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La Turquie depuis l'arrivée au pouvoir de l'AKP

15/07/2016 09:44 EDT | Actualisé 15/07/2016 09:45 EDT

Rappel des principales dates depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) en Turquie, où l'armée a affirmé vendredi soir avoir pris le pouvoir.

2002

Le 3 novembre, l'AKP remporte les élections législatives, balayant une classe politique minée par les scandales et une crise financière.

Coup d'État raté en Turquie (juillet 2016)

2004

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan entreprend des réformes démocratiques et brise un tabou en autorisant le kurde à la télévision publique. Il obtient en octobre 2005 l'ouverture de négociations d'adhésion à l'Union européenne.

2007

Au printemps, l'AKP veut faire élire son candidat à la présidence de la République, suscitant une grave crise. L'armée menace d'intervenir en cas d'atteinte à la laïcité.

En juillet, l'AKP remporte des législatives anticipées et, le 28 août, les députés élisent président l'un de ses fondateurs, Abdullah Gül, dont l'épouse est voilée --une première--, comme celle de M. Erdogan.

Le gouvernement met alors progressivement au pas les militaires, auteurs de trois coups d'Etat depuis 1960, à la faveur de procès qui se concluent par des centaines de condamnations en 2012-2013.

2008

Le 9 février, les députés, qui veulent libéraliser le port du voile, amendent la Constitution afin de l'autoriser à l'université.

Mais le 5 juin, la Cour constitutionnelle annule l'amendement. Fin juillet, l'AKP échappe de justesse à une interdiction pour "activités allant à l'encontre de la laïcité".

Le port du voile est pratiqué néanmoins à l'université dès 2010, dans la fonction publique et au Parlement (2013) puis les lycées (2014), suscitant la colère de l'opposition.

2011

En juin, l'AKP remporte sa troisième victoire d'affilée aux législatives (près de 50% des voix). Erdogan entame un nouveau mandat.

2012

Le 22 juin, la défense syrienne abat un avion de chasse turc. D'autres incidents suivront. Ankara a rompu avec Damas dès le début de la révolte en 2011 et soutient la rébellion. Le pays accueille depuis 2,7 millions de réfugiés syriens.

2013

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), dont la guérilla a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, annonce en mars un cessez-le-feu qui tiendra jusqu'à mi-2015.

Le 31 mai, la contestation d'un projet d'urbanisme à Istanbul vire en fronde antigouvernementale violemment réprimée.

A la mi-décembre, un scandale de corruption éclabousse le sommet de l'Etat. M. Erdogan riposte en déclarant la guerre à ses anciens alliés de la confrérie de l'imam Fethullah Gülen, accusés de complot.

2014

Le gouvernement multiplie les purges anti-Gülen dans la police et la justice, fait voter des lois pour mieux contrôler magistrats et internet.

Il renoue aussi avec l'armée qui obtient la révision des grands procès d'officiers. Un non-lieu général clôturera en octobre le scandale de corruption.

Le 10 août, M. Erdogan est élu président dès le premier tour d'un scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel (52% des voix).

2015

Le 20 juillet, la Turquie est rattrapée par le conflit en Syrie avec un attentat suicide à Suruç, près de la frontière entre les deux pays, faisant 34 morts parmi de jeunes militants de la cause kurde.

Ankara engage le 24 juillet une "guerre contre le terrorisme" visant le PKK et les jihadistes de l'Etat islamique (EI) et participe en Syrie à la coalition antijihadiste dirigée par Washington.

Le 10 octobre, Ankara est frappée par l'attentat le plus meurtrier de son histoire, attribué à l'EI, qui fait 103 morts.

Le 1er novembre, l'AKP d'Erdogan remporte une large victoire aux législatives anticipées et retrouve la majorité absolue au Parlement, perdue en juin.

2016

Le 24 mai, le nouveau Premier ministre Binali Yildirim présente un gouvernement composé de fidèles d'Erdogan, succédant à Ahmet Davutoglu, en désaccord avec Erdogan. La Turquie renoue en juin avec Israël après six ans de froid et met fin à une crise avec la Russie.

Le 28 juin, 47 personnes sont tuées dans un triple attentat suicide à l'aéroport d'Istanbul, les autorités pointant du doigt l'EI. Depuis un an, plusieurs attentats à Istanbul et Ankara ont fait près de 200 morts et des milliers de blessés.

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