DIVERTISSEMENT

FME 2016: ce qu'il fallait retenir des deux premiers jours

03/09/2016 10:38 EDT | Actualisé 03/09/2016 10:38 EDT
Christian Leduc

Rouyn-Noranda vit au rythme du FME depuis maintenant deux jours. Entre découvertes, expériences live inédites et moments forts, l’événement musical annuel démarre sur les chapeaux de roue. Récit de ses deux premiers jours de festival.

Québec Redneck Bluegrass Project rassemble tous les publics

Cette année, la soirée d’ouverture portait les couleurs locales. Dreadlocks et casquette de capitaine vissées sur la tête, les sympathiques Québec Redneck Bluegrass ont donné le coup d’envoi d’une première soirée riche. Armés de leurs instruments acoustiques, ces punks folkloriques ont chauffé la 7e rue. L’absence de percussions n’entrave rien la machine de de rythmes balancés au public, conquis d’avance ou néophyte, répondant avec énergie à chaque coup d’archet.

fme 2016

Envoutés par Charlotte Cardin

La chanteuse venue défendre son mini-album Big Boy a électrisé l’Agora des Arts. Charlotte Cardin, le timbre de voix d’une Amy Winehouse assagie, s’est affirmée jeudi soir comme l’une des chanteuses les plus talentueuses du Québec dans un paysage musical bien souvent uniforme. Ses compositions sensibles soutenues par des rythmiques à saveur trip-hop confirment une carrière progressive qui l’emmènera sans nul doute au-delà des frontières.

Rendez-vous manqué avec We Are Wolves

Tandis que les Loups se donnent dans le sous-sol bondé du Théâtre du vieux Noranda, la fête bat son plein au désormais mythique Bar des Chums, karaoké inclus. L’occasion pour le beatboxer Alem d’attraper le micro, de se lancer dans une courte prestation de beat box fulgurante et de clore cette première soirée en beauté.

L’expérience ambitieuse de La Colonie de Vacances

Vendredi, le premier concert impromptu du FME a résonné fort Place de la Citoyenneté. Et pour cause, La Colonie de Vacances est un projet composé de quatre groupes (Pneu, Papier Tigre, Malvin et Electric Electric), réunis pour leur nouveau projet sous la baguette du chef d’orchestre Greg Saunier (Derhoof). Les musiciens répartis en deux trios et deux quatuors ont pris place sur les quatre scènes entourant le public. Ils ont livré 1h45 de show démentiel, se renvoyant la balle pour une expérience live hors du commun tout en puissance et progression, face à des spectateurs tournant sur eux même pour ne pas en perdre une miette.

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Half Moon Run ensorcelant

Premier nom annoncé dans la programmation du festival, la formation pop-folk était attendue de pied ferme par le public. Les quatre musiciens ont servi un spectacle émouvant en balayant les répertoires de leurs deux albums avec une maîtrise bien caractéristique, forgée au gré des festivals parcourus. Une certaine magie a envahi l’enceinte du FME, laissant un public conquis.

CON/TRY, Yonatan Gat et Les Deuxluxes

Nous avons choisi un parcours concentré en ce deuxième soir de FME, avec pour mission de suivre trois groupes aux dynamiques singulières. À 23h, Co/ntry, porté par l’excentrique Beaver Sheppard a frappé un grand coup en imposant sa synth-pop électrique dans une formule scénique nouvelle pour le tandem déjanté. Trente minutes plus tard, Yonatan Gat s’installait sur le plancher du sous-sol du Petit théâtre du vieux Noranda, donnant une prestation en croisant les genres, à hauteur de sa réputation. Appliqué, concentré, inattendu et puissant virtuose, le trio guitare-basse-batterie en appellerait presque à l’incantation. Désorienté, nous partons vers la dernière étape de notre soirée : ce mi-parcours prendra fin à la Scène Évolu-son en compagnie des Deuxluxes pour fêter la sortie de leur album Springtime Devil. Le duo élégant détonne et révèle une dizaine de titres rock bien rodés envoyés par la voix extraordinaire d’Anne Frances Meyer, soutenue par la formidable rythmique de son acolyte.