NOUVELLES

Thaïlande: ouverture du référendum sur une Constitution controversée

06/08/2016 09:52 EDT | Actualisé 06/08/2016 09:52 EDT
David Gould via Getty Images
Making a choice, taking a vote.

Les Thaïlandais ont commencé à voter dimanche pour ou contre une nouvelle Constitution très controversée, qui permettrait à la junte militaire au pouvoir de noyauter la scène politique, même après le retour à des élections.

L'un des articles les plus critiqués prévoit que le Sénat soit nommé: même après le retour des élections, le Parlement se retrouvera sous la coupe d'une chambre haute que les généraux continueront de contrôler.

Le référendum a d'ores et déjà été très critiqué par la communauté internationale: arrestations et rappels à l'ordre d'opposants pour avoir appelé à voter contre, fermeture de la principale chaîne d'opposition, absence de débat en raison d'une loi punissant les critiques de dix ans de prison...

Néanmoins, dimanche matin, les bureaux de vote ont ouvert comme si de rien n'était.

Quelque 50 millions d'électeurs sont appelés à se prononcer. Des résultats préliminaires sont attendus dans la soirée.

En l'absence de débat, peu d'information de fond a circulé. Les tracts distribués par la Commission électorale, dont l'impartialité est sujette à caution, insistent sur "le bonheur" à venir, sans préciser que le Sénat ne sera pas élu.

Il s'agit d'"empêcher les personnes malhonnêtes de faire de la politique", dit le tract, sans détailler non plus les entraves imposées par le texte aux partis politiques.

Quelle que soit la réponse au référendum, la junte au pouvoir n'est pas prête à lâcher le pouvoir.

Le but est de modifier en profondeur le système politique, afin d'empêcher durablement le retour aux manettes de l'opposition, incarnée par l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et sa soeur Yingluck, dont le gouvernement a été balayé par le coup d'Etat de 2014.

Jusqu'ici, les militaires avaient principalement eu recours aux coups d'Etat, dès 2006 pour Thaksin. Mais les Shinawatra étaient toujours revenus au pouvoir sitôt des élections organisées.

Cette fois-ci, il s'agit pour les élites ultra-royalistes, au premier rang desquelles l'armée, de verrouiller le système, dans une période d'inquiétude sans précédent quant à l'avenir de la royauté, le roi Bhumibol, 88 ans, étant hospitalisé et invisible depuis des mois.

Dans ce pays aux violentes manifestations cycliques, la grande inconnue reste la stratégie de réplique des Chemises Rouges, puissant mouvement de soutien à Thaksin et Yingluck Shinawatra, très populaires dans le nord et le nord-est.

VOIR AUSSI:

Référendum de 1995

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter