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Attaques d'hôpitaux en Syrie: que fait l'ONU? (VIDÉO)

29/09/2016 06:42 EDT | Actualisé 29/09/2016 06:46 EDT

Les attaques contre des hôpitaux comme celles à Alep, dans le nord de la Syrie, sont "des crimes de guerre", a affirmé mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en réaction au bombardement des deux plus grands hôpitaux dans la partie rebelle de la ville.

"C'est pire que dans un abattoir", a-t-il déclaré devant le Conseil de sécurité en évoquant "des gens avec des membres arrachés" et des "enfants qui souffrent terriblement sans répit".

"Ceux qui utilisent des armes de plus en de plus destructrices savent exactement ce qu'il font: ils commettent des crimes de guerre", a-t-il poursuivi.

"Ceci est une guerre menée contre les travailleurs de santé en Syrie", a-t-il estimé en rappelant que le droit international oblige, dans un conflit, à protéger le personnel et les installations médicales. "Les attaques délibérées contre les hôpitaux sont des crimes de guerre".

Les deux plus grands hôpitaux de la partie rebelle d'Alep ont été touchés par des bombardements qui sont, selon des ONG et des habitants, des attaques délibérées du régime syrien et de son allié russe pour y annihiler les infrastructures.

Dans un communiqué publié à New York, l'Unicef a indiqué que 96 enfants au moins ont été tués et 223 blessés dans les quartiers rebelles d'Alep depuis vendredi et souligné qu'il ne reste que 30 médecins dans cette zone.

"Les enfants d'Alep sont pris au piège et vivent un enfer", a déclaré le directeur général adjoint de l'Unicef Justin Forsyth.

M. Ban a rappelé que le Conseil avait adopté en mai une résolution sur la protection des personnels et installations de santé dans les conflits armés mais que, depuis, les attaques en Syrie ou au Yémen n'avaient pas cessé.

"En Syrie, le carnage continue et personne n'est épargné", a-t-il constaté. "Le monde les a laissés tomber, nous les avons laissés tomber", a-t-il affirmé en référence aux civils syriens. "Il faut agir et faire rendre des comptes" aux responsables.

Il s'adressait aux ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil réunis pour un débat général sur l'aide médicale aux civils dans les conflits.

M. Ban leur a rappelé une série de recommandations pour prévenir et stopper les attaques de ce genre et mener "des enquêtes impartiales et systématiques" en cas d'incidents.

MSF interpelle l'ONU

joanne liu

Joanne Liu

La présidente internationale de Médecins sans frontières, le Dr. Joanne Liu, a demandé à M. Ban de nommer d'urgence un "représentant spécial" chargé de signaler ces attaques et d'enquêter dessus, une suggestion soutenue par plusieurs pays du Conseil.

La résolution de l'ONU du mois de mai "n'a rien changé sur le terrain", a-t-elle constaté. "Nous ne pouvons plus attendre, rendez vos promesses opérationnelles!", a-t-elle lancé aux membres du Conseil.

"A une époque où la lutte contre le terrorisme détermine la conduite des guerres, une autorisation de tuer a été accordée" aux belligérants, "nous vous demandons une nouvelle fois de la révoquer".

"L'attaque d'hôpitaux et du personnel médical est une ligne rouge qui n'est pas négociable" et qui doit figurer clairement dans tous les manuels militaires et les règles d'engagement des troupes, a-t-elle estimé.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a de son côté menacé mercredi son homologue russe Sergueï Lavrov de geler toute coopération sur la Syrie à moins que Moscou mette fin aux bombardements sur la ville d'Alep, a rendu compte le département d'Etat.

Un accord américano-russe signé à Genève le 9 septembre pour tenter de mettre fin au conflit a volé en éclats dix jours plus tard. La guerre a repris depuis de plus belle contre la ville martyre d'Alep et sa partie orientale tenue par les rebelles.

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