INTERNATIONAL

Deuil national au Bangladesh après le massacre jihadiste de Dacca

02/07/2016 10:23 EDT | Actualisé 02/07/2016 10:23 EDT

Le Bangladesh entame dimanche un deuil national de deux jours après le massacre commis dans un restaurant de Dacca par des jihadistes qui ont tué 20 otages, principalement des étrangers.

En annonçant ce deuil national lors d'une intervention télévisée samedi soir, la Première ministre du Bangladesh, Sheikh Hasina, a exhorté les extrémistes à "cesser de tuer au nom de la religion".

"C'est un acte odieux. Quel genre de musulmans sont ces gens ? Ils ne sont d'aucune religion", avait déclaré plus tôt Mme Hasina, qui dirige un pays majoritairement musulman.

Lors de l'attaque lancée vendredi soir et rapidement revendiquée par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), des hommes lourdement armés ont tué 20 otages, la plupart massacrés à l'arme blanche, avant que les forces de sécurité ne donnent l'assaut dans la matinée de samedi.

Parmi les otages tués se trouvent des Italiens, des Japonais et un Américain. Deux policiers bangladais ont également été tués au début de l'attaque.

Les survivants ont raconté que les preneurs d'otages avaient séparé les Bangladais des étrangers avant de se livrer au carnage qui a pris fin 11 heures plus tard avec l'intervention des forces de sécurité, qui ont tué six assaillants.

Cette prise d'otages d'une gravité inédite au Bangladesh intervient après des mois de violences marquées par les meurtres d'intellectuels et de membres de minorités religieuses, revendiqués par l'EI, dont le gouvernement nie toutefois la présence dans le pays.

Scène de massacre

Lors de leur intervention dans le restaurant Holey Artisan Bakery, très fréquenté par les étrangers et les diplomates, les forces de sécurité ont découvert une scène de massacre.

"Nous avons retrouvé 20 corps. La plupart (des victimes) ont été tuées brutalement à coups d'armes tranchantes", a dit le porte-parole de l'armée, Nayeem Ashfaq Chowdhury.

Un haut responsable de l'armée a dans un premier temps indiqué que toutes les victimes étaient étrangères, mais les médias locaux ont évoqué la mort de Bangladais.

L'Italie a annoncé la mort de neuf de ses ressortissants (quatre hommes et cinq femmes), un dixième étant porté disparu. Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a déploré "une perte douloureuse".

Le Japon a fait état de la mort de sept de ses ressortissants, cinq hommes et deux femmes qui se trouvaient au Bangladesh dans le cadre d'un programme de coopération. Un huitième Japonais se trouvait dans le restaurant mais a échappé à la mort.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a exprimé sa "profonde colère devant le fait que tant d'innocents ont perdu la vie en raison d'un terrorisme cruel et malfaisant".

Les Etats-Unis ont annoncé la mort d'un Américain. Le département d'Etat américain a condamné un "abject acte de terrorisme".

L'université Emory, en Géorgie (sud-est des Etats-Unis), a indiqué que "deux de ses étudiants, Abinta Kabir et Faraaz Hossain" faisaient partie des victimes, sans préciser leur nationalité.

L'Inde a confirmé la mort d'une étudiante indienne de 19 ans de l'Université de Berkeley (Californie).

Au moins 13 otages dont trois étrangers ont été secourus par les commandos lors de leur intervention. Outre les six assaillants tués, un septième a été arrêté.

Les jihadistes ont fait irruption dans l'établissement vendredi vers 21h20 (15h20 GMT) en criant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand), ouvrant le feu et faisant usage d'explosifs.

Étrangers séparés

Un otage a raconté à son père que les assaillants avaient séparé les Bangladais des étrangers. "Ils (les étrangers) ont été emmenés à l'étage tandis que les Bangladais restaient autour d'une table", a dit à l'AFP le père, Rezaul Karim.

Le pape François a dénoncé "des actes barbares qui sont des offenses faites à Dieu et l'humanité".

Le président français François Hollande a condamné "un attentat barbare". La Grande-Bretagne a exhorté ses ressortissants à éviter hôtels internationaux, supermarchés et restaurants.

Cette prise d'otages intervient après une longue série de meurtres au Bangladesh. Vendredi encore, un volontaire d'un temple hindou a été tué à coups de machette dans l'ouest du pays, et un prêtre hindou a été poignardé samedi dans le sud-ouest et se trouvait dans un état critique.

Le gouvernement attribue la responsabilité des meurtres à des groupes islamistes locaux.

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