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Les victimes d'Orlando honorées à la fierté gaie de New York (PHOTOS)

26/06/2016 03:22 EDT | Actualisé 26/06/2016 03:22 EDT

Des centaines de milliers de personnes étaient attendues à la mi-journée à Manhattan pour le défilé de la fierté gaie qui rend cette année hommage aux 49 victimes du massacre perpétré il y a deux semaines contre une boîte gay de Floride.

Après la tuerie, le maire de New York Bill de Blasio avait appelé les Américains à venir nombreux manifester pour "montrer votre fierté, montrer que cette ville est ouverte à tous".

Il s'est voulu rassurant sur la sécurité avant le défilé qui traversera le coeur de Manhattan à partir de midi, protégé par des centaines de policiers: "Soyez tranquilles, New York va passer un week-end extraordinaire", a-t-il dit sur l'antenne locale de la radio CBS.

Le défilé de la fierté gaie 2016 à New York

L'euphorie avait dominé le rassemblement il y a un an, alors marqué par la toute récente légalisation du mariage homosexuel par la Cour suprême américaine. Cette fois, c'est le deuil qui domine la marche des Fiertés. Ce qui ne devrait pas l'empêcher de battre des records d'affluence, espèrent ses organisateurs.

Il y a deux semaines jour pour jour, l'Amérique se réveillait en apprenant qu'un homme ayant plaidé allégeance à l'État islamique avait ouvert le feu dans un club de nuit à Orlando, faisant 49 morts et 53 blessés dans le pire massacre par armes à feu de l'histoire du pays.

Une minute de silence précédera le défilé à Manhattan qu'ouvriront deux invités d'honneur: la propriétaire du Pulse, le club attaqué, Barbara Poma et l'un des responsables de sa programmation, Neema Bahrami. Autour de leur char, des scouts porteront 49 drapeaux orange, — symbolisant la lutte contre les armes à feu —, marqués de l'arc-en-ciel emblématique du mouvement gay en souvenir des victimes du 12 juin, selon les organisateurs.

Derrière eux, des manifestants porteront une banderole marquée des mots #NoussommesOrlando en anglais et espagnol, la grande majorité des victimes d'Omar Mateen étant d'origine hispanique.

Aucun changement

Après cet attentat, le pays s'est rapidement retrouvé face à l'impasse politique habituelle sur le durcissement des lois sur les armes qui suit chaque fusillade aux Etats-Unis.

"Ce qui s'est passé à Orlando me rend furieuse. Je viens du Colorado et j'étais à Denver quand il y a eu Columbine", lorsque deux lycéens avaient tué 12 élèves et un enseignant, a témoigné Mari Gustafson, membre de l'association new-yorkaise "Gays Against Guns" ("les gays contre les armes"), créée après la fusillade d'Orlando.

"Il n'y a eu strictement aucun changement dans ce pays sur le contrôle du port d'arme à feu depuis et ça continue. Combien de gays, d'hétérosexuels, de gens en général vont devoir se faire tirer dessus?"

"La communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres, ndlr) dont je fais partie a un long passé de militantisme sur le sida, pour l'égalité du mariage et nous voulons apporter une partie de cette influence et de cette pression au mouvement contre les armes à feu qui existe déjà. Parce que ça nous touche de très près cette fois", a confié Tim Murphy à ses côtés samedi, alors que les membres de l'association préparaient, pour le défilé, des T-shirts aux slogans contre la violence.

San Francisco et Chicago organisent aussi leurs grandes marches des Fiertés dimanche, lors d'un weekend qui commémore également la révolte de Stonewall qui avait éclaté le 28 juin 1969 à New York.

Le président américain Barack Obama a justement déclaré vendredi, monument national, le site historique à Manhattan de ces émeutes, considérées comme le catalyseur du mouvement pour les droits LGBT aux États-Unis, le premier monument de ce type du pays.

C'est aussi devant le bar Stonewall Inn que des milliers de personnes s'étaient rassemblées après le massacre d'Orlando.

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