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Le coup d'État avorté en Turquie semble avoir renforcé le président Erdogan

16/07/2016 10:45 EDT | Actualisé 16/07/2016 10:45 EDT

Plutôt que de mener au renversement de l'homme fort de la Turquie, le coup d'État avorté de vendredi soir, qui a fait au moins 265 morts et 1400 blessés, semble avoir solidifié l'emprise du président Recep Tayyip Erdogan sur le pouvoir et renforcé sa popularité.

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de plusieurs villes turques tard samedi soir, brandissant des drapeaux et entonnant des chansons dans une grande démonstration d'appui à leur dirigeant de longue date. Pendant ce temps, les forces de sécurité loyales au président poursuivaient les arrestations de membres de l'armée considérés comme des partisans du putsch et lançaient une purge parmi les juges considérés comme des opposants au gouvernement.

L'aéroport international d'Istanbul a repris ses activités en fin d'après-midi, samedi, après avoir été forcé de les suspendre durant près de 24 heures. Mais seuls les transporteurs nationaux ont recommencé à atterrir à Istanbul dans l'immédiat, les autres préférant attendre encore une journée pour s'assurer du retour à la normale.

Les autorités turques ont arrêté plus de 2800 personnes, tandis que M. Erdogan a promis que les responsables du coup d'État avorté paieraient le prix fort pour leur trahison. Le président turc a également demandé que les États-Unis extradent l'imam qu'il met en cause dans l'organisation du putsch, Fethullah Gülen.

L'imam en question a nié toute implication dans le soulèvement politique et a condamné la tentative de coup d'État.

"Un gouvernement doit être instauré suivant des élections justes et libres et non par la force", a-t-il dit. Il s'est dit offusqué de faire l'objet de telles accusations, ayant lui-même vécu plusieurs coups d'État dans les cinq dernières décennies.

Après avoir affirmé avoir repris le contrôle sur la situation, dans la nuit de vendredi à samedi, les autorités turques ont arrêté des milliers de militaires et de juges qui, selon elles, étaient des alliés de M. Gülen. Plusieurs d'entre eux ont été atteints par balle.

La rébellion armée est survenue alors que le pays, un membre de l'OTAN et un allié important de l'Occident dans la lutte contre le groupe armé État islamique, traverse une période difficile sur le plan politique, une situation que certains observateurs mettent sur le compte de l'autoritarisme grandissant du président.

Le président turc a de nouveau appelé les citoyens à descendre dans les rues, samedi, pour se porter à la défense de la démocratie.

Dans l'après-midi, quand les tensions se sont apaisées, une atmosphère de fête flottait dans l'air et les Turcs ont afflué par milliers sur les places publiques de plusieurs villes du pays pour affirmer leur attachement à la démocratie. À Istanbul, la foule s'est rassemblée sur la place Taksim, où un homme recouvert d'un drapeau turc est monté sur un monument emblématique.

Des partisans du gouvernement ont marché dans la capitale, Ankara, alors des voitures klaxonnaient, apparemment pour exprimer leur appui. Certains se sont réunis devant le parlement et parmi les véhicules incendiés devant le palais présidentiel. Un homme s'est pris en égoportrait avec un policier devant un char abandonné.

"Nous sommes ici pour la démocratie, afin que le pays survive", a lancé le soldat à la retraite Nusret Tuzak au rassemblement à Ankara.

Le soulèvement ne semble pas avoir été soutenu par les hauts dirigeants de l'armée, et les principaux partis d'opposition turcs ont rapidement condamné la tentative de renverser le gouvernement. Selon le général Umit Dundar, les conspirateurs étaient essentiellement des officiers des forces aériennes, de la police militaire et des bataillons de chars.

Depuis qu'il est au pouvoir, Recep Tayyip Erdogan a chamboulé le gouvernement, réprimé la dissidence, limité la liberté de presse et repris les armes contre les rebelles kurdes. Il est resté à la tête du gouvernement en passant du poste de premier ministre à celui de président.

Le gouvernement turc subit également de la pression en raison de la présence en Turquie de millions de réfugiés ayant fui la guerre en Syrie et en Irak, et d'une série d'attentats sanglants qui, selon les autorités turques, auraient été commis par le groupe armé État islamique et les rebelles kurdes.

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