POLITIQUE

Le commissaire à la santé peine à terminer ses travaux en cours

19/07/2016 10:41 EDT | Actualisé 19/07/2016 10:42 EDT

QUÉBEC – L’incertitude qui plane sur les employés du Commissaire à la santé et au bien-être met en péril plusieurs projets de recherche en cours.

Depuis l’annonce de l’abolition du poste de commissaire au printemps dernier, les employés désertent l’organisme qui est passé de 22 salariés à 8 aujourd’hui. Parmi ceux-ci, on comptait quinze agents de recherche en avril; ils ne sont plus que quatre désormais.

Plusieurs ont préféré se chercher un nouvel emploi, explique la responsable des communications du commissaire, Élaine Bernier.

«De la façon dont ça a été annoncé, on a nagé pas mal dans l’inconnu tout ce temps-là, dit-elle. Donc, les gens, quand ils ont eu l’occasion de trouver des postes qui leur convenaient, ils en ont profité parce qu’on ne savait pas ce qui nous attendait à l’autre bout.»

L’abolition du poste de commissaire a été annoncée dans le budget Leitao au printemps dernier, mais le projet de loi qui vise à transférer ses activités à l’Institut d’excellence en santé et en services sociaux n’a pas encore été déposé.

Impossible, donc, de savoir à quel moment l'organisme cessera ses activités. «On présume que [le dépôt du projet de loi] va se faire à l’automne. Donc, peut-être qu’on va terminer en octobre ou novembre, mais on ne le sait pas», dit Élaine Bernier. Les employés ne savent pas non plus quelles seront leurs conditions de travail une fois qu’ils seront intégrés à l’INESSS.

Quant au commissaire Robert Salois, il doit quitter pour la retraite le 12 août prochain, tel que prévu depuis un bon moment.

Travaux en péril

Au printemps dernier, Robert Salois disait craindre une perte d’indépendance pour les agents de recherche qui seront désormais rattachés à l’INESSS. Le ministre de la Santé, lui, assure que l’abolition du poste est «purement économique» et vise à mettre fin à un «chevauchement» avec la mission de l’INESSS.

Créé en 2006, le commissaire agit en «chien de garde» du réseau de la santé avec la mission de dresser périodiquement un état des lieux. Par exemple, il soulignait en juin dernier que les urgences du Québec affichent la pire performance du monde occidental.

En attendant la fermeture de l'organisme, les quelques agents de recherche restants tentent de compléter les quatre dossiers en cours. Ceux-ci portent sur la qualité des services, les indicateurs de performance, l’hébergement des personnes âgées et le panier de services assurés.

«On ne peut pas prédire, dans deux mois, combien de personnes il va rester dans notre équipe d'agents de recherche, souligne Élaine Bernier. Donc, on en fait le plus possible.»

Si l’équipe ne termine pas ses travaux à temps, les recherches pourraient être publiées sous forme «d’états des lieux», sans recommandations, explique Élaine Bernier.

«On a notre rapport d’appréciation globale qui va probablement être complet, dit-elle. Mais pour celui sur les plaintes et celui sur l’hébergement, ça va peut-être se transformer en recueils de notes ou en état de situation.» Les agents de recherche veulent ainsi laisser des «traces» de leurs travaux, au bénéfice d’autres chercheurs.

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