POLITIQUE

Chefferie du PQ : ENTREVUE - «Les jeunes n'aiment pas les déchirements et la pagaille», croit Paul St-Pierre Plamondon (VIDÉO)

02/10/2016 09:40 EDT | Actualisé 02/10/2016 09:40 EDT

QUÉBEC – Alors que la course à la chefferie du Parti québécois a été marquée par de nombreuses attaques personnelles, le nouveau venu parmi les quatre candidats invite ses collègues à élever le débat afin d’attirer des jeunes. C’est seulement ainsi que le PQ évitera de devenir le parti d’une génération, croit Paul St-Pierre Plamondon.

«On a la responsabilité d’amener un débat qui est au niveau des idées et du respect, surtout si on veut additionner des jeunes. Les jeunes n’aiment pas les déchirements et la pagaille. Ils veulent bâtir le Québec, y réfléchir», dit le candidat de 39 ans qui en est à ses premières armes en politique.

C’est la raison pour laquelle il a tenté de mener une course «sans bavures» en se tenant loin des attaques qui ont caractérisé les échanges entre ses adversaires. «Cherchez des déclarations que j’ai faites qui étaient loufoques ou provocatrices… J’ai fait trois-quatre mois de campagne impeccable», estime-t-il.

Le candidat espère ainsi combattre le cynisme des électeurs. «C’est à nous, les candidats à la chefferie du Parti québécois, de mener une campagne respectueuse et constructive, une campagne d’idée qui fasse en sorte que monsieur et madame Tout-le-Monde qui regardent ça dise ‘c’est intéressant, ça me tente de participer, ça m’inspire’.»

Ses adversaires ont-ils mené de telles campagnes «respectueuses et constructives»? «Pas en tout temps», convient-il.

Le parti doit changer

Récemment, une étude prévoyait que le Parti québécois mourra d’ici 2034 en raison du désintérêt des jeunes pour la souveraineté. Mais le candidat souligne que ce sera vrai uniquement «si rien ne change». «Mon apport dans la course est précisément de dire ‘il faut que la trajectoire change’», dit PSPP.

Pourtant, l’avocat de formation n’a adhéré que récemment au parti qu’il aspire à réformer de l’intérieur. Il se décrit même comme un fédéraliste déçu, revenu dans le mouvement indépendantiste après le scandale des commandites. «J’ai voté Oui en 1995, souligne-t-il. Mais comme plusieurs Québécois, je me suis éloigné un peu du projet au cours des années 2000 en me disant ‘si on s’est dit non, quelles sont les options pour le Québec?’. Au final, mon adhésion au Parti québécois est le fruit d’une longue réflexion.»

paul st pierre plamondon

Pour lui, le débat permanent sur la situation du Québec a créé un «héritage de corruption et de mensonge dans notre vie politique» qu’il associe aux 13 années de pouvoir presque continues du PLQ. «Le Québec ne pourra pas demeurer dans l’indécision permanente, dans l’instabilité chronique causée par notre indécision sur notre destin national», dit-il.

«Je veux que le Québec sorte du mensonge et, une fois pour toutes, règle la question de son destin national», lance-t-il.

Toutefois, PSPP est le moins pressé des candidats dans la course. Comme Jean-François Lisée, il propose d’attendre au second mandat avant d’initier sa démarche référendaire. Mais alors que son adversaire promet de tenir un référendum coûte que coûte dans un second mandat, PSPP pose deux conditions : recueillir au moins 1,2 million de signatures dans un registre et avoir en main un sondage qui démontre qu’au moins 45% des Québécois appuient la souveraineté.

«Ce n’est pas parce que je suis plus démocrate que les autres que ce que je propose servira moins la cause du pays», lance PSPP.

Au contraire, croit-il, les Québécois seront plus enclins à parler de souveraineté s'ils contrôlent le déclenchement du référendum. «Parce qu’ils vont nous écouter en sachant que nous ne sommes pas en train d’organiser un référendum en catimini», argue-t-il.

Prochaine étape, député

S’il se doute bien qu’il a peu de chances de l’emporter vendredi prochain (il obtient 5% dans les sondages), Paul St-Pierre Plamondon refuse de donner une directive à ses partisans pour les deuxième et troisième tours.

Il n’a pas non plus l’intention de se rallier à un de ses adversaires, bien qu'il affirme avoir été courtisé par les équipes d’Alexandre Cloutier et de Jean-François Lisée.

«Je n’ai aucune intention de créer d’alliance ou de faire des recommandations, promet-il. Je dis qu’un vote pour moi comme premier choix envoie un signal pour un changement au Parti québécois, une nouvelle façon de construire le Parti québécois. Et ensuite, [mes partisans] sont libres de poser le regard qu’ils désirent sur le deuxième choix.»

Pour la suite des choses, Paul St-Pierre Plamondon entend bien se porter candidat pour le PQ en 2018. «Pour moi, dit-il, la course n’est que le début d’un processus de renouvellement du Parti québécois auquel je veux participer.»

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