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Royaume-Uni: Theresa May devient première ministre

13/07/2016 01:06 EDT | Actualisé 13/07/2016 01:07 EDT

Theresa May a été officiellement investie comme première ministre britannique mercredi et chargée par la reine Elizabeth II de former le nouveau gouvernement qui aura la lourde charge de mettre en oeuvre le Brexit

L'ancienne ministre de l'Intérieur, 59 ans, succède à David Cameron qui était venu peu auparavant remettre sa démission à la reine à Buckingham Palace.

Le premier ministre britannique David Cameron a remis mercredi sa démission à la reine Elizabeth II après avoir conseillé à Theresa May de rester "aussi proche que possible" de l'Union européenne, malgré le Brexit qu'elle devra mettre en œuvre.

Accompagné de son épouse Samantha et de ses trois enfants, M. Cameron est arrivé à Buckingham Palace pour une audience privée et à l'abri des caméras avec la monarque de 90 ans, alors que l’orage tonnait au dehors.

M. Cameron a fait le court trajet en voiture depuis le 10 Downing Street où, lors de sa dernière allocution en tant que premier ministre, il a souhaité à son pays qu'il "aime tant" de "continuer à réussir".

"Ca a été le plus grand honneur de ma vie de servir notre pays comme premier ministre ces six dernières années", a-t-il souligné avant de remercier, très ému, ses enfants et son épouse, "l'amour de (s)a vie".

"Cela n'a pas toujours été facile (...) mais aujourd'hui notre pays est plus fort", a-t-il encore dit louant son bilan économique, qui risque pourtant d'être terni pour toujours par le référendum du 23 juin en faveur de la sortie du pays de l'Union européenne.

Sous une pluie fine, il s'est réjoui de voir une femme lui succéder en la personne de Theresa May, estimant qu'elle sera une dirigeante "forte et stable".

Mme May, qui était sa ministre de l'Intérieur, devait se rendre dans la foulée à Buckingham Palace pour être intronisée comme nouvelle chef du gouvernement, moins de trois semaines après le vote en faveur du Brexit.

Elle deviendra, à 59 ans, la deuxième femme à prendre les rênes d'un exécutif britannique après Margaret Thatcher (1979-1990).

Lors de sa dernière séance de questions devant le Parlement, David Cameron l'a invitée à ne pas complètement tourner le dos aux 27 autres membres de l'union.

"Nous devons essayer d'être aussi proches de l'UE que possible", a-t-il déclaré.

"Il est vital pour notre industrie d'avoir un bon accès au marché unique, cela devra être une priorité", a ajouté M. Cameron, avant de recevoir une ovation debout des députés tories mais aussi de quelques travaillistes.

Theresa May devait annoncer dès mercredi soir une partie au moins du nouveau gouvernement que la presse britannique voit beaucoup plus féminin que le précédent, et assorti d'un ministre tout spécialement chargé du Brexit.

Des proches de Boris Johnson ont confié au Daily Telegraph que l'ancien maire de Londres, chef du file du camp du Brexit, espérait jouer un "rôle significatif".

Pression des Européens

Réputée pour sa détermination, sa force de travail mais aussi une certaine froideur, Mme May, une fille de pasteur, hérite d'un Royaume-Uni que le référendum a laissé sens dessus dessous, entre turbulences économiques et pression des dirigeants de l'UE pour que Londres engage au plus vite la procédure de divorce.

"Brexit signifie Brexit et nous en ferons un succès", a assuré Mme May lundi, ne laissant guère d'espoir à ceux qui rêvent de voir leur pays rester malgré tout dans le giron européen.

Cette eurosceptique, qui avait rejoint le camp du maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, avait auparavant prévenu qu'elle ne comptait pas activer l'article 50 du Traité de Lisbonne - qui lance le processus de sortie de l'UE - avant la fin de l'année.

Impatients de voir l'exécutif britannique clarifier ses intentions, les dirigeants européens n'ont pas attendu sa prise de fonctions pour présenter leurs doléances.

Un "sommet ou une rencontre" sur les suites du Brexit avec le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du Conseil italien Matteo Renzi se tiendra fin août en Italie.

Faisant écho aux propos de M. Cameron, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit favorable à "des relations aussi étroites que possibles avec le Royaume-Uni".

Les premiers jours de la nouvelle première ministre devraient également être scrutés de près par les marchés, en quête de certitudes après le choc du référendum.

Une nouvelle vie pour Cameron

La livre s'est reprise de plus de 4% par rapport à ses plus bas en 31 ans atteints la semaine dernière. Mais la Banque d'Angleterre pourrait assouplir dès jeudi sa politique monétaire afin de faire face à la détérioration des perspectives économiques du Royaume-Uni.

Pour David Cameron, qui avait prôné le maintien dans l'UE, c'est une nouvelle vie qui commence. Le dirigeant conservateur a remporté deux élections législatives (2010 et 2015), survécu au référendum d'indépendance de l'Ecosse... mais restera pour l'Histoire le premier ministre du Brexit.

Alors que le pays se dote d'un nouveau leader, l'opposition travailliste reste secouée par une profonde crise de leadership, énième répercussion du référendum.

Visé par une fronde de ses parlementaires, le chef du parti Jeremy Corbyn a remporté mardi soir une victoire cruciale contre ses opposants après la décision du comité exécutif du parti de l'autoriser à se présenter lors de nouvelles élections pour la direction du Labour.

Il sera défié par au moins deux candidats, Angela Eagle et Owen Smith.

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