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Barack Obama s'attaque à Donald Trump, «pas qualifié pour être président» (VIDÉO)

02/08/2016 06:57 EDT | Actualisé 03/08/2016 06:59 EDT

Barack Obama a critiqué mardi avec une virulence rare le candidat républicain à sa succession, affirmant que Donald Trump était "terriblement mal préparé" pour devenir président des Etats-Unis et appelant les dirigeants républicains à lui retirer leur soutien.

"Le candidat républicain n'est pas qualifié pour être président", a lancé Barack Obama à Washington.

"Je l'ai dit la semaine dernière. Il n'arrête pas de le démontrer", a martelé le président américain, rappelant les propos controversés de Donald Trump concernant les parents d'un capitaine américain musulman mort au combat, invités à la convention d'investiture de Hillary Clinton la semaine dernière.

Le fait que Donald Trump critique une famille "ayant fait des sacrifices extraordinaires pour ce pays, le fait qu'il ne semble pas avoir les connaissances de base sur des sujets essentiels en Europe, au Moyen-Orient, en Asie, signifient qu'il est terriblement mal préparé pour ce poste", a-t-il asséné lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong.

"Je ne suis pas le seul à le penser", a ajouté Barack Obama, avant d'interpeler les dirigeants du parti républicain qui continuent à soutenir Trump tout en dénonçant des propos jugés outranciers. "Il y a un moment où on doit dire +assez+".

"Je n'étais pas d'accord avec certains présidents républicains mais je n'ai jamais douté du fait qu'ils pouvaient occuper leurs fonctions de présidents", a souligné le président démocrate.

Donald Trump a réagi dans un communiqué jugeant que Barack Obama était un "dirigeant qui a échoué" et reprochant au président d'avoir "déstabilisé le monde".

«Pourquoi le soutenez-vous?»

Dans un pays où les militaires suscitent un immense respect, Donald Trump a commis un sérieux faux pas qui pourrait s'avérer très coûteux en s'attaquant ces derniers jours au père du capitaine Humayun Khan, mort en Irak en 2004.

Khizr Khan avait fait un émouvant discours lors de la convention démocrate, reprochant à M. Trump son projet d'interdire aux musulmans l'entrée aux Etats-Unis.

Se disant "vicieusement" attaqué, Trump a critiqué les propos de cet avocat d'origine pakistanaise, mais aussi insinué que son épouse avait été forcée au silence pendant la convention parce qu'elle était musulmane.

A Paris, le président français François Hollande a dénoncé mardi l'attitude du candidat républicain estimant que ses "excès finissent par créer un sentiment de haut-le-coeur".

"Répugnants", "impardonnables", les déclarations de Donald Trump ont provoqué une levée de boucliers chez les démocrates mais aussi parmi les anciens combattants et jusque dans son propre camp républicain.

"Ce n'est pas parce que notre parti lui a octroyé la nomination qu'elle est accompagnée du permis de diffamer les meilleurs d'entre nous", a écrit lundi l'ex-candidat à la présidentielle John McCain, un ancien de la guerre du Vietnam.

Mais le sénateur de l'Arizona, ayant lui-même fait l'objet des moqueries de Donald Trump, n'a pas pour autant retiré son soutien au candidat républicain.

L'état-major républicain non plus, même si ses représentants ont dénoncé ces propos.

Barack Obama les a appelés à réagir. "Le question qu'on doit se poser si on n'arrête pas de devoir dire en termes très forts que ce qu'il a dit est inacceptable, est: +Pourquoi le soutenez-vous encore?".

Signe d'un changement toutefois? Un élu de New York, Richard Hanna, est devenu mardi le premier membre du Congrès à annoncer publiquement qu'il voterait pour Hillary Clinton le 8 novembre, citant le besoin de chercher des solutions équilibrées et non des slogans "qui en appellent à notre déception, peur et haine".

Et Donald Trump a déclenché une nouvelle polémique d'ordre militaire lors d'un rassemblement de campagne mardi en Virginie (est). Remerciant un ancien combattant qui lui a donné sa prestigieuse médaille Purple Heart, décorant les soldats blessés au combat, le milliardaire a confié en avoir toujours voulu une mais estimé "plus facile" de l'obtenir de cette façon.

Ces propos, émanant d'un homme qui n'a jamais servi dans l'armée, ont déclenché de vives critiques.

Malgré ses nombreux dérapages, Donald Trump était parvenu à grimper dans les sondages jusqu'à rejoindre sa rivale démocrate en juillet. Mais deux sondages publiés lundi ont donné une marge confortable de 7 à 9 points d'avance à l'ancienne première dame.

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