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Juste pour rire : 10 secrets sur «Roméo et Juliette» (PHOTOS)

25/07/2016 07:30 EDT | Actualisé 25/07/2016 07:44 EDT
Pamela Lajeunesse

C’est soir de première médiatique au Théâtre du Nouveau Monde (TNM), ce lundi, pour Roméo et Juliette, nouvelle méga-production chapeautée par Juste pour rire, qui tiendra l’affiche jusqu’au 20 août.

On a de nouveau fait appel au metteur en scène Serge Denoncourt, qui a créé des tabacs avec Cyrano de Bergerac en 2014 et Les trois mousquetaires en 2015, pour réinventer la rivalité entre les clans ennemis des Capulet et des Montaigu, mais aussi la bouleversante romance entre les jeunes Roméo et Juliette, amoureux éperdus et victimes innocentes d’un conflit qui ne les regarde pas.

«Roméo et Juliette»

Déclaration d’amour au balcon, mariage secret, bannissement de la ville de Roméo, stratagème de Juliette pour retrouver son tendre, puis suicide des tourtereaux et réconciliation des deux familles en marge du tragique destin de ses cadets, tous les éléments de la trame de ce classique des classiques y sont, «sur fond d’extrême droite». Le texte en français est signé Normand Chaurette.

Une vingtaine d’acteurs entourent les piliers Philippe Thibault-Denis (Roméo) et Marianne Fortier (Juliette) et portent le drame : Mikhaïl Ahooja, Nathalie Breuer, Jean-François Casabonne, Guillaume Cyr, Debbie Lynch-White, Jean-Moïse Martin, Benoît McGinnis, Jean-François Pichette, Catherine Proulx-Lemay, Sarah Labbé-Cloutier, Guillaume Gauthier, Mathieu Richard, Simon Pigeon, Alex Bergeron, Lévis Doré, Gabriel Lemire et Guillaume Rodrigue.

Voici 10 secrets sur cette relecture de Roméo et Juliette.

1- Cette version de Roméo et Juliette est campée en 1937, en Italie, dans un contexte de violence, à l’aube de la guerre. «Tous les metteurs en scène se font leur Roméo et Juliette. C’est une pièce qui est tellement bonne que tout le monde peut en faire ce qu’il veut. Moi, ce que j’aime de Roméo et Juliette, c’est cette société qui vit une violence, une guerre presque civile, et ces amoureux doivent exister à travers cette violence. Je trouve que, présentement, sur la planète, il y a ça. Les jeunes vivent avec une peur du terrorisme, de la guerre, mais je ne voulais pas aller là-dedans littéralement. Donc, en réfléchissant, je me suis dit que la montée du fascisme, à l’époque, en Italie, avec ces jeunes, qui sont prise entre les fascistes et les non fascistes, ce serait intéressant. C’est une époque que j’aime et que je trouve belle sur scène», commente Serge Denoncourt.

«Chaque fois que c’est monté, les créateurs et les interprètes essaient d’être les plus honnêtes possible, estime Philippe Thibault-Denis. Si on change de vision, de metteur en scène, de sensibilité d’acteurs en changeant de gang, la proposition est différente. C’est un défi supplémentaire d’essayer de surprendre les gens dans une pièce qui a été jouée ici comme ailleurs. Certaines versions sont mythiques ; celle avec Leonardo DiCaprio, tout le monde l’a vue! C’est donc un défi de plus, oui, mais un défi galvanisant.»

2- Au Québec, au TNM, Roy Dupuis et Geneviève Rioux, en 1989, et Danny Gilmore et Isabelle Blais, en 1996, avaient incarné les célèbres amants de la légendaire histoire. Cette dernière année, Leonardo DiCaprio et Claire Danes ont marqué les mémoires de bien des adolescentes au grand écran dans le Romeo + Juliet de Baz Luhrmann. Puis, au cinéma québécois, le réalisateur Yves Desgagnés avait proposé sa vision moderne de l’œuvre en 2006, avec Thomas Lalonde et Charlotte Aubin.

«Roméo et Juliette, c’est tellement une bonne pièce qu’elle est jouée partout, tout le temps, dans le monde. En 2016, c’est le 400e anniversaire de la mort de Shakespeare (décédé le 23 avril 1616), alors il y aura probablement mille Roméo et Juliette, cette année, sur les scènes du monde entier. J’avais envie que nous aussi fassions partie des célébrations en montant la pièce au Québec aussi. Et moi, j’avais envie de la faire depuis 30 ans, depuis que j’ai 12 ans. Je l’ai vue à Londres, je n’ai jamais cessé d’y penser. C’est moi qui a proposé au TNM et Juste pour rire de recréer Roméo et Juliette. Alors j’ai profité de la mort de Shakespeare pour me faire un cadeau!», indique Serge Denoncourt en riant.

3- Philippe Thibault-Denis, qui a aujourd’hui 27 ans, avait d’ailleurs auditionné pour le film Roméo et Juliette d’Yves Desgagnés. La maison de production Cinémaginaire avait organisé des auditions publiques pour trouver ses jeunes têtes d’affiche.

«J’avais 13 ans, se souvient le comédien. Ils avaient vu des centaines, voire des milliers de personnes. Tout le monde s’était essayé!»

«Moi, ils ne voulaient pas que je passe l’audition, parce que je venais juste de faire un casting avec Cinémaginaire, se remémore à son tour Marianne Fortier. Ils avaient déjà fait une audition publique pour Aurore, c’est ainsi que j’avais obtenu le rôle-titre ; ils m’avaient donc dit que ça ne serait pas logique de me reprendre au terme d’un deuxième casting public, pour Roméo et Juliette.»

4- Il s’agit d’une première expérience sur les planches pour Marianne Fortier, qui a en revanche beaucoup joué au cinéma (Aurore, Maman est chez le coiffeur, Premier amour) et à la télévision (Pour Sarah, Le berceau des anges).

«Au départ, avant de la voir en audition, je ne partais pas en me disant que ça serait Marianne, explique Serge Denoncourt. Mais quand je l’ai vue, je n’ai plus hésité du tout.»

«C’est un grand défi, renchérit Marianne Fortier. Mais d’en être consciente, c’est une bonne chose, en partant. J’ai eu un coach pour les techniques de voix, et Serge est un comédien et un metteur en scène brillant. Je me sentais entre bonnes mains, je savais que j’aurais l’entourage qu’il fallait pour être solide pendant les répétitions et les représentations. C’est sûr que c’est épeurant ; c’est vraiment de commencer par la grande porte! Juste la journée du dévoilement de la distribution aux médias, je suis entrée dans le TNM, mais je ne savais pas où aller! (rires) J’ai donc un peu l’impression de recommencer à zéro, mais c’est génial. J’apprends tous les jours, je m’habitue à de nouveaux repères, c’est très enrichissant. Et je pense que c’est un bon timing dans ma carrière ; j’ai fait de la télé, du cinéma, et aujourd’hui, clac, un gros rôle au théâtre.»

5 - Bien qu’il ait collaboré avec Philippe Thibault-Denis dans Les liaisons dangereuses, Cyrano de Bergerac et Les trois mousquetaires, Serge Denoncourt ne songeait pas d’emblée à son protégé lorsqu’est venu le temps d’attribuer le rôle de Roméo.

«Philippe, je ne le voyais pas du tout en Roméo, parce que c’est trop mon ami, étant donné que ça fait quatre pièces qu’on fait ensemble. On n’a pas un rapport romantique, lui et moi. Alors j’avais de la misère à l’imaginer dans le personnage. Il n’était pas fâché que je ne le convoque pas en audition, mais il m’a demandé s’il pouvait essayer de me prouver qu’il en était capable. J’ai dit : «Oui, Philippe, mais je ne pense pas…» Et il a finalement fait une audition exceptionnelle. J’ai sollicité l’avis des gens autour de moi, qui m’ont confirmé que je devrais le choisir, même s’il est un peu «ma» découverte», détaille Serge Denoncourt.

«À notre âge, on peut jouer des personnages de 15 ou 17 ans, signale Philippe Thibault-Denis. Je n’aurais pas pu jouer Roméo dans cinq ans. Il y a quelque chose de spécial dans le fait de se dire qu’on l’aura fait et qu’on passera ensuite à autre chose.»

6- Serge Denoncourt dit avoir été charmé par l’énergie qui se dégage du duo formé par Marianne et Philippe sous les projecteurs.

«Ils ont une chimie, une lumière, quelque chose qui ne se décrit pas en mots. Ils sont arrivés sur scène et on avait l’impression qu’il y avait une lumière à l’intérieur d’eux. Même chose quand on a fait la photo de l’affiche. Pour moi, ils ne sont pas Philippe et Marianne, ils sont Roméo et Juliette. C’est comme si, comme metteur en scène, mes personnages m’étaient apparus en pleine audition. Juliette, je la voulais comme ça. Marianne est une fille très décidée, dans la vie, mais sur scène, elle est vulnérable. Elle a 22 ans mais, à l’audition, elle avait l’air d’en avoir 14. J’ai rapidement réalisé que j’avais ma Juliette et ça, pour un metteur en scène, c’est très le fun.»

7 - Le metteur en scène confie adorer travailler avec de jeunes acteurs.

«J’adore ça. C’est beaucoup de travail, mais j’aime ça. Découvrir de nouveaux visages, c’est agréable, leur énergie est unique. C’est moi qui voulais travailler avec des jeunes. Et ça crée vraiment l’esprit de Roméo et Juliette.»

8 - Le créateur François Barbeau, décédé en janvier dernier, devait concevoir les costumes de Roméo et Juliette, inspirés de la mode italienne des années 30. Serge Denoncourt a décidé de continuer dans la lignée de ce que son ami aurait fait, pour lui rendre dignement hommage.

«On est partis des dessins, des réunions qu’on a eues avec lui, des tissus qu’on avait déjà vus. Son assistant, Pierre-Guy Lapointe, et moi, on a essayé de faire les costumes que François aurait faits, de se rapprocher de sa vision. Et pour la scène du bal masqué, on a utilisé les plus beaux costumes de François, qui étaient rangés dans un costumier, pour lui rendre un hommage vivant, muséal. Tous ses amis m’ont dit que c’était une très bonne idée.»

9 - La scénographie de Roméo et Juliette, signée Guillaume Lord, suggère la cour intérieure d’une immense villa italienne, qui se transformera en différents lieux, au gré des éclairages de Martin Labrecque.

10 - Philippe Thibault-Denis et Marianne Fortier ne craignent pas les rumeurs de relation amoureuse qui pourraient circuler à force qu’on les voie travailler longtemps ensemble.

«Le théâtre n’est pas si pire, pour ça, je trouve, juge Philippe Thibault-Denis. Marianne et moi sommes chacun en couple de notre côté. Je pense qu’elle aime son copain, moi j’adore ma copine…»

«Moi, je m’en fous, tranche Marianne Fortier. Je retourne chez nous, mon chum est là, et je suis bien! Alors ça ne me dérange pas, je trouve ça juste drôle!»

Voir aussi:

«Roméo et Juliette» au Théâtre du Nouveau Monde