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Le Parlement catalan défie le tribunal constitutionnel espagnol

27/07/2016 11:03 EDT | Actualisé 27/07/2016 11:03 EDT

Le Parlement catalan à majorité indépendantiste a défié une nouvelle fois le Tribunal constitutionnel espagnol mercredi en adoptant un texte défendant la "déconnexion" avec l'Espagne comme seul horizon pour cette région du nord-est de l'Espagne.

Le texte fixe des étapes à suivre pour défendre le droit à l'autodétermination des Catalans, passant outre l'avertissement lancé il y a quelques jours par le Tribunal constitutionnel, qui avait prévenu qu'un tel vote serait illégal.

Il assure que "la seule voie possible" pour permettre aux Catalans d'exercer leur droit à décider sur leur avenir est la "déconnexion" de l'Etat espagnol.

Adopté par 72 votes pour et 11 contre sur 135 élus, il a été rédigé par une Commission d'étude sur la mise en place de l'Assemblée constituante qui sera chargée de rédiger la Constitution d'une future République indépendante.

Il définit trois étapes vers l'indépendance, sans préciser de date.

La première est une étape de consultation de la population, la deuxième passe par la "déconnexion" et la mise en place d'une Assemblée constituante. La troisième prévoit un référendum permettant de ratifier cette Constitution.

Le vote du texte a suscité des débats houleux au Parlement, où les partisans d'un maitien en Espagne comme Inès Arrimadas, chef de file parlementaire de Ciudadanos, ont notamment dénoncé un "coup contre la démocratie".

En novembre, le Parlement catalan avait déjà défié l'Etat espagnol en adoptant une résolution lançant le processus de sécession et déclarant qu'il ne serait plus soumis aux institutions espagnoles, notamment le Tribunal constitutionnel.

Le texte a depuis été annulé par ce même tribunal.

Soufflant le chaud et le froid, le gouvernement régional a par ailleurs écarté une séparation brutale, sans renoncer à son objectif final.

Lors d'élections législatives organisées en septembre dernier, une coalition rassemblant les indépendantistes de gauche et de droite, Ensemble pour le oui, avait remporté la victoire.

Alliée au petit parti d'extrême gauche CUP, elle dispose de la majorité absolue au Parlement de Barcelone. Mais les deux partenaires s'opposent fréquemment sur la politique économique et sur la désobéissance immédiate à l'Espagne souhaitée par la CUP.

La Catalogne, riche région de 7,5 millions d'habitants, est en proie à une poussée de fièvre indépendantiste qui est allée crescendo depuis 2010, alimentée par la crise économique et la forte opposition entre ses dirigeants et la droite au pouvoir à Madrid depuis fin 2011, opposée à tout référendum d'autodétermination.

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