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L'Indonésie a exécuté des condamnés étrangers malgré les critiques internationales

28/07/2016 09:27 EDT | Actualisé 28/07/2016 09:28 EDT
Darren Whiteside / Reuters
Death row drug convict Martin Anderson from Ghana waits in a holding cell before a judicial review hearing in the South Jakarta court March 19, 2015. Anderson is among a group of 10 drug convicts due to be executed together by firing squad on Nusakambangan. Others in the group include citizens of Australia, France, Brazil, the Philippines, Nigeria and Indonesia. REUTERS/Darren Whiteside

L'Indonésie a exécuté dans la nuit de jeudi à vendredi quatre condamnés à mort pour trafic de drogue, parmi lesquels trois étrangers, a indiqué un responsable, les autorités ignorant les appels de la communauté internationale à renoncer à la peine capitale.

Les détenus -- trois Nigerians et un Indonésien -- ont été fusillés peu après minuit, a déclaré le vice-procureur général chargé des crimes, Noor Rachmad, à des journalistes à Cilacap, ville face à la petite île où les exécutions ont eu lieu au complexe pénitentiaire de Nusakambangan, "l'Alcatraz indonésien".

Cependant, dix autres condamnés à mort pour trafic de drogue, incluant des ressortissants du Pakistan, d'Inde, du Zimbabwe ainsi que d'Indonésie, n'ont pas été exécutés comme cela était prévu, mais ils le seront plus tard, ont indiqué des responsables, sans préciser quand.

Les autorités n'ont pas expliqué pourquoi ces condamnés à la peine capitale pour trafic de drogue n'avaient pas été exécutés en même temps que les autres, alors qu'un violent orage et des pluies diluviennes se sont abattus sur le site au moment des exécutions, ce qui pourrait expliquer ce report.

"Les exécutions ont été effectuées pour le moment pour quatre condamnés. Cela a été fait non pas dans le but de supprimer des vies mais pour stopper les intentions du diable, et l'acte abominable du trafic de drogue", a déclaré M. Rachmad.

C'est la troisième série d'exécutions depuis l'arrivée au pouvoir en octobre 2014 du président Joko Widodo, qui défend le recours à la peine de mort pour combattre le trafic de drogue en hausse, restant sourd aux appels de la communauté internationale.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, avait appelé le gouvernement indonésien à "stopper les exécutions imminentes" et exhorté le président Joko Widodo à "envisager de décréter un moratoire sur l'application de la peine de mort en Indonésie et à progresser vers son abolition".

L'Union européenne avait également demandé à Jakarta d'abandonner la peine de mort, une "sanction cruelle inhumaine".

Efforts diplomatiques

La précédente série d'exécutions en avril 2015 de huit hommes -- deux Australiens, un Brésilien, quatre Nigérians et un Indonésien -- condamnés à la peine capitale pour trafic de drogue dans des affaires distinctes, avait provoqué de vives critiques internationales, l'Australie allant jusqu'à rappeler temporairement son ambassadeur.

Parmi les autres étrangers dans le couloir de la mort en Indonésie figurent le Français Serge Atlaoui et la Philippine Mary Jane Veloso, condamnés pour trafic de drogue et tous deux retirés de la liste lors de la série d'exécutions l'an passé.

Les autorités indonésiennes ont indiqué que les trois Nigérians exécutés vendredi étaient Seck Osman, Humphrey Jefferson Ejike Eleweke et Michael Titus Igweh, et l'Indonésien Freddy Budiman.

L'avocat d'Eleweke, Afif Abdul Qoyim, a déclaré à l'AFP que son client n'aurait pas dû être exécuté dans la mesure où il avait déposé un recours en justice plus tôt dans la semaine.

"Quand cette procédure n'est pas respectée, cela signifie que ce n'est plus un pays qui respecte la loi ni les droits de l'Homme", a-t-il dit.

Deux condamnés à mort dont le cas a suscité des préoccupations internationales parmi les ONG de défense des droits de l'Homme n'ont pas été exécutés vendredi.

L'un d'eux, le Pakistanais Zulfiqar Ali, avait été condamné à la peine capitale en 2005. Il a été battu à coups de poings et de pieds par la police pour le forcer à reconnaître le crime de possession d'héroïne qu'il a toujours nié, selon Amnesty International,

L'ambassadeur adjoint du Pakistan en Indonésie, Syed Zahid Raza, a estimé que le sursis accordé à Ali était une victoire grâce aux efforts diplomatiques à Jakarta et Islamabad.

Le second cas est celui de l'Indonésienne Merri Utami, condamnée à mort après son arrestation avec de l'héroïne dans son sac à l'aéroport de Jakarta en 2002. Elle a toujours clamé son innocence et affirmé avoir été utilisée comme une mule pour transporter la drogue, puis frappée et harcelée sexuellement par la police qui l'a forcée à avouer.

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Indonesian executions

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