POLITIQUE

Terrorisme: Ralph Goodale reconnaît qu'il y a des lacunes à combler

17/08/2016 02:15 EDT | Actualisé 17/08/2016 02:15 EDT

L'interception in extremis d'un sympathisant du groupe armé État Islamique qui voulait commettre un attentat a mis en lumière les "limites" des engagements de ne pas troubler la paix publique, a reconnu mercredi le ministre fédéral de la Sécurité publique.

Le jeune Aaron Driver, qui prévoyait faire détoner un engin explosif artisanal dans un centre urbain à l'heure de pointe du matin ou de fin de journée, faisait l'objet d'une telle mesure. L'attentat a finalement été déjoué, mais il constitue un signal d'alarme, a convenu le ministre Ralph Goodale.

En marge d'un discours livré devant l'Association canadienne des chefs de police, à Ottawa, il a affirmé que les engagements de ne pas troubler l'ordre public sont des "outils qui ont leurs limites".

"Évidemment, nous en tirerons des leçons (...) pour voir quels autres outils et techniques pourraient être plus efficaces", a-t-il expliqué en mêlée de presse après son allocution.

Assujettir les personnes susceptibles de se radicaliser à des séances de rééducation avec des professionnels en cette matière a été évoqué comme l'une des pistes de solution par le ministre Goodale.

"Une idée (...) serait d'inclure dans les termes et conditions des engagements de ne pas troubler la paix publique l'obligation, pour l'individu, de rencontrer des professionnels de la lutte contre la radicalisation", a-t-il exposé.

"Il existe actuellement certains centres au Canada qui possèdent cette expertise. Celui de Montréal, par exemple, est particulièrement avancé", a-t-il poursuivi.

Le ministre a précisé qu'il y a actuellement "environ une douzaine" d'individus au Canada qui se sont engagés à ne pas troubler la paix publique après avoir été identifiés à risque de perpétrer un attentat terroriste.

Les tribunaux ont recours à cet outil "lorsqu'il semble probable qu'un individu commettra une infraction criminelle, mais qu'il n'existe pas de motif raisonnable de croire qu'une infraction a réellement été commise", selon le ministère de la Justice du Canada.

Les conditions imposées à Aaron Driver lui interdisaient d'utiliser un ordinateur ou un téléphone cellulaire à partir de sa résidence de Strathroy, dans le sud-ouest de l'Ontario, de même que de posséder des explosifs.

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