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Russie: le parti de Vladimir Poutine remporte un nombre de sièges record aux législatives (VIDÉO)

19/09/2016 07:18 EDT | Actualisé 19/09/2016 07:18 EDT

Le parti du président Vladimir Poutine, Russie Unie, a remporté une écrasante majorité à la Douma aux législatives dimanche, décrochant la majorité absolue et un nombre de sièges record depuis sa création en 2001.

Ombre au tableau toutefois pour le Kremlin: la faible participation, signe qu'une partie des Russes ont boudé le scrutin ou qu'ils le considéraient joué d'avance. Selon la Commission électorale, seulement 47,8% des électeurs ont voté, contre 60% lors des précédentes législatives de décembre 2011.

Soutenue pendant la campagne électorale par les médias d'Etat, le parti Russie Unie a obtenu la majorité absolue avec environ 54% des voix, après le décompte lundi de près de 93% des bulletins de vote, selon la Commission électorale centrale.

Mais le mode de scrutin - pour moitié à la proportionnelle et pour moitié majoritaire - a accentué la mainmise des candidats de la formation pro-Kremlin. Résultat: selon les projections réalisées après le décompte partiel, Russie Unie semble pouvoir obtenir au moins 343 des 450 sièges à la Douma, la chambre basse du Parlement, contre 238 précédemment.

Avec plus des deux tiers des députés, le Kremlin aurait un contrôle sans précédent de la Douma et pourrait faire adopter encore plus facilement des révisions constitutionnelles.

Le parti libéral démocrate (LDPR, extrême droite) et le Parti communiste (PC) sont au coude-à-coude avec respectivement 13,2% et 13,5%. Le LDPR du très populiste Vladimir Jirinovski améliore ainsi son score de presque 3 points par rapport à 2011 alors que les communistes en perdent plus de 5. Le parti pro-Kremlin Russie Juste recueille 6,2% et siégera à la Douma.

Ces trois partis ne sont pas considérés comme des formations d'opposition sur la plupart des sujets débattus par les députés et votent généralement à l'unisson de Russie Unie.

A contrario, les opposants libéraux de Parnas ne réunissent qu'un très symbolique 0,66% après une campagne où ils ont comme de coutume été tournés en dérision par les télévisions d'Etat et boudés par les électeurs. Même scénario pour le parti d'opposition social-démocrate Iabloko.

L'opposition anti-Poutine ne devrait avoir aucun député dans la nouvelle Douma, les résultats ne devant plus évoluer de manière significative, selon la Commission électorale.

"On peut dire avec certitude que le parti a obtenu un très bon résultat" malgré une participation "pas la plus élevée mais quand même importante", s'est réjoui M. Poutine, lors d'un déplacement au siège de Russie Unie qu'il avait contribué à créer en 2001, en saluant la "maturité politique grandissante" des électeurs.

Pour le président, ces élections étaient d'autant plus importantes qu'elles sont la dernière consultation nationale avant la présidentielle de 2018 où personne en Russie n'imagine qu'il ne se présentera pas pour un 4e mandat.

'Élections légitimes'

Dans les deux principales villes du pays, Moscou et Saint-Pétersbourg, la participation a été inférieure à la tendance nationale et aux précédentes législatives, après une campagne morne dans un pays en récession depuis dix-huit mois.

"Je suis indigné par un taux de participation si faible. Les Russes laissent peut être passer leur dernière chance de remplacer démocratiquement les autorités", a réagi l'opposant et ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov.

Contrairement aux législatives de décembre 2011, pour lesquelles l'opposition avait dénoncé des fraudes et à la suite desquelles des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue, le Kremlin avait voulu cette fois donner une image plus transparente du processus électoral.

Le président russe a ainsi placé à la tête de la commission électorale centrale l'ex-déléguée aux droits de l'Homme auprès du Kremlin, Ella Pamfilova, pour remplacer Vladimir Tchourov, un homme accusé par l'opposition d'avoir manipulé les résultats de plusieurs élections.

Les travaux de la commission électorale étaient diffusés en direct sur la chaîne publique d'information en continu et, fait nouveau, on y discutait de soupçons de fraudes dans certaines régions et de bourrage des urnes.

Mme Pamfilova a admis lundi qu'il y a eu des problèmes dans certains bureaux de vote et assuré que le scrutin sera annulé pour ces bureaux si les soupçons de fraude étaient confirmés. Une enquête criminelle a également été ouverte contre des employés d'un bureau de vote de Rostov-sur-le-Don, qui apparaissent sur une vidéo en train de bourrer des urnes.

"Nous avons la certitude absolue que les élections se sont déroulées de manière tout à fait légitime", a-t-elle néanmoins affirmé.

Ces élections ont eu lieu au moment où le pays traverse sa plus longue période de récession depuis l'entrée de Vladimir Poutine en politique en 1999. Le scrutin était aussi la première consultation à l'échelle nationale depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014 suivie du déclenchement d'un conflit dans l'est séparatiste de l'Ukraine et de la détérioration des relations entre Moscou et les Occidentaux.

Voir aussi:

La séance d'entraînement de Vladimir Poutine


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