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Ultime baiser de Rosetta à la comète Tchouri le 30 septembre (VIDÉO)

30/06/2016 08:10 EDT | Actualisé 30/06/2016 08:11 EDT

L'aventure de Rosetta, entamée il y a douze ans, s'achèvera par un baiser de la mort, lorsque la sonde européenne viendra se poser lentement sur la comète Tchouri où elle retrouvera le petit robot Philae endormi depuis des mois.

"Le 30 septembre marquera la fin des opérations de la sonde" en orbite autour de la comète 67P depuis août 2014, a confirmé Matt Taylor, responsable scientifique de la mission, cité dans un communiqué de l'Agence spatiale européenne (ESA).

A cette date, la comète Tchourioumov-Guérassimenko se trouvera à 573 millions de kilomètres du Soleil et à 719 millions de kilomètres de la Terre.

Lancée en 2004, la sonde, équipée de grands panneaux solaires, n'aura plus assez d'énergie pour fonctionner, explique à l'AFP Sylvain Lodiot, responsable des opérations de vol de Rosetta à l'ESOC (Centre européen d'opérations spatiales) à Darmstadt (Allemagne).

Plutôt que de laisser Rosetta se perdre dans le cosmos - une fin qui serait d'une "tristesse infinie" selon M. Lodiot -, l'ESA a opté pour un final net et spectaculaire.

"Pour conclure de façon magistrale sa mission, Rosetta, après une descente contrôlée inédite, ira rejoindre Philae et donnera un ultime baiser à sa comète", écrit avec lyrisme le CNES, l'agence spatiale française, dans un communiqué.

Le 30 septembre, la sonde, qui se trouvera à une vingtaine de kilomètres de la surface, effectuera une lente descente d'environ 12 heures, à la vitesse de 50 centimètres par seconde, jusqu'à un "impact contrôlé" à la surface de Tchouri.

Dès le contact, les communications cesseront, ainsi que les opérations menées par Rosetta. "Ce sera fini", souligne M. Lodiot.

Pour ses derniers moments de vie, Rosetta ne chômera pas. Elle prendra en temps réel des clichés à très haute résolution et fera des mesures scientifiques inédites.

L'endroit de l'impact n'a pas encore été totalement arrêté. Cela pourrait être le site Algikia où Philae avait atterri le 12 novembre 2014, avant de s'en éloigner après plusieurs rebonds imprévus.

- Essayer de repérer Philae -

Le vaillant petit robot-laboratoire qui a réalisé une première historique en se posant sur la comète, est désormais totalement endormi sur Tchouri qui se refroidit de plus en plus à mesure qu'elle s'éloigne du Soleil.

Actuellement, la comète se trouve à 495 millions de km de notre étoile et à 516 millions de km de la Terre.

Jusqu'à présent, l'ESA n'est pas parvenue à repérer où se trouvait précisément Philae, muet depuis juillet 2015. "Le travail de localisation est en cours", indique M. Lodiot.

Les rejets de poussières et de gaz émis par la comète s'étant considérablement réduits, les équipes de l'ESA ont en effet autorisé Rosetta à effectuer des survols très rapprochés.

Récemment, la sonde a été en orbite autour de la comète à 5 km seulement de la surface - un record.

"Nous espérons pouvoir descendre à deux, voire un kilomètre de la surface", précise M. Lodiot.

"Repérer Philae, qui a la taille d'une machine à laver, n'est pas une tâche facile" car il se trouve dans une zone où il y a beaucoup de glace et de roche, relève M. Lodiot.

L'annonce de la fin de la mission "peut paraître un peu triste, vu à quel point le monde entier s’est ému de cette mission incroyable, allant jusqu’à personnifier Rosetta et Philae", convient Jean-Yves Le Gall, le président du CNES. "Mais quelle plus belle fin pour Rosetta que de donner un ultime baiser à sa comète!".

"C'est la fin d'une fantastique mission qui a été un succès énorme", relève Sylvain Lodiot.

L'objectif de la mission Rosetta, lancée il y a plus de vingt ans, est de mieux comprendre l'évolution du système solaire depuis sa naissance, les comètes étant considérées comme des vestiges de la matière primitive.

"Cette mission va potentiellement révolutionner notre connaissance des comètes et de la formation du système solaire", considère M. Lodiot.

"La quantité de données recueillie est phénoménale. Il faudra des années pour les étudier", souligne-t-il.

Les photos prises par Rosetta

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