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Le temps a fini par donner raison à la persévérante Ariane Fortin

22/07/2016 12:15 EDT | Actualisé 22/07/2016 12:20 EDT
Bernard Weil via Getty Images
OSHAWA, ON - JULY 20 - Canada's Ariane Fortin (left) fights Francelis Carmona Paez, of Venezuala during the Pan Am Games Women's Middleweight (69-75kg) quarterfinals match July 20, 2015. (Bernard Weil/Toronto Star via Getty Images)

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, affirme Jean de La Fontaine dans «Le Lion et le rat.»

Ariane Fortin, privée du rendez-vous olympique de 2012 à la suite d'une défaite face à sa compatriote et amie Mary Spencer aux qualifications canadiennes, aurait pu tout plaquer. Après tout, comme elle le dit elle-même, elle ne fait pas de la boxe par obligation. Elle a plutôt décidé de s'accrocher.

«La seule fois où j'ai vraiment pensé à arrêter de boxer, c'est après les Jeux de Londres, raconte la boxeuse de 31 ans de Saint-Nicolas, en banlieue de Québec. Je me suis alors dit que je retournerais une dernière fois aux Championnats canadiens, et que si je ne pouvais pas battre Mary, j'arrêterais.»

Arrêter. Cette éventualité était très réelle pour elle. À un point tel que même si elle avait besoin d'un nouveau casque protecteur avant les nationaux, elle a décidé de ne pas investir les quelque 130 $ qu'il coûtait.

«Je me disais que je ne boxerais peut-être plus deux mois plus tard.»

Ces championnats nationaux l'ont plutôt relancée. Après avoir battu Spencer non pas une, mais deux fois afin de lui ravir sa place au sein de l'équipe nationale, la championne du monde 2006 et 2008 a repris le chemin du gymnase.

«À partir de ce moment-là, je m'embarquais jusqu'à Rio, c'était très clair, a dit celle qui a commencé à boxer à l'âge de 16 ans, après avoir visionné le film 'La Pugiliste'. Je n'ai jamais eu à me demander si je continuais: je me voyais aux Jeux. J'ai accompli beaucoup de choses en boxe, j'ai vraiment eu une belle carrière, mais il manquait la cerise sur mon sundae: les Jeux olympiques. C'était clair que c'était ce que je voulais.

«Ça ne veut pas dire que je ne me suis pas remise en question. J'ai connu une année difficile à mon retour sur la scène internationale, après n'avoir participé qu'à peu de tournois pendant que j'étais avec l'équipe B, alors que Mary, avec l'équipe A, les avait tous faits. Le calibre avait vraiment augmenté. J'avais un petit peu moins confiance à ce moment-là, mais mes résultats m'ont encouragée.»

Et comment! Elle a terminé troisième aux Championnats du monde et deuxième des Championnats panaméricains et des Jeux du Commonwealth en 2014. En mars dernier, c'était la consécration. En battant Andreia de Oliveira Bandeira en demi-finales des qualifications continentales à Buenos Aires, en Argentine, Fortin obtenait, quatre ans plus tard, sa qualification olympique.

«J'ai ressenti beaucoup de fierté d'avoir persévéré, du chemin parcouru pour me rendre là. (...) Ç'a été vraiment, vraiment dur. Je pense qu'il n'y a que les gens de mon entourage qui peuvent le comprendre. En 2012, je savais que je faisais partie de l'élite et que j'avais ma place. Maintenant, c'est officiel, noir sur blanc. J'appartiens au top, à la crème de la crème. Nous ne serons que 12 dans ma division (75 kg), et moi je suis là-dedans.»

Elle ne se gêne pas pour dire qu'il s'agit de «l'accomplissement d'une carrière».

Résiliente

Quand on lui fait part de la résilience dont elle a dû faire preuve pour se qualifier, Fortin ne le réalise pas pleinement.

«C'est davantage les gens autour de moi qui m'ont fait remarquer que j'aurais pu tout lâcher. Mais je le voulais tellement fort, que ce n'était pas une question pour moi. Ce sont les gens autour qui m'ont parlé de cette résilience. Sans dire que ç'a été facile, parce que ça n'a pas été facile, je pense que c'est grâce à l'espoir et le fait d'y croire vraiment fort que j'ai pu continuer.

«J'ai un bon entourage, j'ai des parents exceptionnels, qui m'ont toujours donné le bon exemple, qui m'ont transmis des bonnes valeurs. Ma mère, Évelyne Brochu, dès mes premières petites bourses au sein d'Équipe Québec, me disait que je n'étais pas obligée de faire cela et que je pouvais arrêter n'importe quand. Mais je ne saurais pas mettre le doigt sur ce qui m'a motivée comme ça. La seule chose qui me vient en tête, c'est que j'y croyais, point.»

Fortin vise maintenant rien de moins que l'or olympique. Elle croit d'ailleurs que son dernier combat à Buenos Aires —une défaite en finale — lui a permis de décoder l'Américaine Claressa Shields, no1 mondiale et championne olympique en titre.

«Ce combat-là m'a fait réaliser que je peux la battre. (...) Plus je vais me battre avec elle, plus je vais me rapprocher et plus les juges verront que nous sommes vraiment dans la même classe. Avant, je le disais — et je le croyais —, mais là, je l'ai vraiment senti dans le ring. Nous sommes du même niveau et je suis capable de la battre. C'est concret, c'est faisable et c'est réaliste de penser que je peux battre cette fille-là. (...) Ça m'a donné le goût de retourner au gym et de travailler encore plus fort.»

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