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Le Forum social mondial à Montréal, une première dans un pays du Nord

07/08/2016 01:15 EDT
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Altermondialistes, pourfendeurs des inégalités et intellectuels engagés doivent se retrouver dès mardi à Montréal pour la première édition du Forum social mondial (FSM) dans un pays du nord et du G7, afin d'insuffler une nouvelle dynamique au mouvement protestataire.

Une grande marche au centre de l'agglomération québécoise va lancer la 12e édition du Forum, né en 2001 à Porto Alegre (sud du Brésil), pour six jours de débats et de conférences avec des milliers de participants attendus par les organisateurs.

"Nous essayons avec ce premier forum au Nord de donner un nouveau départ au mouvement", explique à l'AFP le coordonnateur du Collectif du FSM, Raphaël Canet.

Le FSM se décrit d'abord comme "un espace de rencontre ouvert visant à approfondir la réflexion(...) d'instances et de mouvements de la société civile qui s'opposent au néolibéralisme".

"Les inégalités sociales sont partout, nous voulons dépasser l'opposition Nord-Sud et dire qu'il y a effectivement des problèmes mondiaux, mais qu'il y a aussi des pistes de solutions", assure M. Canet.

Le premier FSM de Porto Alegre s'est d'abord affiché comme un "contre-Davos", une alternative au Forum économique mondial de la station suisse avec des patrons des grandes entreprises, des chefs d'Etat et de gouvernement.

Loin des grands rassemblements du FSM au Brésil lors de la dernière décennie, avec souvent 100 000 personnes, l'édition 2016 à Montréal devrait en attirer nettement moins de la moitié, selon les dernières estimations des organisateurs.

Difficile pour les militants de financer le déplacement même si l'entraide s'organise au niveau de l'hébergement, mais huit participants sur dix viendront du Québec.

Sans compter que plus de 200 conférenciers ou invités étrangers n'ont pas obtenu de visa d'entrée au Canada, comme la militante altermondialiste malienne Aminata Traoré, le président du syndicat palestinien des postiers Imad Temiza ou encore Rogerio Batista du syndicat brésilien CUT.

«Le FSM s'essouffle»

Dominique Plihon, porte-parole de l'organisation non gouvernementale Attac France, admet que le FSM s'essouffle et qu'il a besoin de se renouveler mais, selon lui, ces rassemblements militants sont nécessaires pour la construction des résistances face au néolibéralisme.

"Nous allons toujours avoir besoin d'une rencontre internationale, nous devons créer des mouvements internationaux. L'idée est d'être visible, on veut faire prendre conscience aux citoyens qu'il y a des alternatives possibles", affirme M. Plihon.

De mardi à dimanche, les participants ou représentants de quelque 5000 organisations de la société civile vont prendre part à plus d'un millier d'activités diverses, allant d'ateliers d'échanges solidaires à des conférences ou même des spectacles à travers la métropole montréalaise, notamment dans les grandes universités.

Au programme, les principaux thèmes sont souvent liés à l'actualité, comme les attaques contre l'évasion fiscale, l'environnement, l'accueil des réfugiés ou les dérives des fondamentalismes.

Près de 80 conférenciers comprenant des professeurs, des politiciens, des syndicalistes et des militants altermondialistes seront présents pour les 22 grandes conférences du Forum avec la journaliste environnementaliste canadienne Naomi Klein, le vice-président bolivien Alvaro Garcia Linera ou le sociologue et philosophe français Edgar Morin.

En 15 ans d'existence, le FSM s'est déroulé majoritairement à Porto Alegre, mais l'événement a aussi eu lieu au Mali, en Inde, au Pakistan et deux fois en Tunisie, dont la dernière édition en mars 2015.

Le Forum affirme avoir choisi Montréal en raison de la présence d'une société civile animée mais aussi en tant que relais des mouvements ayant émergé ces dernières années comme Occupy Wall Street, les Indignés ou plus récemment Nuit debout.

"Au moment du choix de la ville hôte, Montréal est apparue sur la carte des mobilisations sociales avec la grève étudiante québécoise de 2012 (...) et une large initiative populaire qui avait réussi à faire tomber le gouvernement", a mentionné Raphaël Canet.

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