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Mort du journaliste américain Sydney Schanberg, héros du film «La Déchirure»

09/07/2016 12:05 EDT | Actualisé 09/07/2016 12:06 EDT
ASSOCIATED PRESS
Journalist Sydney Schanberg poses for photographers after speaking to reporters in New York on Thursday, March 7, 1991. Schanberg is one of 16 news organizations and writers who filed a lawsuit challenging the Pentagon?s restrictions on the press coverage of the war in the Persian Gulf. (AP Photo/Mike Albans)

Le journaliste américain Sydney Schanberg, qui avait raconté la sanglante prise du pouvoir au Cambodge des Khmers rouges et fait l'objet du film "La Déchirure", est mort samedi à l'âge de 82 ans, ont annoncé un ami et son ancien employeur le New York Times.

Quand diplomates et journalistes quittent le pays à l'approche des Khmers rouges, conduits par le tyran Pol Pot sur Phnom Penh en 1975, Schanberg et son assistant et ami Dith Pran choisissent de rester.

Leur histoire a inspiré le film "La Déchirure", sorti en 1984 et réalisé par le Franco-Britannique Roland Joffé.

Sydney Schanberg, lauréat d'un prix Pulitzer, a subi une attaque cardiaque mardi et est mort samedi à Poughkeepsie, dans l'Etat de New York, a relaté sur son compte Facebook Charles Kaiser, un ami et ancien reporter du Times. "Syd était un grand écrivain, un reporter courageux et un modèle important pour moi", écrit M. Kaiser.

Le New York Times décrit Schanberg comme un "correspondant étranger quasi idéal: un aventurier qui prend des risques et se méfie des autorités, ne compte que sur lui-même en zone de guerre et écrit de manière saisissante sur les tyrans politiques et militaires, ainsi que sur la souffrance et la mort des victimes avec la passion d'un témoin de l'histoire".

Quand la violence et les exécutions par les Khmers rouges deviennent monnaie courante, Schanberg et Dith se réfugient à l'ambassade de France.

Mais Dith est expulsé et contraint de rejoindre des milliers de Cambodgiens qui doivent s'exiler à la campagne pour créer, sous la terreur, une nouvelle société agraire.

Les personnes éduquées ou issues des quartiers riches étaient les premières cibles du régime totalitaire. Environ 2 millions de personnes sont mortes dans ce génocide, assassinées ou mortes de faim et de maladie dans des camps de travail.

Après deux semaines à l'ambassade, Schanberg et d'autres étrangers sont transportés par camion en Thaïlande, d'où le journaliste envoie ses articles sur la chute de Phnom Penh.

Schanberg revient ensuite à New York, et aide la femme et les enfants de M. Dith à s'installer à San Francisco.

Schanberg remporte alors plusieurs prix journalistiques dont un Pulitzer, et se met la recherche de Dith, qui reste longtemps introuvable.

En 1978, le Vietnam envahit le Cambodge et renverse les Khmers rouges. Dith s'échappe en Thaïlande en 1979 et retrouve finalement Schanberg, qui va l'aider à trouver un emploi au New York Times et à déménager sa famille à New York.

Un article publié par Schanberg en 1980 dans le New York Times Magazine est devenu un livre qui a lui-même inspiré le film.

Pran, un "frère" pour le journaliste, est mort en 2008.

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