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De Bye Bye Tattoo à Détatouage Canada, des clients brûlés laissés-pour-compte (PHOTOS)

04/10/2016 05:47 EDT | Actualisé 04/10/2016 05:47 EDT

Des clients de Bye Bye Tattoo qui ont subi des brûlures risquent de ne jamais être dédommagés, car la propriétaire du salon de détatouage a fait faillite, et la compagnie n'a plus d'argent. Entre-temps, Carmen Tassé a ouvert une autre entreprise dans le même domaine.

Un texte de Benoît Giasson

En octobre 2014, une cinquantaine de personnes nous ont dit avoir subi des brûlures durant des traitements de détatouage chez Bye Bye Tattoo. Plusieurs se sont retrouvées avec des cicatrices, comme on peut le voir ci-dessous.

Des traitements de détatouage qui ont mal tourné

La propriétaire, Carmen Tassé, qui utilisait des acides et des solutions salines pour tenter de faire disparaître les tatouages, s'était alors faite rassurante. « On va faire ce qu'il faut pour dédommager ces gens-là, s'il y a quoi que ce soit qui a été fait », nous disait-elle.

Deux ans plus tard, au moins quatre jugements ont été rendus contre Carmen Tassé ou son entreprise. Elle fait aussi face à d'autres poursuites, dont un recours collectif. En avril dernier, elle a déclaré faillite, et Bye Bye Tattoo n'a plus d'argent.

Bye Bye Tattoo avait une assurance-responsabilité. Mais la police d'assurance exclut le détatouage de sa couverture. Pourtant, la police d'assurance est rédigée au nom de Bye Bye Tattoo, un nom qui indique assez clairement l'activité de l'entreprise.

« Si l'assureur se tire de là sans dédommager les victimes, ça serait pour moi le pire scandale », affirme Me Jean Blaquière, l'avocat des présumées victimes dans le recours collectif. Il espère toutefois obtenir gain de cause contre l'assureur, malgré la clause d'exclusion.

Une nouvelle entreprise, Détatouage Canada

Nous avons aussi appris que Carmen Tassé a lancé une nouvelle entreprise, Détatouage Canada, qui est située à la même adresse que Bye Bye Tattoo, rue Saint-Laurent, à Terrebonne.

Sur son site web, il est indiqué qu'elle continue d'utiliser « un liquide qui agit comme un solvant pour la couleur » lorsqu'il est « introduit à l'intérieur de la peau tatouée ».

Carmen Tassé, à qui nous avons demandé des explications, a refusé de nous parler.

Les dérives du détatouage

Le Collège des médecins du Québec, qui vient de publier un rapport sur la médecine esthétique, demande l'intervention de Québec pour que seuls des professionnels de la santé puissent faire du détatouage.

« Actuellement, n'importe qui peut utiliser des machines de détatouage ou des produits chimiques de détatouage sans avoir à rendre de comptes, sans encadrement, sans règles de pratique », notait le secrétaire du Collège, Yves Robert, lors de la publication du rapport le 21 septembre dernier.

« On est dans un vide juridique », déplore-t-il. Jusqu'à présent, Québec n'a pas réagi aux recommandations du rapport.

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