DIVERTISSEMENT

Juste pour rire: soirée complètement folle pour les Denis Drolet et Dominic et Martin

23/07/2016 11:48 EDT | Actualisé 23/07/2016 11:48 EDT

Le Gala Juste pour rire sur les «Rationnels» versus les «Fuckés», vendredi, a débuté dans un décor de Noël, avec sapins, chandails aux couleurs de la fête, lutins et… animateurs consternés parce qu’en fait, ce segment en rouge et vert aurait dû conclure le spectacle et non pas l’ouvrir. La régisseuse, en panique, est venue avertir Dominic et Martin et les Denis Drolet que ça n’allait pas, mais pas du tout. Eux se réjouissaient en contrepartie d’avoir Mister T avec eux sur scène… On riait déjà. Et c’était parti pour 100 minutes «en compagnie de ce que le Québec a créé de plus fucké depuis Jojo Savard», dixit nos hôtes.

Numéros travaillés, jolies trouvailles de la part des tandems à l’animation, qui sont intervenus à plusieurs reprises, beaucoup de rationnel, mais aussi beaucoup d’absurde, cette nouvelle tranche des «Rivalités des Québécois» s’est avérée savoureuse et souvent hilarante. Et les gens dans la salle se sont bidonnés, mais ont aussi fait preuve d’un trop rare esprit critique en n’ovationnant pas debout chaque invité. Les Denis et Dominic et Martin peuvent dire mission accomplie, après ce gala équilibré et rythmé.

Nos coups de cœur de la soirée : Martin Perizzolo et Gabriel D’Almeida Freitas

Les animateurs

En guise de mot de bienvenue, les Denis Drolet et Dominic et Martin se sont confrontés avec véhémence, avec des «insultes» décapantes, à savoir lequel des deux duos était le plus «fucké». «On dirait qu’une bombe atomique est tombée sur les Sœurs Boulay», a martelé Dominic Sillon aux Denis. «On est comme les Classels qui se seraient roulés dans le chocolat», a répliqué le Denis «à palettes». Au final, nos joyeux lurons ont déterminé qu’on est toujours le «fucké» de quelqu’un d’autre. Pour sceller leur amitié, ils ont dansé avec Monsieur Net, ont essayé de faire

exploser Messmer en demandant aux spectateurs de se tenir la main, et les Denis se sont même embrassés goulument à la fin. Sincèrement, on aurait pris 100 minutes juste avec eux tant c’était déjanté!

Guillaume Wagner

Lui qui avait concocté sept numéros originaux pour chacun des Galas Juste pour rire l’an dernier, Guillaume Wagner a simplement utilisé du matériel – dont certaines blagues très crues - de son dernier one man show pour faire rire, vendredi. Il a exposé les différences entre les hommes et les femmes en couple, jugeant que ces dernières sont plus rationnelles que leurs vis-à-vis. «N’écoutez jamais les conseils de vos amies de filles (…) Vous êtes trop positives, trop optimistes, vous donnez les pires conseils.» «Un gars en couple, ça chiale 24 heures sur 24», a-t-il aussi tranché. Son tour de piste s’est terminé avec une analyse on ne peut plus claire de la sexualité homosexuelle… «C’était-tu trop raide, pour un début de gala?» Pour les oreilles non-averties, peut-être!

Yannick de Martino

Avec son univers pour le moins décalé, Yannick de Martino avait pleinement sa place dans ce gala sur les «Rationnels» et les «Fuckés». Ses lignes absurdes déclamées à l’emporte-pièces, sur le même ton qu’un Pierre Légaré, ont, individuellement, suscité des réactions inégales mais, dans l’ensemble, le public lui a réservé un excellent accueil. «Allô», a-t-il déclaré en entrant. «Le reste, par contre, je vais le faire en français.» «Le verbe regarder, c’est pas le verbe «garder» une deuxième fois.» «Merci bien d’avoir failli applaudir». À l’inventeur du jeu Serpents et échelles, il aimerait expliquer que «le contraire d’une échelle, c’est pas tant que ça un serpent». Le végétarisme de son ami, il affirme être «cool avec ça, parce que ça ne [me] regarde pas». À petites doses, le style de Yannick de Martino passe bien ; lui reste à trouver le ton juste pour que son petit monde tienne efficacement le temps d’un spectacle complet.

Martin Perizzolo

Le délire sur la salade mesclun de Martin Perizzolo était absolument délicieux. Bref historique de l’invention de ladite salade, description de ce mélange de «cinq salades qui n’ont pas la même espérance de vie», anticipation du sort qui attend le père Franciscain qui a mis la recette au point («Depuis que je mange de la salade mesclun, j’espère tellement que le karma existe»), Perizzolo avait de la chair autour de l’os dans son monologue, visiblement travaillé. On adore. Sa réflexion sur les médicaments pour l’estomac était également songée. Selon lui, de la manière dont le remède agit, «c’est comme suggérer à une femme battue de porter un casque».

«L’Ovale»

Charles Lafortune s’est amené sur scène pour piloter une joute, non pas du Cercle, mais de L’Ovale, dans un décor rappelant en tous points le défunt jeu de TVA. Ses concurrents, Dominic et Martin et les Denis Drolet, ne lui ont pas rendu la vie facile. Le Denis barbu a décrété qu’il aurait préféré avoir Charles Lafortune comme animateur. «Lui, je l’adore. Toi, tu me dégueules, à date», a-t-il vociféré à… Charles Lafortune. Dominic Sillon a balancé que la salmonellose est une épice grecque, le Denis barbu a répondu que la dyslexie est une maladie qui commence par la lettre S, on a confondu « Donia Benezra» et Denis Lévesque. «Vous êtes en feu», a remarqué Charles Lafortune. «En Fort McMurray», a riposté Denis barbu. «On s’éloigne de plus en plus», a enchaîné Lafortune. «Le retour des Nordiques», ont entonné les joueurs en chœur. « Faut que ça arrête», s’est emporté l’animateur. «Unité 9», ont scandé nos moineaux. Bref, c’était la folie.

Billy Tellier

Billy Tellier n’a rien cassé avec sa petite tirade sur la course et ses adeptes. C’était amusant sans être désopilant. Tellier a tourné en dérision les cours de jogging et l’habillement des coureurs. «Un sport, c’a des légendes. Le hockey, c’est Wayne Gretzky. Le baseball, c’est Babe Ruth. Le marathon, c’est Forrest Gump…»

Gabriel D’Almeida Freitas

Le jeune Gabriel D’Almeida Freitas, qui vivait son premier Gala Juste pour rire, a été remarquable. Drôle de bibitte qui utilise autant l’humour verbal que physique, il s’est présenté au public en dansant béatement ; déjà, la salle était hilare. Il a tenté d’embarquer le parterre dans une impossible chanson à répondre, essayé de prouver qu’un bon numéro d’humour génère un rire aux sept secondes – en ne disant pas un mot – et a simulé un faux tour d’hypnose avec une spectatrice. «Un gâteau aux carottes, ça goûte les carottes, un gâteau au fromage, ça goûte le fromage, un gâteau Reine Élizabeth, what the fuck?» D’Almeida Freitas, qui a entre autres écrit pour SNL Québec et En mode Salvail, est clairement unique en son genre. On en aurait pris encore plus.

Mario Jean

Le récit du régime de Mario Jean aurait été sympathique, ni plus ni moins — quoique ses clins d’œil au chou kale et au poulet de grain étaient très à propos — si les Denis Drolet et Dominic et Martin ne s’étaient pas amenés en plein milieu pour l’interrompre. Mario Jean avait alors abordé le sujet d’un récent vol d’identité dont il a été victime sur un site de rencontres. Il n’en fallait pas plus pour que les animateurs du Gala s’imaginent que ce n’était pas le «vrai» Mario Jean qui était avec eux à Wilfrid-Pelletier. Un ajout sympathique à la performance de l’humoriste.

Maxim Martin

Maxim Martin y est allé d’observations terre-à-terre, se rangeant sans doute du côté des «Rationnels». La «vapoteuse», la tendance des Québécois à la victimisation, des paroles corrosives à l’endroit de Jérémy Gabriel («On s’entend que, s’il passe à La voix, il n’y a pas un fauteuil qui se vire de bord. Même Lapointe, saoul et gelé, ne se vire pas de bord») et la chasse aux Pokémons sont les clous sur lesquels il a tapé. À propos d’un homme qui serait mort en chassant les Pokémons, Maxim Martin s’est emporté. «Il y a des gens qui ont dit que c’était donc bien triste. Non, sélection naturelle, estie! Si tu meurs en chassant des Pokémons, t’étais pas destiné à vivre bien, bien vieux…»

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