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Trump s'en prend au père d'un soldat américain musulman mort en Irak

30/07/2016 03:21 EDT | Actualisé 30/07/2016 03:27 EDT

Le candidat républicain à la présidentielle aux États-Unis, Donald Trump s'en est pris violemment samedi au père d'un soldat américain musulman tué en Irak et qui avait étrillé le milliardaire lors de la convention démocrate d'investiture de Hillary Clinton.

Khizr Khan, dont le fils Humayun était capitaine de l'armée de terre et est mort au combat en 2004 en Irak, avait lancé jeudi un vibrant plaidoyer en faveur de Mme Clinton en dénonçant les propos de campagne anti-musulmans et anti-immigrés de M. Trump.

"Vous n'avez rien sacrifié, vous n'avez perdu personne", avait lancé M. Khan à l'adresse du candidat républicain, sous les "USA, USA!" scandés par la convention du parti démocrate réunie cette semaine à Philadelphie.

L'intéressé a sèchement répliqué, selon des extraits publiés samedi d'une interview qui doit être diffusée dimanche sur la chaîne ABC News.

"Qui a écrit ça? Ce sont les plumes d'Hillary qui ont rédigé ça?", s'interroge le candidat républicain à la Maison Blanche.

Et M. Trump se vante ensuite d'avoir "fait beaucoup de sacrifices".

"Je travaille très, très dur. J'ai créé des milliers et des milliers d'emplois, des dizaines de milliers d'emplois, j'ai construit de grandes structures, j'ai eu un très grand succès. Je crois que j'en ai fait beaucoup", se targue encore l'homme d'affaires.

Jeudi soir, dans une intervention devant les délégués démocrates, M. Khan, à côté de son épouse, avait exprimé leur "reconnaissance d'être ici, avec vous, en tant que patriotes américains musulmans, dans notre loyauté indivisible pour notre pays".

"Donald Trump passe son temps à salir la réputation des musulmans. Il manque de respect à d'autres minorités: les femmes, les juges, et même les responsables de son propre parti. Il aime construire des murs et veut nous bannir de ce pays", avait accusé ce père d'un soldat disparu.

"Si vous regardez sa femme, elle se tenait debout là-bas, elle n'avait rien à dire. Elle n'avait probablement pas le droit de dire quoi que ce soit", a riposté M. Trump sur ABC, coutumier des déclarations à l'emporte-pièce.

Il avait promis en décembre, afin selon lui de protéger les États-Unis du terrorisme, d'interdire aux musulmans d'entrer sur le territoire américain, provoquant un tollé dans son pays et dans le reste du monde. Récemment, il a moins souvent professé cette menace.

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