POLITIQUE

Nommé conseiller spécial de Couillard, Norm MacMillan sera en conflit d'intérêts, croit l'opposition

26/07/2016 03:42 EDT | Actualisé 26/07/2016 03:46 EDT

QUÉBEC - Le nouveau conseiller spécial du premier ministre Couillard, Norman MacMillan, poursuivra ses efforts en vue d'obtenir une subvention de plusieurs millions de dollars pour le nouvel aréna des Olympiques de Gatineau, malgré son accès privilégié aux officines du pouvoir.

En effet, l’ex-ministre délégué aux Transports sous Jean Charest demeurera gouverneur de cette équipe de hockey junior majeur en Outaouais. Norm MacMillan a été recruté par les Olympiques de Gatineau en juin 2015 afin de régler le dossier du nouvel amphithéâtre de l’équipe.

Un premier scénario, qui prévoyait une subvention provinciale de 26 millions$ pour la création d’un centre multifonctionnel, a été rejeté par le ministre des Affaires municipales l’an dernier. Diverses avenues sont maintenant à l’étude, dont celle d'un aréna plus modeste ou la relance du projet de centre multifonctionnel. Dans les deux cas, le provincial devra participer financièrement.

De plus, la Ville de Gatineau envisage de réclamer un projet de loi privé cet automne afin de régler des obstacles légaux dans la construction du nouvel amphithéâtre. Il serait parrainé par la députée de Hull, Maryse Gaudreault.

Au cabinet de Philippe Couillard, on assure que ce double rôle ne placera pas Norman MacMillan en conflit d’intérêts. «La nature des fonctions de monsieur MacMillan n’est en aucun cas en lien avec ce dossier, affirme le directeur des relations avec les médias, Charles Robert. Il s’occupe des liens avec la députation. Alors, il n’est pas partie prenante au dossier et il n’interagit pas avec les conseillers au dossier non plus.»

De plus, le personnel politique n’assiste pas aux délibérations du conseil des ministres, souligne Charles Robert. Tout au plus, un membre du cabinet peut s’y présenter de façon ponctuelle pour faire une présentation.

norman macmillan

Le premier ministre de l’époque, Jean Charest, félicite Norman MacMillan (à droite) après son assermentation en 2007. (PC/Jacques Boissinot)

Ce double rôle ne contrevient pas non plus au code d’éthique de la fonction publique du Québec, qui n’exige plus l’exclusivité de service envers son employeur. Un fonctionnaire peut donc exercer une fonction en dehors de son travail. Toutefois, celui-ci «évite tout conflit entre l’exercice de cette fonction et celle qu’il accomplit à titre de fonctionnaire», note le code.

Mais pour l’opposition, le conflit d’intérêts semble évident. «Ces deux fonctions sont complètement incompatibles, écrit la porte-parole du PQ en matière d’éthique, Agnès Maltais, dans une réponse par courriel. Avant d’accepter le poste de conseiller du premier ministre, M. MacMillan aurait dû quitter celui de gouverneur des Olympiques de Gatineau.»

«Philippe Couillard doit apprendre de ses erreurs, plus précisément de l’affaire Hamad, et tout faire pour éviter de les reproduire, poursuit-elle. M. MacMillan ne peut pas occuper les deux fonctions simultanément.»

Du côté de la CAQ, on se montre moins catégorique, mais le nouveau conseiller devra montrer patte blanche. «Il faut inviter monsieur MacMillan et le gouvernement libéral à la prudence pour éviter tout conflit d’intérêts», dit l’attaché de presse du parti, Samuel Poulin.

«Il doit y avoir un mur pare-feu entre les différents intérêts de monsieur MacMillan, ajoute-t-il. La CAQ demande à monsieur MacMillan et au premier ministre de mettre au clair cette situation-là.»

Il a été impossible de rejoindre Norman MacMillan mardi, malgré de nombreuses tentatives. En entrevue avec le quotidien Le Droit la veille, l'ex-ministre a affirmé qu'il allait se «retirer» des négociations avec Québec si des discussions devaient avoir lieu.

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