DIVERTISSEMENT

«Le cheval-serpent»: danseurs nus sous haute tension (PHOTOS)

28/09/2016 03:37 EDT | Actualisé 28/09/2016 03:37 EDT
Radio-Canada

Bienvenue au Cheval-Serpent, bar de danseurs nus et - même si ce n’est pas inscrit sur la devanture extérieure! - lieu de toutes les immoralités. L’atmosphère y sera toujours sous haute tension, les protagonistes y marcheront (ou s’y trémousseront) constamment sur la corde raide mais, pour les téléspectateurs, ce sera du bonbon. Ouverture prévue sur Tou.tv Extra quelque part au cours de la saison 2017-2018, pour dégustation en rafale des dix épisodes d’une heure, réalisés par Sylvain Archambault, l’homme de Mensonges et des Pays d’en haut, entre autres.

Le Cheval-Serpent, c’est le nouveau monde issu de l’imagination de l’auteure Danielle Trottier, qui a mis en scène une artiste visuelle dans Emma (2001), une chocolaterie dans La promesse (2005) et une prison pour femmes dans le désormais culte Unité 9, qui cartonne toujours autant les mardis à Radio-Canada. La dame à la plume tantôt de velours, tantôt de fer, fait à nouveau tandem avec Fabienne Larouche, Michel Trudeau et Aetios pour dénuder ses héros (ou anti-héros) du Cheval-Serpent et leur faire vivre quantité de tribulations, dans un cadre que la télévision nous a montré en téléréalité (Les dieux de la scène à MOI&cie) mais pas encore en fiction.

On dévoilait mardi matin la distribution pas ennuyante du tout de cette série qui devrait susciter bien des réactions. En font partie des noms estimés (Sophie Prégent, Élise Guilbault, Daniel Parent, Louise Portal, Marie Tifo), mais Le cheval-serpent aura le mérite de nous faire également découvrir de nouveaux visages (et de nouveaux torses), dont Catherine St-Laurent, Francisco Randez (qu’on connaît plus comme chroniqueur que comme acteur), Iannicko N’Doua et Sacha Charles. Ces trois derniers, ainsi que les trois autres comédiens qui personnifieront les danseurs du Cheval-Serpent, devront s’entraîner activement et s’alimenter en conséquence pour chouchouter leurs attributs physiques pendant le tournage, qui s’amorce en octobre.

Or, la plupart d’entre eux sont déjà très bien sculptés. Le réalisateur Sylvain Archambault, complètement hétérosexuel, a d’ailleurs blagué, mardi, qu’en auditions, les corps de ses futures vedettes l’avaient presque émoustillé. Pas efféminés pour cinq sous, nos Adonis auront réellement des formes à faire rêver les dames. Car le Cheval-Serpent est un établissement réservé aux femmes; s’ils souhaitent y entrer, les messieurs doivent être accompagnés d’une proche féminine.

«Leur corps, c’est leur instrument de travail», a souligné à ce titre l’auteure, Danielle Trottier, qui affirme ne pas avoir voulu souhaiter calquer le quotidien du mythique 281 de la rue Sainte-Catherine.

«Ce sont des hommes pleins de testostérone, qui envoient ce message-là aux femmes», a relancé Sylvain Archambault.

«Le cheval-serpent» à Radio-Canada


Le cœur battant de Montréal

Le bar Le cheval-serpent est campé dans le Quartier des spectacles, le «cœur qui bat de la ville de Montréal», illustre Danielle Trottier. On l’imagine donc dans les environs de Sainte-Catherine et De Bleury. «Montréal» sera souvent prononcé dans la série.

«Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu Montréal à la télé, qu’on n’a pas parlé de Montréal, et je trouvais ça très intéressant de le faire», a glissé Danielle Trottier.

Sur fond de danger perpétuel, où on ne sait jamais quelle tuile grave peut nous tomber sur la tête, Dorice McQuaid (Sophie Prégent), propriétaire, et David Gauthier (Guillaume Lemay-Thivierge), gérant, font rouler Le cheval-serpent et entretiennent son éclatante réputation. Dans ses meilleurs jours, le lieu a été le point de ralliement de quantité de fêtards en quête de plaisirs et avait reçu le sceau d’approbation du maire de l’époque, Bernard Saint-Pierre.

Mais, en 2016, l’administration de la ville a changé. C’est désormais Laurent Saint-Pierre (Daniel Parent), le fils de Bernard, qui est maire de Montréal. Et celui-ci, homme droit, père de famille, n’a pas les mêmes valeurs que son paternel. Il voudrait voir disparaître les maisons closes et autres endroits dédiés au sexe afin de rendre la métropole plus invitante et accueillante pour les parents et les enfants.

Déjà, ça ne sent pas bon pour Le cheval-serpent. Et ça se corse davantage quand on apprend que David Gauthier est le fils illégitime de Bernard Saint-Pierre, né d’une relation secrète entre ce dernier et Odile (Louise Portal), la mère de David. Laurent connaît très bien le lien familial qui l’unit à David, et on devine que son animosité envers Le cheval-serpent en découle probablement. D’ailleurs, au moment où débute Le cheval-serpent, Bernard se meurt du cancer et insiste pour parler à David.

La patronne de David, Dorice, pour sa part, vit en couple depuis plusieurs années avec son amoureuse, Dominique (Élise Guilbault), une féministe de renom. Ensemble, les deux femmes ont eu une fille, Simone (Catherine St-Laurent), dont le géniteur - impliqué dans l’éducation de l’enfant (devenue grande) - est David.

Dans ce contexte un peu alambiqué, Dorice et David tentent de protéger Pete, Mustang, Billy, Angel et Julien, les têtes d’affiche de leur club, et de leur éviter des situations embarrassantes. Or, les bellâtres sont sûrement capables de se mettre eux-mêmes dans le pétrin!

Chez les danseurs-étoiles du Cheval-Serpent, on trouvera de tous les profils et, au gré de l’avancement de l’intrigue, on pourra creuser davantage dans la vie privée de chacun d’eux.

«Tout le monde fait face à ces enjeux moraux, la drogue, le sexe, la criminalité au sens large, le viol, le meurtre, dans Le cheval-serpent. Tous les personnages sont susceptibles de commettre un geste immoral à un moment ou un autre de l’histoire, ils seront confrontés à un choix moral», a exposé Danielle Trottier.

«La série porte le nom du bar de spectacles érotiques, mais le véritable enjeu, ce n’est pas le bar, c’est plutôt la moralité versus l’immoralité, dans une ville hyper moderne, avec deux personnages très forts, le propriétaire du bar et le maire de Montréal qui, lui, veut avoir une ville plus représentative», a ajouté l’auteure.

Le cabaret au cœur de l’action du Cheval-Serpent sera construit de toutes pièces aux Studios Mels de Saint-Hubert; Sylvain Archambault laisse déjà planer que ce décor sera magnifique. Le reste des images sera capté à l’extérieur, notamment au Quartier des spectacles.

Même si le fil conducteur des danseurs nus pourrait prêter à la rigolade, Radio-Canada maintient que Le cheval-serpent est beaucoup plus qu’un savoureux coup de marketing.

«Il y a un propos, une réflexion, un sujet de société», a indiqué Dominique Chaloult, directrice générale de la télévision de Radio-Canada.

Enfin, sachez que la première saison nous laissera sur un suspense incroyable, ce qui motive d’autant plus l’équipe du Cheval-Serpent à militer pour une deuxième année auprès de Radio-Canada.

«Ce serait honteux de laisser les téléspectateurs comme ça», a martelé Sylvain Archambault.