POLITIQUE

La ministre Maryam Monsef est née en Iran et non en Afghanistan

22/09/2016 10:52 EDT | Actualisé 22/09/2016 10:52 EDT

La ministre des Institutions démocratiques, Maryam Monsef, dit être "passée par une gamme d'émotions" après que sa mère lui eut confirmé qu'elle est née en Iran et non en Afghanistan.

La jeune ministre âgée de 31 ans, qui s'était toujours présentée jusqu'ici comme une réfugiée née en Afghanistan ayant fui le régime des talibans pour trouver refuge au Canada, a en fait vu le jour en Iran, a révélé dans son édition de jeudi le quotidien The Globe and Mail.

Les questions soulevées par le journal torontois ont poussé Mme Monsef, arrivée au Canada à l'âge de 11 ans, à confronter sa mère. C'est ainsi qu'elle a découvert le pot aux roses, après qu'on lui eut "laissé entendre durant toute (sa) vie" qu'elle était née à Hérat, en Afghanistan.

"Lors des derniers jours, ma mère a avoué à mes soeurs et moi pour la première fois que nous sommes les trois en fait nées à Mashhad en Iran, soit à environ 200 km de la frontière afghane", est-il écrit dans une déclaration écrite transmise jeudi matin par son bureau.

La ministre précise que selon sa mère, le détail du lieu de naissance n'était pas "significatif", car en vertu de la loi iranienne, ses soeurs et elle étaient citoyennes afghanes, puisque nées de parents afghans.

"Certains survivants croient que la guérison vient de la transmission de leur histoire; certains autres ne peuvent pas entrevoir revisiter le passé. Ma mère n'a jamais parlé de l'horrible douleur que le conflit et la terreur lui ont infligée", expose Mme Monsef.

En entrevue avec le Globe and Mail, la députée ontarienne a confié que le fait d'avoir forcé sa mère à rouvrir ce chapitre de l'histoire familiale avait été difficile. "Il y a eu des larmes. Il y a eu des cris, il y a eu de la colère et de la tristesse, et elle est désolée", a-t-elle relaté.

La ministre a voulu, avec cette déclaration, "clarifier quelques malentendus", consciente que son histoire a "résonné auprès des Canadiens" _ l'histoire avait même été évoquée par le président américain Barack Obama dans son discours au Parlement, en juin dernier.

Au bureau du premier ministre Justin Trudeau, on n'était pas au courant du fait que Mme Monsef était native de l'Iran et non de l'Afghanistan. Elle est détentrice d'un passeport afghan et d'un passeport canadien, a-t-on expliqué.

La députée néo-démocrate Jenny Kwan se demande comment on a pu rater cette "information clé" au cours du processus de vérification, une tâche qui incombe au Bureau du Conseil privé.

"Ils devront se pencher sur le processus à l'interne pour tenter de voir où il y a eu des lacunes", a-t-elle soutenu en mêlée de presse.

L'élue de Vancouver-Est a dit espérer que la ministre Monsef n'a pas sciemment modifié des pans de son histoire personnelle.

"Il semble qu'elle pourrait avoir fourni des informations erronées. J'espère qu'il n'était pas dans son intention de délibérément induire les Canadiens en erreur", a soutenu Mme Kwan.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin, n'a pas voulu spéculer sur ce point, semblant prêt à accorder à Mme Monsef le bénéfice du doute.

Mais sur le fond, "qu'elle soit née en Afghanistan, en Iran ou ailleurs, ça ne m'apparaît pas changer quoi que ce soit", a-t-il fait valoir.

Peu de membres du cabinet ont voulu commenter directement cette affaire, jeudi.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, lui cependant a offert son appui.

"Mme Monsef est d'origine afghane, elle vient d'une famille afghane. Je comprends également que son histoire est triste, mais, en même temps, (c'est) une histoire de résilience", a-t-elle offert en mêlée de presse dans le foyer des Communes.

"On peut être très fiers de l'avoir au sein de notre caucus et je suis très fière de l'avoir à mes côtés en tant que ministre", a ajouté Mme Joly.

La ministre des Institutions démocratiques n'était pas disponible pour une entrevue, jeudi.

Son directeur des communications, Jean-Bruno Villeneuve, a expliqué qu'elle poursuivait sa tournée nationale sur la réforme électorale, "tel que prévu depuis plusieurs semaines".

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