POLITIQUE

Fin de session à Ottawa: douze évènements marquants de la dernière année

21/06/2016 05:58 EDT | Actualisé 21/06/2016 05:58 EDT
Sean Kilpatrick/CP

Du fameux "parce qu'on est en 2015" de Justin Trudeau en passant par l'éjection de Thomas Mulcair et les adieux officiels de Stephen Harper, les derniers mois ont été mouvementés sur la scène politique fédérale. Voici 12 événements marquants ayant émaillé les derniers mois, de l'assermentation du nouveau gouvernement libéral, en novembre dernier, à l'ajournement des travaux pour la période estivale, vendredi dernier.

1. "Parce qu'on est en 2015"

"Ça me frustre tellement! Je veux dire, est-ce que les gens pensent encore qu'ils peuvent s'en tirer avec les arguments qu'ils font contre (la parité au cabinet)", s'était étonné le premier ministre Justin Trudeau lors d'une réunion avec ses proches conseillers, le matin de son assermentation.

"Je pense qu'il faut simplement attirer l'attention des gens sur l'année. C'est vraiment tout ce que tu as besoin de dire", a répliqué son secrétaire principal et grand ami Gerald Butts dans un échange qui a été capté en coulisses par CBC News, le 4 novembre dernier.

On connaît la suite: cette petite phrase toute simple prononcée à Rideau Hall peu après l'assermentation du premier cabinet paritaire de l'histoire du Canada a fait le tour de la planète et confirmé le statut, autoproclamé, de Justin Trudeau comme féministe.

2. La signature de l'accord de Paris

Le nouveau gouvernement libéral a rapidement marqué une rupture avec le précédent gouvernement conservateur qui avait déchiré l'accord de Kyoto en parvenant à un projet d'accord sur le climat à Paris, le 12 décembre dernier.

Le gouvernement tâche maintenant de trouver des moyens, en collaboration avec les provinces et territoires, de limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés Celsius en visant la barre des 1,5 degré Celsius d'ici l'an 2100.

3. L'arrivée du premier avion de réfugiés syriens

Justin Trudeau trépignait d'impatience. "C'est comme le soir de Noël pour moi", a confié le premier ministre au petit groupe de journalistes qui attendaient avec lui dans l'aire des arrivées de l'aéroport Pearson de Toronto, dans la nuit du 10 au 11 décembre.

Ce premier appareil nolisé par le gouvernement canadien a été suivi de nombreux autres, et le fédéral a fini par atteindre, le 29 février 2016, avec deux mois de retard, la cible d'accueil de 25 000 réfugiés syriens qu'il avait fixée pendant la campagne électorale.

4. L'éjection de Thomas Mulcair

À peine remis de son cuisant revers électoral, le chef néo-démocrate a encaissé une gifle monumentale, se faisant chasser de son poste par les 52 pour cent des délégués de son parti réunis en congrès à Edmonton, le 10 avril. C'était la première fois que les militants du Nouveau Parti démocratique (NPD) montraient la porte à un chef.

5. Annonce sur la marijuana à l'ONU

C'est au siège des Nations unies, à New York, que la ministre de la Santé, Jane Philpott, a annoncé que le Canada comptait légaliser le cannabis au printemps 2017. Elle a prévenu que cela pourrait "remettre en question le statu quo dans plusieurs pays". Trois traités internationaux dont le Canada est signataire exigent la criminalisation de la possession et de la production de cannabis.

6. La rédemption de Mike Duffy

Blanchi sur toute la ligne des 31 chefs d'accusation de fraude, d'abus de confiance et de corruption qui pesaient contre lui, le sénateur de l'Île-du-Prince-Édouard a fait son retour au Sénat le 2 mai dernier.

Depuis son retour, après ce long procès qui a embarrassé le chef conservateur Stephen Harper alors que la campagne électorale battait son plein, Mike Duffy a gardé un profil bas et ne s'est pas adressé aux journalistes.

7. La leçon du vote sur C-10

Les libéraux disposent d'une imposante majorité en Chambre, mais ils sont passés à un cheveu de perdre un vote sur le projet de loi assouplissant certaines conditions imposées à Air Canada, le 16 mai dernier.

Le vote s'est soldé par une égalité : 139 pour, 139 contre. Dans ces cas-là, le président de la Chambre vote pour que les travaux parlementaires puissent se poursuivre, ce qui a fait pencher la balance en faveur du gouvernement libéral. Cela a ainsi sauvé le projet de loi.

Le vilain tour qu'a tenté de jouer l'opposition a donc bien failli porter fruit. On sait, en tout cas, qu'il a fait monter la pression sanguine du whip du gouvernement, Andrew Leslie, dont le rôle est de s'assurer que les députés soient présents dans de telles circonstances.

8. Le "elbowgate"

Les images du "elbowgate", ce coup de coude accidentel à la poitrine qu'a asséné Justin Trudeau à la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau en pleine Chambre des communes, le 18 mai dernier, ont été relayées dans plusieurs médias au Canada et ailleurs dans le monde.

Le premier ministre s'est retrouvé dans ce pétrin après avoir traversé la pièce pour agripper le whip conservateur Gord Brown, qui était piégé derrière une ligne de députés néo-démocrates tentant de retarder un vote. L'incident avait donné lieu à des accusations de violence envers les femmes.

9. Discours d'adieu de Stephen Harper

On ne l'a jamais vraiment entendu dire au revoir.

Le soir de la défaite électorale de ses troupes, son départ comme chef avait été annoncé par voie de communiqué par le président du Parti conservateur. Celui qui aura été premier ministre pendant environ une décennie n'en avait pipé mot sur scène, le soir du 19 octobre.

Il n'a pas davantage fait allusion à son départ prochain comme député de Calgary-Heritage lors de ce qui a été présenté comme un discours d'adieu livré devant des militants conservateurs au congrès de Vancouver, le 26 mai dernier.

Selon les informations non confirmées qui circulent, il délaissera son siège avant la reprise des travaux parlementaires, à l'automne. M. Harper a déjà enregistré une compagnie, "Harper Associates Consulting", auprès du gouvernement fédéral en décembre dernier.

10. Volte-face sur la réforme électorale

De l'aveu même du premier ministre, les libéraux avaient commencé à adopter, dans le dossier de la réforme du mode de scrutin, un "comportement qui ressemblait davantage à celui du gouvernement précédent que le genre d'approche et de ton que nous avons promis d'adopter".

À l'issue de cet examen de conscience, le gouvernement a donc renoncé, le 3 juin dernier, à sa majorité autour de la table du comité chargé de se pencher sur la réforme électorale. L'opposition estimait que les dés étant pipés d'avance, les libéraux cherchant simplement à imposer un système qui leur serait avantageux, c'est-à-dire le vote préférentiel.

11. Mauril Bélanger

Le député libéral d'Ottawa-Vanier atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA) était aux Communes pour assister à l'adoption en troisième lecture de son projet de loi sur l'hymne national, le 15 juin dernier. Le projet de loi est rendu au Sénat, et il est peu probable qu'il reçoive la sanction royale avant l'ajournement des travaux pour la période estivale.

Diagnostiqué à l'automne dernier, Mauril Bélanger a présidé en mars les travaux de la Chambre à titre honorifique et a effectué un retour en mai pour lancer le débat en deuxième lecture de C-210. Dans les deux cas, il s'est exprimé à travers une voix synthétique, ayant perdu l'usage de la parole en raison de sa maladie.

12. Une loi sur l'aide médicale à mourir

Le gouvernement libéral a sans doute remporté sa plus grande victoire depuis son arrivée au pouvoir en faisant adopter son controversé projet de loi sur l'aide médicale à mourir. Son approbation a été plus facile en Chambre, où les libéraux ont limité les débats et bénéficié de leur majorité, qu'au Sénat, où le projet de loi a été menacé de blocage en cette nouvelle ère d'indépendance.

Les sénateurs ont amendé le projet de loi pour élargir l'accès à l'aide médicale à mourir en retirant le critère de mort naturelle raisonnablement prévisible, mais le gouvernement lui a opposé une fin de non-recevoir. Lors du vote final sur le projet de loi amendé, le 17 juin, plusieurs sénateurs se sont pliés à la volonté des Communes, jugeant que les élus devraient avoir le dernier mot.

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