionnelle d'une semaine. Du même coup, le stage permet aux entreprises de voir si elles sont en mesure d'accueillir ces personnes.

Pour la porte-parole de Relève Montréal, Laurie Vesco, il semble important de multiplier ces expériences de stages dans le plus de secteurs et d'entreprises possibles. «Les personnes ayant une déficience visuelle sont souvent parmi les plus diplômées d'une société [...] En leur offrant une expérience de travail, ça valorise leurs compétences et ça leur permet de voir dans quoi ils excellent», souligne-t-elle.

Mme Vesco remarque aussi que les stages ayant eu lieu au courant de l'été ont permis aux divers employeurs de comprendre que les personnes avec une déficience visuelle savent s'adapter à presque tous les environnements et toutes les tâches. «Les gens ayant une déficience visuelle vivent avec cette déficience à tous les jours, pour eux, aller au travail, c'est tout aussi bête que de se faire à manger!», rappelle-t-elle en souriant.

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