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Le pape François a visité vendredi le camp nazi d'Auschwitz Birkenau

29/07/2016 09:31 EDT | Actualisé 29/07/2016 09:33 EDT

OSWIECIM, Pologne - Le pape François a visité vendredi le camp de la mort nazi d'Auschwitz-Birkenau, dans le sud de la Pologne, devenant le troisième souverain pontife consécutif à effectuer un pèlerinage là où le régime d'Adolf Hitler a exterminé plus d'un million de personnes, principalement des Juifs.

Le pape est entré dans le camp d'Auschwitz à pied, vêtu de sa longue aube blanche et marchant lentement sous la sinistre enseigne "Le travail rend libre" installée par les nazis il y a plus de 70 ans.

Il s'est ensuite rendu au camp de Birkenau, où les détenus étaient exterminés dans des chambres à gaz.

Cette visite privée du pape a duré près de deux heures et s'est déroulée dans un silence contemplatif complet, sauf quand le pontife a échangé quelques mots avec des survivants du camp et des gens qui ont lutté contre l'Holocauste.

Des responsables polonais et du Vatican ont expliqué que le pape a voulu témoigner de sa tristesse en silence, en rendant hommage aux victimes par son silence et ses prières.

Il a toutefois laissé un message en espagnol dans le registre des visiteurs du musée national d'Auschwitz-Birkenau: "Seigneur, prends pitié de ton peuple. Seigneur, nous te demandons pardon pour autant de cruauté". Il a ensuite signé de son nom latin, "Franciscus" et ajouté la date "29.7.2016".

D'origine argentine, François est le premier pape à visiter Auschwitz qui n'ait pas traversé l'horreur de la Deuxième Guerre mondiale en sol européen. Ses prédécesseurs ont tous deux vécu les atrocités du conflit, Jean Paul II en tant que Polonais de même que Benoît XVI, qui est Allemand. Benoît XVI avait même été membre des Jeunesses hitlériennes pendant son adolescence.

Le pape a prié en silence pendant plus de 15 minutes avant de rencontrer plusieurs survivants du camp, les saluant individuellement, leur serrant la main et les embrassant sur les joues. Il a ensuite porté un grand cierge blanc jusqu'au Mur de la mort, où les prisonniers étaient exécutés.

Il a aussi prié dans la cellule sombre de saint Maximilian Kolbe, un religieux catholique polonais qui a sacrifié sa vie pour sauver celle d'un autre homme. La forme blanche du pape n'était alors éclairée que par quelques éclats de lumière admis par une petite fenêtre.

Le pape a ensuite parcouru trois kilomètres jusqu'à Birkenau, le gigantesque camp satellite où les nazis exterminaient les Juifs, les Roms et d'autres victimes provenant de partout en Europe.

Les invités - dont des survivants du camp et des chrétiens polonais qui ont sauvé des Juifs pendant la guerre - se sont tenus debout respectueusement quand le pape est arrivé, sa voiture suivant les rails qui étaient jadis utilisés pour conduire les victimes jusqu'à leur mort.

Les centaines de personnes présentes ont ensuite applaudi son arrivée. Le pape a pris le temps d'examiner les plaques commémoratives écrites dans les 23 langues utilisées par les prisonniers. Le rabbin en chef de la Pologne, Michael Schudrich, a récité le Psaume 130, qui débute par les mots, "Du fond de la détresse je t'appelle, Éternel".

Le pape a incliné sa tête pendant que le Psaume était lu, tout d'abord par le rabbin, puis par un prêtre polonais.

François séjourne depuis mercredi en Pologne dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). La journée de vendredi est consacrée au thème de la souffrance. Le pape doit visiter un hôpital pédiatrique de Cracovie et rencontrer de jeunes pèlerins au cours des prochaines heures.

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