POLITIQUE

Les armes de poing et de style militaire gagnent en popularité au Canada

20/08/2016 12:15 EDT | Actualisé 20/08/2016 12:16 EDT
Peter Beck/Fuse via Getty Images
Hunter and His Canada Goose Decoys

Les armes à feu à autorisation restreinte n'ont jamais été aussi populaires au pays. Au cours des six premiers mois de l'année 2016, la Gendarmerie royale du Canada a délivré davantage de permis de possession et d'acquisition que pendant toute l'année 2015.

Du début de l'année jusqu'au 30 juin 2016, 497 686 Canadiens ont demandé et obtenu un permis pour utiliser une arme à autorisation restreinte : revolvers, pistolets, carabines semi-automatiques à canon court et autres armes d'allure militaire.

Pourtant, on n'obtient pas facilement le droit d'utiliser une telle arme. Le permis est long à obtenir. Il faut un certificat d'enregistrement pour chaque arme et une autorisation de transport.

L'utilisation d'une arme à feu à autorisation restreinte est très limitée. On ne peut la charger ou la décharger que dans un club de tir agréé par les autorités policières. Au Québec, il existe 58 clubs de tir agréés par la Sûreté du Québec.

Contre un registre des armes à feu

Les Canadiens de l'ouest du pays sont particulièrement friands de ce type d'armes. Toutefois, le Québec n'échappe pas à cet engouement. On l'a vu ces derniers mois avec la contestation qui a précédé la création d'un registre des armes à feu au Québec.

« [Les gouvernements] grugent nos libertés tranquillement sans que personne ne fasse rien. Maintenant, il y a une opposition, et l'opposition est grandissante », Yanick Paquet, du Club de tir Sainte-Agathe-des-Monts.

Yanick Paquet, du club de tir de Sainte-Agathe-des-Monts a récemment organisé, avec Martin Léger, de l'Armurerie Léger, de Québec, une activité pour recruter de nouveaux adeptes : Black Guns & BBQ. Pendant une journée, des amateurs d'armes, venus d'un peu partout ont pu essayer des pistolets, des revolvers et des carabines à autorisation restreinte, sans avoir de permis.

Amoureux des armes

« Je suis à la recherche du bonheur de manipuler des armes. Moi, je dis tout le temps : il y a ma femme et il y a mes armes », dit Jean Martineau, croisé au club de tir de Sainte-Agathe-des-Monts lors de cette journée.

Les amateurs d'armes à feu à autorisation restreinte pratiquent le tir à la cible. Toute autre utilisation de l'arme est illégale. Ils le font pour le sport et pour le plaisir qu'il en retire.

« C'est une expérience assez unique. Dès qu'on tire avec une arme à feu, on a un sentiment de puissance. On sent la décharge à travers nous; la douille qui est éjectée, la fumée, le feu. On aime ça, nous autres », explique Michael Medeiros, un amateur d'armes qui a participé à la journée Black Guns & BBQ.

Les organisateurs de la journée espèrent que cela permettra de démythifier les armes à feu à autorisation restreinte.

« Il y a eu une culture du "je dois me cacher" qui a duré longtemps. C'est fini, ce temps-là, affirme Martin Léger. On existe. Il n'y a pas de raison de se cacher. Plus on en parle, plus c'est démythifié. »

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