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Juste pour rire: l'hommage à Michel Barrette, comme si vous y étiez (PHOTOS)

26/07/2016 06:10 EDT | Actualisé 26/07/2016 06:10 EDT

Il y avait des gags prévisibles: ceux sur les voitures, sur les femmes, sur la dentition de la vedette de la soirée. Il y avait aussi des portions inattendues, comme cet hommage venant de l’homme à qui il a sauvé la vie, ou le stand up de son fils Olivier. Puis, des instants complètement craquants, comme toutes ces fois où Michel Barrette était sans mots – ce qui est rare! – et s’essuyait les yeux.

Et il y avait aussi, et surtout, des artistes généreux, épris de leur ami Michel et fier de ses mille et un talents, qui lui ont dit à l’unisson, lundi, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, que c’était son tour de se faire parler d’amour.

Revivez l’hommage rendu à Michel Barrette par le Festival Juste pour rire, hier soir.

Juste pour rire: Hommage à Michel Barrette

L’arrivée

Michel Barrette est arrivé à la Place des Arts sur le coup de 20h, escorté comme il se devait par Gilbert Rozon, grand manitou de Juste pour rire. Les deux hommes ont fait irruption sur l’esplanade en go kart, comme deux gamins. Retransmise sur écran pour le public, la scène, à elle seule, a généré des applaudissements. Michel Barrette a ensuite pénétré dans le lobby de la Salle Wilfrid-Pelletier, encadré d’une fanfare qui formait une majestueuse haie d’honneur. La très longue ovation debout qui a suivi, à l’intérieur de la salle, donnait le frisson, et «l’hommagé» semblait déjà avoir du mal à contenir son émotion.

L’armée

Pour souligner les années de Michel Barrette dans l’armée, on avait fait appel aux Fusiliers Mont Royal, qui ont interprété, de leurs instruments, le grand classique de Michel Barrette, Le temps d’une dinde, dont l’assistance battait le rythme en tapant des mains. Le contraste entre le caractère humoristique de la chanson et la noblesse de l’orchestre (et du moment) a causé l’amusement dans le visage de Michel Barrette.

Le monologue d’ouverture – François Morency

François Morency, qui animait lundi son premier Gala Hommage, s’était fait avertir, lorsqu’il s’est lancé dans ses recherches sur Michel Barrette, que ce dernier avait eu une vie bizarre. Erreur. Morency a plutôt réalisé que Barrette avait eu «75 vies bizarres», notamment à travers ses emplois de laveur d’auto, de préposé aux prêts hypothécaires chez Desjardins et de draveur.

Dans son monologue d’ouverture, Morency - visiblement prêt et préparé, et qui a été à la hauteur toute la soirée – a abordé plusieurs traits de caractère de son «sujet» : ses tendances verbomotrices (et ses «Hey, mon chum» quand il veut attirer l’attention de quelqu’un, et sa manie de tenir le bras de ses interlocuteurs), sa passion pour les voitures (il en possède 22 ; «Les gens pensent à tort que c’est un bon conducteur», a relevé Morency), son dédain pour la couleur verte, son rôle de porte-parole de différentes marques qui n’existent plus aujourd’hui, comme la Molson Exel et Future Shop («Il était-tu porte-parole pour le retour des Nordiques?»), son bagage de collectionneur («Il collectionne des collections») et sa grande ouverture à… l’être humain. «Il a couché avec des filles de toutes les communautés culturelles. C’est un ambassadeur de l’ONU, on a baptisé son pénis le casque bleu!»

En lisant de (faux) passages du journal intime de Michel Barrette, François Morency a en outre eu l’occasion de soulever quelques points éprouvants, mais un peu oubliés de l’existence de l’homme, comme l’incident qui a failli lui coûter un œil au Vieux Clocher de Magog, en 1996, et son malaise cardiaque, en 2007.

«Reste encore longtemps avec nous». C’est ainsi que François Morency a conclu, sérieusement, sa tirade comique, devant un Michel Barrette qui essuyait déjà une larme.

Le collectionneur – Dominic Paquet

On s’est abondamment moqués de l’engouement de Michel Barrette pour les collections, lundi, mais aussi, et surtout, de l’exaspération de ses collègues pour ledit engouement et lesdites collections. «Tes collections, on s’en câlisse», l’a gentiment sermonné Dominic Paquet, qui avait hérité de ce thème pour le premier stand up de la soirée, alors que derrière défilaient des photos de Michel Barrette à toutes les époques. «J’en veux à tous les collectionneurs (…) Vos collections, on s’en câlisse, c’est plate, c’est inutile (…) Y’a pas un collectionneur de timbres sur la planète qui va cruiser une fille avec sa collection de timbres», a martelé Paquet, avant de terminer sur une note à peu près gentille pour Michel Barrette. «Le seul regret que j’ai, dans ma vie, c’est de ne pas t’avoir rencontré avant… avant que tu commences tes collections.»

L’enfant illégitime – Claudine Mercier

Claudine Mercier, qu’on n’avait pas vue depuis un moment à Juste pour rire, avait enfilé les habits de Jacynthe, son personnage de fillette qui débite des vérités avec candeur, et a joyeusement déridé la foule, qui en redemandait. On a appris lundi que Jacynthe est en fait la fille illégitime de Michel Barrette, mais sa maman lui avait seulement dit, au départ, qu’elle était «une Barrette». «Moi j’étais déçue parce que je pensais que c’était Gaétan Barrette», a dépeint Jacynthe/Claudine, qui a enfilé plusieurs bonnes lignes : «Un enfant illégitime, c’est le contraire d’un ami imaginaire ; tu sais pas qu’il est là, mais il existe» ; «Hi! Ha! Tremblay, c’est un personnage que, quand il n’y a pas de punch, il dit : hi! ha!» ; «Michel Barrette, quand il a perdu ses dents, la fée des dents lui a pas donné une cenne ; elle lui a dit : tu vas en faire assez avec tes gencives» ; «250 000 albums vendus du Temps d’une dinde, on sait pas trop c’est qui les dindes, là-dedans» ; «Avant, Michel Barrette trippait sur les jeunes pitounes, là, il trippe sur les vieilles minounes». Et ainsi de suite, jusqu’à l’ovation debout.

Au grand écran – Mario Jean

Très bonne idée de Mario Jean, qui dit avoir été influencé par les aptitudes d’acteur de Michel Barrette, et qui a détaillé le parcours de ce dernier au grand écran, lui qui a eu «une grande carrière au cinéma, sans jamais avoir de premier rôle». Bien qu’il ait incarné le papa de Mitsou dans Coyote, celui de Pascale Bussières dans Alys Robi et celui de Julie LeBreton dans Maurice Richard, Michel Barrette aurait davantage eu le casting d’interpréter «le père du Père Fouras», dixit Mario Jean. Dans À l’origine d’un cri, Michel Barrette ne disait pas un mot de tout le film ; «C’était ça le tour de force du réalisateur, d’y fermer la gueule pendant 90 minutes!»

Mario Jean a affirmé avoir toujours de bonnes pensées à l’égard de Barrette lorsqu’il décroche un rôle au cinéma ou à la télévision. «Peut-être parce que tu m’as ouvert plusieurs portes».

Bonjour de Boujenah – Michel Boujenah

L’acteur et humoriste français Michel Boujenah a transmis des salutations sincères à son grand ami Michel Barrette sur vidéo. Il s’est remémoré que, la première fois qu’il avait vu son camarade interpréter Hi! Ha! Tremblay, il ne comprenait pas un mot de ce qu’il disait. «[Michel Barrette] est quelqu’un d’important pour moi. C’est un homme bon», a spécifié Boujenah.

Bonjour la police – Yves Pelletier et Bruno Landry

Yves Pelletier et Bruno Landry avaient revêtu leurs costumes du lieutenant Boulianne et du sergent Bigras, de RBO – avec pantalons de camouflage, s’il vous plait – pour parler de leur suspect du moment, un «indigne vidu» en fuite, un «Messmer de la couchette», qui pratique le «trafic de dindes», soit Michel Barrette, alias «la brebis édentée». Celui-ci aurait commis plusieurs infractions, allant de l’excès de voitures dans son garage aux excès de tickets de vitesse et à l’infirmité de son pied droit, «plus pesant que l’autre». «C’est pour ça qu’il a souvent besoin de plusieurs personnes pour prendre son pied», ont laissé planer les deux policiers, délirants comme d’habitude.

Les Trois Tilleuls – François Morency

Puisque Michel Barrette ne parle pas dans la publicité de son hôtel, Les Trois Tilleuls, qu’il fait notamment jouer avant ses spectacles, François Morency a entrepris de parodier la réclame en s’infiltrant dans chaque plan de caméra, affublé comme un Michel Barrette «un peu» exagéré. Un bon flash que cette courte vignette diffusée sur vidéo.

Les sacres – Jérémy Demay

Jérémy Demay a fait un très gros hit en offrant sa relecture toute personnelle du numéro des sacres de Michel Barrette, en l’adaptant à 2016. Michel Barrette croulait de rire sur son siège! Survolté, Demay portait à peu près la même chemise que Barrette lors de la présentation originale du texte, dans les années 2000. Il s’est est pris violemment à Denis Coderre, qui était évidemment assis au parterre, lundi. «Il est plus à la télé qu’Éric Salvail, cet hostie-là, câlisse. L’autre fois, j’ai frappé un cycliste ; c’était lui, avec un casque, câlisse.» À propos de l’émission Pour le plaisir et de ses rediffusions, Demay a eu ces paroles : «Pour le plaisir de qui, câlisse? (…) Ils se plaignent que le public se renouvelle pas ; c’est sûr qu’il se renouvelle pas, il meurt!» Plus Demay en mettait, plus Michel Barrette pleurait d’hilarité.

D’un ton sérieux, Jérémy Demay a signalé à quel point Michel Barrette est une inspiration pour tout le monde dans le milieu artistique. «Merci d’être là. Merci d’être toi.»

Se sentir les doigts – François Morency

Cocasse, ce montage d’images où Michel Barrette garde sa main près de son visage ou, comme le croit François Morency, se «sent les doigts». Sur l’affiche de ses spectacles comme au Ti Mé Show ou dans un article du Courrier de Laval, et même pendant qu’il assiste à son propre gala-hommage, Barrette a toujours le menton appuyé sur sa main. «Quessé que ça sent? Réponds pas!», l’a intimé Morency, avant d’aller lui porter une bouteille de Purell.

«Une p’tite frette, mon Denis?» - Gildor Roy

La présence de Gildor Roy à la fête était incontournable, Michel Barrette et lui ayant enregistré ensemble 161 épisodes de la comédie Km/h. Dans les vêtements de son personnage de Germain, en traînant un célèbre réfrigérateur derrière lui, Gildor a lancé «la» phrase, qu’on connaît tous par cœur, et qu’il entend encore à tous les jours : «Une p’tite frette, mon Denis?» Or, dans la vie, ni Gildor, ni Michel ne boivent de bière, on l’a appris lundi.

«Michel, c’est le plus formidable comédien d’instinct que je connais. Un peu comme un épagneul : ce n’est pas le plus intelligent des chiens, mais il a un formidable instinct, et ça se peut que tu le pognes à zigner la visite», a exposé Gildor Roy, qui n’a pas été avare de contenu : anecdotes de tournage, petits secrets (comme le fait que Michel Barrette n’apprend pas ses textes), récit de leur première rencontre sur le plateau de Fais-moi un dessin, leurs nombreux points communs… «T’as couché avec plein de femmes, j’y ai souvent rêvé…»

«Merci pour les années de rêve que j’ai passé avec toi, a fini Gildor Roy. Et je veux te dire une chose que je ne t’ai jamais dite : une p’tite frette, mon Michel?»

Chanson - France Castel

Celle qui a été la «moitié» de Michel Barrette à l’émission Pour le plaisir, France Castel, est venue entonner la chanson What a Difference A Day Makes. «Merci pour toutes ces belles années, merci pour tout ce que tu as fait pour ma santé mentale, je t’adore», a confié la dame à son ancien partenaire.

Un homme et sa chaise – Pierre-François Legendre

Pierre-François Legendre n’a pas offert le segment le plus hilarant du spectacle, mais a néanmoins exhibé une belle tranche récente des accomplissements de Michel Barrette. C’est que, dans Drôle de vie, son actuel one man show, l’humoriste refuse catégoriquement de se départir de sa «chaise de grand-père», même si Pierre-François Legendre a tout fait pour l’en éloigner et le forcer à se réinventer. «Plus je voyais la chaise, plus je me sentais inutile (…) le cul de Michel n’a d’yeux que pour sa chaise», a avoué Legendre, qui s’est défoulé allègrement en frappant sur la chaise maudite avant de retourner en arrière-scène.

Test de paternité – Olivier Barrette

Michel Barrette ne s’attendait apparemment pas à voir son fils aîné, Olivier, qui incarnait le garçon de Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay) dans Unité 9, surgir de nulle part pour raconter à quel point ils ne se ressemblent pas.

Avec beaucoup de verve et d’aplomb, le jeune Barrette a notamment illustré que son papa aime jaser et se remémorer des souvenirs («Mon enfance a été une rediffusion sans fin de Viens-tu faire un tour?») et, surtout, combien lui-même n’éprouve absolument aucun amour des voitures, contrairement à son paternel. «Même mon bonhomme dans Unité 9 est mort dans un accident de char (…) Je roule en Bixi, quand j’ai besoin d’une voiture, je prends Communauto…» Michel Barrette aurait même déjà réclamé un test de paternité!

Sue O’Brian – Sébastien Dubé

Nous vous en parlions ici: la première flamme sexuelle de Michel Barrette se nommait Sue O’Brian, et leur amour a été consommé à Old Orchard, le 25 juillet 1974.

Pendant le gala, François Morency a fait mine d’avoir retrouvé la Sue O’Brian en question, étirant longuement sa présentation, au même rythme que s’écarquillaient les yeux de Michel Barrette, qui croyait réellement – tout comme le public – qu’on avait retrouvé sa première fréquentation. Pas de chance, c’est plutôt Sébastien Dubé, le «barbu» des Denis Drolet, qui s’est pointé à Wilfrid-Pelletier affublé en séduisant transgenre, aussi absurde qu’à l’habitude. Michel Barrette n’en pouvait plus de rire.

La résurrection de Hi! Ha! Tremblay

À qui ressemblerait Hi! Ha! Tremblay s’il ressuscitait en 2016? Le légendaire conteur-chanteur au chapeau a pris plusieurs visages dans une vidéo du gala, où André Robitaille, André Sauvé, France D’Amour, Sophie Faucher, François Morency, José Gaudet, les Denis Drolet, Louise Richer et même Claude Poirier en ont offert leur version toute personnelle, couvre-chef inclus. Claude Poirier a évidemment été l’étoile du montage.

34 secondes – Philippe Bond

Digne descendant professionnel de Michel Barrette, Philippe Bond transpirait l’enthousiasme et la joie d’être là. «Je pourrais parler de Michel Barrette pendant trois heures», a-t-il argué, et c’est sans doute ce qu’il aurait fait si les minutes n’avaient pas été comptées. Bond s’est surtout attardé sur une anecdote que le principal intéressé lui avait fait jurer de ne jamais raconter, et qui impliquait une demande d’une groupie, qui voulait faire l’amour avec lui… dans son kit de Hi! Ha! Tremblay. «Il lui a fait vivre les 34 plus belles secondes de toute sa vie», a révélé Philippe Bond.

Les souvenirs - Jean-Marc Parent

Long, mais très apprécié, le passage de Jean-Marc Parent a été applaudi à tout rompre. «T’as peur, hein?», a sifflé le pilier de L’Événement JMP à son vis-à-vis, sous-entendant que certains de ses récits seraient peut-être croustillants. Des souvenirs de comportements dissipés lors d’une tournée commune, la peur des esprits de Michel Barrette, le tour joué à ce dernier à Surprise Sur Prise! : Jean-Marc Parent en avait long à raconter! En fin de piste, Jean-Marc Parent a comparé son pote Michel à un preux chevalier. «Pour moi, Michel, il vient d’une autre époque», a-t-il commenté, appuyé par une ovation debout.

Tentative de suicide – Luc Senay

Poignant, Luc Senay, un autre intime de Michel Barrette, est venu livrer l’intégrale du numéro de la tentative de suicide, intégré à un one man show de Michel Barrette dans les années 90. Après que sa copine l’eut quitté en l’incitant à retrouver son «moi profond», Michel Barrette a eu l’impression que personne ne le comprenait et a voulu mettre fin à ses jours en sautant d’un pont d’Alma.

Bien sûr, le monologue était tourné avec dérision, mais on n’y sentait pas moins la détresse de son auteur, que Senay a brillamment rendue, avec éloquence.

«Si tu avais sauté du pont ce soir-là, jamais je n’aurais eu le privilège de travailler avec toi», a rappelé Luc Senay à Michel Barrette, lui ramenant à l’esprit l’immense fou rire qui les avait tous deux gagnés sur le plateau de tournage du film Aurore, lors d’une scène avec 300 figurants. Le réalisateur avait fini par les mettre dehors.

Sur ce mot émotif, la salle s’est levée pour acclamer Luc Senay, et Michel Barrette ne pouvait tarir ses larmes.

Précieuse lettre – François Morency

Le 12 septembre 2013, Michel Barrette stoppait sa voiture sur le pont Jacques-Cartier pour interpeller un homme grimpé sur la structure du pont qui, comme lui plusieurs années plus tôt, souhaitait s’enlever la vie. Michel Barrette a longuement parlé avec l’homme, qui a finalement décidé de ne pas sauter. Préférant demeurer dans l’ombre, le garçon en question ne s’est pas pointé au gala, lundi, mais avait néanmoins écrit une lettre à l’intention de Michel Barrette, que François Morency a lue attentivement. «Ce jour-là, tu as fait ce que tu sais faire le mieux, parler avec ton cœur, raconter (…) faire rire, divertir et redonner espoir», disait la missive.

Aujourd’hui, cette personne dit mordre dans la vie et ne doute plus que rien n’est impossible, même si les moments difficiles nous paraissent insurmontables.

François Morency a terminé sa lecture avec des trémolos dans la voix, avant d’aller ensuite porter la lettre à Michel Barrette.

Chanson – Laurence Jalbert

Après de telles bouffées d’émotions, difficile de revenir en humour et en légèreté. Le moment était tout indiqué pour Laurence Jalbert, chanteuse-chouchou de Michel Barrette, d’y aller d’une puissante Hier encore, pour flatter la fibre nostalgique du «célébré» du jour, au gré d’un montage photos.

Les remerciements – Michel Barrette

Après quoi, c’était au tour de Michel Barrette de dire merci à ceux qui l’aiment. L’ovation debout qui l’a porté jusqu’au micro était longue et très intense. À l’avant l’attendaient non seulement tous les artistes ayant participé à l’hommage, mais aussi ses quatre fils, Olivier, Martin, Nicolas et Jonathan.

«D’habitude, la yeule m’arrête pas, mais là…», a-t-il commencé, la voix étranglée par les sanglots. «C’est immensément touchant de recevoir autant». «On t’aime!», lui a crié une spectatrice. «Vous avez été plus fidèles que moi!», a taquiné Michel Barrette.

Or, l’intarissable conteur allait vite retrouver sa dégaine habituelle. Pendant que son petit Jonathan allait se blottir contre lui, le fier papa s’est gentiment moqué de son grand Olivier, prenant sa revanche sur le bien-cuit offert par celui-ci quelques minutes plus tôt.

En cours d’histoire, les invités derrière lui se sont assis au sol, comme pour signifier qu’avec Michel Barrette, les récits sont toujours longs. Quelques secondes plus tard, alors qu’il entamait un discours semblable à l’égard de son fils Martin, un technicien est venu porter des bouteilles d’eau, laissant croire qu’on en avait pour longtemps. Michel Barrette, qui avait d’abord l’intention de parler de ses quatre enfants, s’est alors ravisé.

«Je ne veux vraiment pas prendre de votre temps», a-t-il promis, dans l’hilarité générale. Dans ce qui a probablement été le plus long laïus de remerciements de l’histoire des galas hommages Juste pour rire, Michel Barrette est allé voir un à un les artisans de «sa» soirée.

«À soir, crisse que je suis content de pas avoir sauté!», a-t-il lancé en guise de conclusion, avant de recevoir une nouvelle dose d’affection du public et des siens.