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Aaron Driver, sympathisant de l'EI tué en Ontario: un homme isolé en rupture familiale

11/08/2016 11:08 EDT | Actualisé 11/08/2016 11:29 EDT

Étroitement surveillé depuis des mois, le Canadien de 24 ans abattu mercredi par la police avait affiché ses sympathies pour le groupe État islamique après avoir longtemps cherché une voie spirituelle au sein d'une famille destructurée.

C'est en octobre 2014 qu'Aaron Driver apparaît sur le radar de la police et des services de renseignement en justifiant, sur les réseaux sociaux, le geste d'une jeune radicalisé qui avait tué un soldat en faction devant le monument aux morts d'Ottawa.

À cette époque, Aaron Driver s'est déjà converti à l'islam, après être né dans une famille catholique de la province de Saskatchewan.

Tout semble basculer quand il a 7 ans à la mort de sa mère. Son père se remarie et s'engage dans les forces armées.

«C'est comme si il avait éteint la lumière après avoir mis une pancarte "ne pas déranger" sur sa porte», avait confié son père à CBC en 2015.

La version donnée par Aaron Driver est un peu différente. Dans le même reportage que la CBC lui avait consacré, le jeune homme expliquait que surpris en train de fumer du cannabis alors qu'il a 14 ans, son père le rejette en l'envoyant chez sa soeur aînée à London.

aaron driver

Loup solitaire

En manque de repère, il confronte ses croyances, lit la bible, suit des débats entre chrétiens et musulmans, pour finalement se tourner définitivement vers l'islam au début des années 2010.

À cette époque, quand il passe dans la maison familiale à Winnipeg, «il était très secret, comme un loup solitaire, aucun ami ne venait à la maison, ne disait jamais où il allait ou ce qu'il faisait», selon son père qui craint alors que son fils devienne «un extrémiste radical».

Aaron Driver le justifiait autrement: «En voyant ce qui se passe en Syrie, cela vous révolte et en même temps ça vous brise le coeur, et je pense que si vous savez ce qui se passe vous devez faire quelque chose».

En même temps, l'homme ne voit aucune raison à ce que «les Canadiens pensent que je suis une menace».

Même si il avait pu obtenir le retrait du port de son bracelet électronique en juin 2015, Aaron Driver restait sous un strict contrôle judiciaire.

La police, qui avait fait part d'une «menace terroriste potentielle», a tué Aaron Driver mercredi soir dans la petite localité de Strathroy, à 30 km à l'ouest de London, là où il avait été assigné à résidence. Il aurait cherché à actionner un engin explosif, selon ce que la police a confié à un membre de sa famille.

STRATHROY ONTARIO

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