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Toronto approuve trois centres d'injection supervisée

14/07/2016 05:03 EDT | Actualisé 14/07/2016 05:05 EDT
Radio-Canada.ca

Les élus municipaux de Toronto ont voté majoritairement pour la création de trois centres d'injection supervisée. Ils seront ouverts dans des cliniques de santé publique dans le centre-ville et dans l'est de la métropole.

Un texte de Lyne-Françoise Pelletier

Les militants pour la réduction des méfaits applaudissent la décision du conseil municipal de Toronto. Plusieurs avaient la larme à l'oeil lorsque la décision a été prise.

Donna May a perdu sa fille, Jack, à la suite d'une surdose il y a quelques années. Elle aurait fêté ses 39 ans aujourd'hui, dit sa mère. « C'est tout un cadeau de fête », ajoute-t-elle.

Les trois centres d'injection supervisés seront intégrés à des cliniques de santé publique dans lesquelles il existe déjà des programmes d'aide et de réduction des méfaits pour les toxicomanes.

Le conseiller municipal Joe Mihevc dit que les cliniques de Queen Ouest, de Riverdale Sud et celle de Yonge-Dundas ont été choisies parce que ce sont à ces endroits que l'on retrouve la clientèle ciblée.

«Les centres d'injection supervisée doivent être là où il y a le plus de consommation de drogue.»

- Joe Mihevc, conseiller municipal et président du Bureau de la santé publique

Les toxicomanes utilisent les ruelles, les parcs et les toilettes des restaurants de service rapide pour se piquer.

Un problème de sécurité?

L'idée ne plaît cependant pas à tout le monde.

Le conseiller municipal Giorgio Mammoliti aurait préféré que les centres se trouvent dans des hôpitaux ou des pharmacies. Il s'inquiète aussi pour la sécurité des communautés où ces centres seront implantés.

Selon lui, ils ne font qu'attirer les trafiquants de drogues et leur clientèle. De plus, leur présence constitue un risque économique pour ces communautés, ajoute-t-il.

C'est « un argument bidon qui n'a aucun poids », estime un autre conseiller, Joe Cressy. Il dit qu'au contraire les recherches démontrent que les communautés sont plus sécuritaires lorsqu'elles accueillent des centres d'injection supervisée.

Il note que dans son quartier, où il y aura un centre d'injection supervisée, les associations de gens d'affaires, de commerçants et de résidents se sont toutes prononcées en faveur de sa mise en oeuvre.

D'autres étapes avant l'ouverture

La prochaine étape pour la Ville sera d'obtenir le feu vert des gouvernements fédéral et provincial.

Et si tout va bien, les centres d'injection supervisée pourraient ouvrir leurs portes en 2017.

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