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Jeux olympiques de Rio : L'équipe de nage synchronisée canadienne en est une de contrastes

27/07/2016 04:26 EDT | Actualisé 27/07/2016 04:34 EDT
MONTRÉAL — L'équipe de nage synchronisée qui représentera le Canada à l'épreuve en duo aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en sera une de contrastes, alliant à la fois jeunesse et expérience.

Il y a tout d'abord Jacqueline Simoneau, l'étoile montante de la discipline au pays qui n'est âgée que de 19 ans. Et il y a Karine Thomas, une nageuse aguerrie qui participera à ses derniers jeux à l'âge de 27 ans. En dépit de l'écart d'âge, une belle symbiose s'est développée entre elles au fil des ans.

«Karine n'est pas seulement mon mentor, mais je la considère également comme ma grande soeur, a évoqué Simoneau à l'occasion du dévoilement officiel de l'équipe olympique. J'apprends de ses expériences personnelles — elle a vécu tellement de choses à travers toutes ces années dans le sport — et plus elle m'en parle, plus j'ai l'impression de me rapprocher d'elle.»

C'est d'ailleurs ce qui a sauté aux yeux de l'entraîneuse de l'équipe nationale, Meng Chen, qui a tout de suite vu le potentiel de Thomas et Simoneau. Cette dernière s’est jointe à l’équipe nationale en 2012 quand elle était encore concurrente au niveau junior. Elle fait équipe avec Thomas, la dernière nageuse de l’équipe de Londres 2012 encore active, depuis 2014.

«Elles sont très dynamiques et font preuve de beaucoup de profondeur, tant au niveau de la difficulté technique de leurs routines que des émotions qu'elles peuvent transmettre, a confié Chen à propos de leurs forces. De plus, elle ont développé une très belle relation — on sent qu'elles sont sur la même longueur d'onde.

«Ainsi, quand deux nageuses ne font qu'une, selon moi, ça veut dire que nous nous approchons de l'excellence, de la perfection», a ajouté la Chinoise, qui a pris les commandes de l'équipe nationale en 2012. 

Thomas, de Gatineau, et Simoneau, de Montréal, participeront à l'épreuve en duo, qui se déroulera en trois phases, soit la ronde préliminaire du programme libre (14 août), le programme technique (15 août) et la finale du programme libre (16 août) au centre aquatique Maria Lenk.

Ce sera l'occasion rêvée pour Thomas de tourner la page d'une quatrième position crève-coeur enregistrée dans l'épreuve par équipes dans la capitale britannique il y a quatre ans. L'équipe canadienne n'a pu se qualifier pour cette compétition cette fois-ci.

«C'est sûr que ç'a fait mal d'arriver quatrième (en 2012), juste en bas de la dernière marche du podium, mais je pense que ça m'a juste donné plus de motivation à tous les jours pour s'assurer de ne pas le manquer cette fois-ci», a mentionné Thomas.

Le duo déborde de confiance, particulièrement depuis sa victoire aux Jeux panaméricains de Toronto l'été dernier, confirmant du même coup leur participation aux Jeux de Rio.

«Chaque compétition internationale est une étape de plus vers les Jeux olympiques, mais nos résultats aux Jeux panaméricains de Toronto ont vraiment été l'élément déclencheur pour moi, a admis Simoneau. Ça m'a permis de nager devant une foule immense — c'était fou comment il y avait des gens qui nous encourageaient — et de mettre à l'épreuve mon niveau de concentration pendant notre performance. Tout ça va me servir à Rio.»

La lutte promet cependant d'être féroce pour l'obtention d'une place sur le podium brésilien, et les Canadiennes devront se méfier notamment de la Chine, du Japon, des États-Unis, de l'Espagne et de l'Ukraine.

Redorer le blason du Canada

Pour percer le top-3, les représentantes de l'unifolié miseront sur un programme libre innovateur sur lequel elles travaillent depuis un an en compagnie de l'auteur et metteur en scène québécois Sébastien David.

«Je ne pense pas qu'il y ait un autre pays qui fasse comme nous — on ne l'a pas dit à qui que ce soit —, sauf que si les autres pays le font, ils ne le disent pas non plus, a expliqué Thomas. Donc, ça se peut, mais je pense honnêtement que nous sommes les meilleures dans ce domaine-là en ce moment.»

Leur nouveau programme libre, qui porte sur la rupture amoureuse, a été présenté pour la première fois le 3 mai lors de l'Omnium du Japon, où Simoneau et Thomas ont terminé deuxièmes derrière les Japonaises.

«Après la compétition, nous avons recueilli les commentaires des juges internationaux et ils ont été très positifs, a évoqué Chen. Alors, nous avons décidé d'augmenter le coefficient de difficulté parce que j'ai la certitude qu'elles peuvent en donner encore plus.»

Elles l'ont testé de nouveau le 15 juillet lors de l'Omnium des États-Unis à Riverside, en Californie, où elles ont terminé en troisième place, derrière les Espagnoles et les Chinoises respectivement.

Thomas et Simoneau ne le cachent pas; elles veulent redorer le blason du Canada. Chen et ses protégées ont donc passé les dernières semaines en camp d'entraînement en Floride pour apporter la touche finale à leur préparation.

Le pays, qui fut jadis une puissance dans cette discipline avec des têtes d'affiche telles que Sylvie Fréchette et Caroline Waldo, n'a pas gagné de médaille depuis le bronze à l'épreuve par équipes aux Jeux de Sydney en 2000. Le dernier duo canadien à avoir grimpé sur le podium aux Jeux olympiques fut celui de Penny et Vicky Vilagos, qui ont décroché la médaille d'argent aux Jeux de Barcelone en 1992.

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