POLITIQUE

La ministre de Santis s'offre une formation pour répondre aux médias

21/09/2016 11:07 EDT | Actualisé 21/09/2016 11:07 EDT

QUÉBEC – Après avoir fait les manchettes pour des propos controversés au printemps dernier, la ministre Rita de Santis a profité de l’été pour suivre une formation accélérée avant d’affronter à nouveau la presse parlementaire.

En effet, la ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques a reçu un cours sur les médias de l’Institut Format au mois de juillet dernier, révèlent des documents obtenus en vertu de la Loi d’accès à l’information.

La formation de cinq heures a coûté 3000$, avant taxes, soit un taux horaire de 600$.

L’exercice a eu lieu dans les locaux de l’institut, à Montréal, où une dizaine de journalistes ont simulé des mêlées de presse et des conférences de presse, le tout sous l’œil d’une caméra. Les mises en situation visaient à recréer l’état de stress vécu par un ministre qui rencontre la presse parlementaire.

L’ex-animateur de Radio-Canada, Louis Lemieux, a notamment participé à la formation de la ministre. L’équipe de formateurs de l’institut inclut plusieurs autres ex-journalistes bien connus, dont Charles Faribault et Réjean Léveillé, mais leur présence n’a pas été confirmée.

«Madame de Santis est avocate, elle a une formation en droit et un bac en biochimie, donc vous comprendrez qu’elle n’a pas de bac en relations publiques, explique son attachée de presse, Laurence Tôth. Je ne vois pas où est le mal à vouloir se perfectionner.»

Toutefois, tous les ministres ne suivent pas une telle formation après leur nomination. «C’est sûr qu’il y a des ministres qui sont plus à l’aise que d’autres», consent Laurence Tôth.

Plutôt qu’une formation à l’interne, le cabinet de la ministre a souhaité créer une mise en situation avec des professionnels de l’information. «Oui, ça aurait été possible de le faire à l’interne, convient l’attachée de presse. […] Mais l’exercice est d’autant plus judicieux et effectif lorsque ce sont des gens de l’extérieur qui ne connaissent pas les points faibles ou les points forts, qui peuvent bien la challenger

La ministre de Santis avait soulevé la controverse en avril dernier en qualifiant de «peanuts», lors d’une conférence de presse, l’objectif imposé à certains ministres libéraux sous Jean Charest de collecter 150 000$ annuellement.

Au mois de mai, la ministre a également fait la manchette en affirmant lors d’un discours qu’une enseignante qui déclare à un enfant qu’il ne réussira pas dans la vie devrait être «tuée, massacrée, jetée».

Rita de Santis a ensuite corrigé ses propos en soirée via un communiqué de presse : «En aucun cas, je ne voulais encourager la violence et je suis consciente que mes propos sont inacceptables et ont largement dépassé ma pensée», écrivait-elle.

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