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Les 100 ans de la bataille de Beaumont-Hamel : Terre-Neuve se souvient

29/06/2016 11:15 EDT | Actualisé 29/06/2016 11:18 EDT
Radio-Canada.ca

Le 1er juillet 1916 avait lieu la bataille de Beaumont-Hamel, en France, lors de la Première Guerre mondiale. Il y a 100 ans, le Régiment de Terre-Neuve subissait les pertes les plus lourdes de son histoire. Plus de 700 des 800 combattants ont trouvé la mort ou ont été blessés à Beaumont-Hamel.

Un texte de Philippe Grenier

Aujourd'hui, les enfants d'un soldat de la péninsule de Port-au-Port racontent ce jour noir pour l'histoire de Terre-Neuve.

Eugène Cornect, un jeune soldat de la péninsule de Port-au-Port, est blessé sur le champ de bataille. Sa fille, Marina Simon, peine à imaginer ce qu'a traversé son père : « c'est dur de parler [de] ces choses-là ».

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Eugène Cornect, soldat terre-neuvien blessé à la bataille de Beaumont-Hamel

D'autant qu'Eugène Cornect est resté toute sa vie avare de récits sur la Grande Guerre.

« C'était le tiers-monde dans la Péninsule »

L'aventure militaire d'Eugène Cornect commence à Port-au-Port, dans un champ.

Alors qu'il fauche le foin, il est interpellé depuis un bateau de l'armée dans le golfe du Saint-Laurent. On le convainc de rejoindre le Régiment de Terre-Neuve.

Le jeune homme de 21 ans embarque pour l'Europe à bord du SS Florizel le 3 octobre 1914. Il porte le numéro 429.

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Robert Cornect, fils d'Eugène, soldat terre-neuvien blessé à la bataille de Beaumont-Hamel

Membre des célèbres Blue Puttees, les 500 premiers, il est un vrai franco-terreneuvien dont « l'anglais n'est pas bon » stipule son formulaire, signé d'une simple croix.

Pour son fils Robert, lui-même vétéran de la Guerre de Corée, son père n'avait d'autre choix que de s'engager.

« C'était le tiers-monde dans la péninsule de Port-au Port et nous nous n'avions même pas de riz! » se souvient-il.

Dans l'armée, le salaire de pêcheur de son père passe du simple au triple : 3 dollars par semaine sont envoyés à la maison.

L'enfer des tranchées

Arrivé en Écosse, il s'entraîne avec ses frères d'armes. Puis le 20 septembre 1915, il prend la route de Gallipoli en Turquie. Le régiment y connaît ses premiers combats.

À Kangourou Beach, les soldats terre-neuviens essuient immédiatement les tirs nourris des Turques. Et subissent leur première perte humaine.

C'est à ce moment qu'ils prennent la mesure de l'ampleur de la tâche à accomplir. « Il [Eugène Cornect] parlait souvent des Dardanelles, de la misère, de la malédiction de l'endroit! » se souvient Marina Simon.

Les mois passent, le climat est hostile et les conditions dans les tranchées sont difficiles.

«Papa disait, quand y'avait beaucoup de pluie vers l'automne, y'avait beaucoup d'eau et y'a beaucoup de monde qui sont "neillés" dans les [tranchées]!»

- Marina Simon, fille d'Eugène Cornect

Les rats sont aussi de plus en plus présents.

Eugène Cornect, comme plusieurs de ses compatriotes, attrape la dysenterie, maladie fréquente lorsque les conditions sanitaires sont mauvaises. Puis il contracte la malaria.

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Marina Simon, fille d'Eugène, soldat terre-neuvien blessé à la bataille de Beaumont-Hamel

Après des séjours dans des hôpitaux d'Alexandrie et de Londres, il est envoyé en France où la guerre s'éternise dans les tranchées du nord du pays.

« Clairement, en 1916, les gens en ont marre des tranchées. On veut absolument faire une offensive qui pourra sortir les Allemands des tranchées et en finir avec la guerre » explique Gautier Marseille, guide au Musée de la Somme 1916 à Albert en France.

La bataille de la Somme se prépare et Eugène Cornect est de retour sur le terrain avec le Régiment de Terre-Neuve. Lorsqu'il marche en direction de Beaumont-Hamel, il n'a aucune idée de l'enfer auquel il va être confronté.

« Qu'est-ce quìls ont enduré, tu ne penses jamais que personne peut survivre, mais c'est la guerre! » regrette Marina Simon.

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