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Gala Hommage Juste pour rire: le 25 juillet, date symbolique pour Michel Barrette

25/07/2016 02:52 EDT | Actualisé 25/07/2016 03:00 EDT

Le 25 juillet 1974, c’était un jeudi, Michel Barrette avait 17 ans, il était à Old Orchard et il faisait l’amour pour la première fois avec une certaine Sue O’Bryan. 42 ans plus tard, à pareille date, le Festival Juste pour rire lui rend hommage pour ses chargés 33 ans de carrière. Un hasard qui fait sourire, c’est le moins qu’on puisse dire.

«Ce soir-là, c’était notre dernier soir à Old Orchard, se remémore l’humoriste. On est allés prendre une marche sur la plage. On s’est retrouvés sous le pier, et pour la première fois de ma vie… On n’aurait pas fait un film avec ça! Après coup, elle m’a donné une bague, j’y ai glissé mon doigt, et j’ai dit: jamais de ma vie je ne vais l’enlever.»

Ce disant, Michel Barrette exhibe le doigt autour duquel trône le bijou.

«J’ai demandé à toutes les filles avec qui j’ai eu des relations sérieuses, dans la vie, si la bague les dérangeait, mais elles m’ont toutes répondu que non, parce que la bague représente ce qu’elles pensent de moi. J’ai été la plus grande guidoune du show-business, mais je suis foncièrement, d’abord et avant tout, un gars fleur bleue qui a encore 17 ans. Il y a une grande part de vérité dans ça», avance Michel Barrette.

Cette importante éphéméride mentionnée, en sera-t-il question ce soir, à la Salle Wilfrid-Pelletier, dans le Gala Hommage qu’animera François Morency, qui reprend ainsi le flambeau après les 10 ans où Stéphan Bureau a été maître à bord?

«On prendra une minute de silence pour rendre hommage», blague François Morency.

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Homme-orchestre

Trêve de nostalgie. Ou plutôt, restons dans la nostalgie, mais dans un registre un peu différent. Jasons des 33 ans de métier de Michel Barrette, de 16 films, des 12 séries à la télévision, des 11 one man shows et de l’album de Noël qui jalonnent son curriculm vitae. Sans compter ses années dans l’armée et son bagage d’homme d’affaires. Et sa passion pour les voitures. Et sa réputation d’inénarrable coureur de jupons. Et alouette.

«Michel Barrette incarne une polyvalence, indique François Morency. Il est dans le décor médiatique québécois depuis 33 ans, non stop, et il a tout fait, absolument tout: ce n’est pas juste un humoriste, c’est un acteur accompli, un animateur, il a été porte-parole d’à peu près tout ce qui bouge. Il y a donc beaucoup de matière. Il est capable d’être très crédible dans une scène hyper dramatique et, le même soir, d’aller faire un show d’humour.»

«C’est un homme-orchestre. Plusieurs s’essaient à être homme-orchestre, mais rares sont ceux qui ont le choix des possibilités. C’est bon, quand tu peux regarder ta carrière et te dire que tu as touché à autant de trucs, que tout a marché et qu’en aucun cas, tu n’étais pas à ta place. Ça doit être valorisant pour lui…»

«Juste sa vie personnelle est archi riche d’événements saugrenus. Toutes les jobs qu’il a eues quand il était plus jeune… Il y a bien du stock très inspirant pour faire des numéros, de la parodie.»

«En plus, j’ai une bonne relation avec Barrette, complète François Morency. On se connaît. On n’a jamais travaillé ensemble en tant que tel, mais c’est un gars avec qui j’ai plein d’affinités et le respect est mutuel, alors je peux aller dans des zones plus délicates. Quand je l’agace, il trouve ça drôle.»

Les limites de l’industrie

Quand la direction de Juste pour rire l’a convoqué à ses bureaux pour lui proposer d’être la vedette du Gala Hommage 2016, Michel Barrette ne devinait pas ce qu’on allait lui demander. Il s’attendait plutôt à se faire offrir un nouveau contrat de série ou autre projet de même nature.

«J’ai eu de la misère à le croire au début. Puis, je l’ai un peu oublié, jusqu’à ce qu’on m’annonce qu’il y avait une date fixée et deux rencontres prévues», relate le principal intéressé qui, évidemment, ne sait rien de ce qui l’attend et passera de surprise en surprise pendant 120 minutes. Mais Michel Barrette fait pleinement confiance à François Morency et son équipe.

«Ce sera la première fois où je vais être assis dans une salle pendant deux heures et où je n’aurai pas mon mot à dire. Mais François est tellement travaillant, et il ne fait pas les choses à moitié. S’il fait quelque chose, il se donne à 100%, sinon, il ne le fait pas. Et ça m’a rassuré. Parce que je l’aime, et parce que je sais que ce qu’il va livrer va être achevé, surprenant. Il ne tombera pas dans la facilité, il va aller ailleurs. Ce serait facile de tomber dans les évidences, entre deux jokes de chars et deux jokes de filles – même si c’est déjà la moitié de ma carrière (rires) – alors qu’en réalité, il en sait beaucoup plus que les gens en savent, parce qu’il me connaît mieux que la plupart des Québécois. Et le public aussi va être surpris.»

Professionnellement, Michel Barrette dit ne pas accorder une importance démesurée aux fleurs et aux éloges.

«Je n’ai pas été habitué à ça. On ne m’a pas souvent «hommagé». Les seules fois où j’ai été chercher des trophées, c’étaient des prix remis par le public. Je n’ai jamais été récompensé par l’industrie.»

«Par contre, aucun acteur ne m’a fait sentir que je n’avais pas ma place sur un plateau, aucun humoriste ne m’a fait sentir que je n’avais pas ma place parmi eux, et de plus en plus, reconnaît Michel Barrette. Je sens chez les jeunes beaucoup de gentillesse et d’authenticité. Mais il y a aussi une industrie derrière tout ça, des gérants, des votes, des galas, une business. Il y a donc des gagnants et des perdants, et j’ai fini par comprendre pourquoi et en faire mon deuil. Si le public m’apprécie, c’est le plus important, car c’est eux que je veux divertir et toucher. La vraie récompense vient du public. Et les autres artistes ne m’ont jamais regardé de travers.»

«Là, je vais être dans la salle et je vais profiter du spectacle. Et je vais en garder de beaux souvenirs», ajoute l’homme de 59 ans, qui se dit spécialement heureux que son fils de 9 ans, Jonathan (le cadet de ses quatre garçons) ait ainsi l’opportunité d’en apprendre beaucoup sur la vie de son papa.

«Il me connaît, je suis son père, il vient voir mes shows et à la fin des représentations, il monte sur la scène. Mais il ne connaît pas mon passé. Je ne me suis pas assis avec lui pour lui montrer des épisodes de Scoop, du Gentleman ou des numéros de Hi! Ha! Tremblay. Pour lui, Hi! Ha!, c’est un bonhomme d’une autre époque. Un survol comme ça, c’est un beau cadeau pour ceux qui restent.»

Réinventer le concept

Avec cette nouvelle décennie de Galas Hommages – il y en a eu 11 jusqu’à présent, qui ont célébré François Pérusse, Gilles Latulippe, Jean-Marc Parent, Denise Filiatrault, RBO, Claude Meunier, Dominique Michel et plusieurs autres -, Juste pour rire entame une nouvelle ère avec un nouvel animateur et concepteur en la personne de François Morency.

Stéphan Bureau ayant souvent répété combien la tâche d’orchestrer le Gala Hommage était titanesque, avec sa somme considérable de recherches et ses maintes entrevues avec «l’hommagé(e)» requises, ses idées géniales à trouver et ses nombreuses répétitions à mener, toutes guidées par la peur de ne pas décevoir l’invité(e) d’honneur, comment Morency compte-t-il mettre l’entreprise à sa main?

«Stéphan avait sa façon de faire et son style, répond-il. Moi, quand je suis dans un gala (NDLR : Morency a animé des Galas Artis et Olivier, ainsi que 10 Galas Juste pour rire), je suis complètement là. Je m’implique dans l’écriture, dans la conception, dans la créativité, dans les numéros, je ne suis pas seulement un maître de cérémonie. Je vais donc être dans plusieurs numéros ce soir. Je ne suis pas un liseur de cartons, je ne suis pas un animateur qui arrive la veille et qui se fait dire: lis le télésouffleur et fais le beau garçon.»

«Le Gala Hommage, je trouve que c’est parfait. C’est une soirée complète, où tout ce que j’aime est réuni: on peut faire des bien-cuits, de la parodie, de l’imitation, on peut être touchants en allant chercher les éléments de la vie de cette personne qui méritent d’être soulignés, d’être vus, et l’émouvoir. J’ai participé à plusieurs Galas Hommages comme artiste invité. J’ai vu du monde craquer. J’ai vu Gilles Latulippe, qui n’avait jamais pleuré de sa vie, fondre comme un enfant en entrant dans le théâtre. J’ai fait un bien-cuit pour RBO. Ce sont des galas le fun, parce que tout le monde dans la salle est fan de la personne. Alors, ils en connaissent autant que toi sur lui. Et je trouve que ça permet de faire un show qui touche plusieurs aspects. On peut faire des numéros de musique, de théâtre, des vidéos, etc. C’est un spectacle très riche, où il y a beaucoup de possibilités, de matière première, et si tu as un «hommagé» qui, comme Barrette, a fait mille affaires, le seul problème, c’est de choisir», poursuit François Morency, qui était aussi des coups de chapeaux à François Pérusse l’an dernier, et aux 30 ans de Juste pour rire en 2012.

François Morency, qui terminait les deux ans de tournée de Furieusement calme au début de l’été, dit avoir déjà un «plan de match» concocté en vue des Galas Hommages de 2017 et de 2018, même si aucun nom de personnes à encenser n’a été annoncé officiellement.

«Moi je suis un fan d’humour. Le premier meeting qu’on a eu à Juste pour rire, quand on m’a offert d’animer les hommages pour quelques années, j’ai dit: «Oui, mais entendons-nous sur qui on va hommager avant.» C’était important d’avoir des artistes qui m’inspirent et qui ont, à mon avis, le bagage suffisant pour nourrir un show de deux heures. On s’est rapidement entendus sur deux ou trois noms», conclut-il.

Le Gala Hommage à Michel Barrette est présenté ce soir, lundi 25 juillet, à 20h, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, et sera disponible sur Illico mardi. Le Festival Juste pour rire se poursuit jusqu'au samedi 30 juillet.

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