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18/06/2016 03:58 EDT | Actualisé 18/06/2016 03:59 EDT

Euro 2016: La sombre routine des violences de partisans

L'Euro-2016 est-il en train de devenir le Championnat d'Europe du dérapage de partisans? Une triste routine s'installe jour après jour et samedi, les Hongrois ont provoqué des incidents en tribune, au lendemain de ceux qui vaudront à la Croatie et la Turquie d'être jugées par l'UEFA lundi.

Ce n'est donc pas encore maintenant que l'Euro va parler uniquement de football, alors qu'un des meilleurs joueurs de la planète, Cristiano Ronaldo, triple Ballon d'Or, joue au Parc des Princes à Paris avec le Portugal, contre l'Autriche (19H00 GMT).

De brèves échauffourées ont éclaté dans la tribune hongroise du stade Vélodrome à Marseille avant Islande-Hongrie (1-1) à 16H00 GMT. Deux groupes de fans hongrois, séparés par une rambarde, ont voulu se rejoindre, ce que les stadiers ont refusé.

Résultat? Un échange de coups et l'intervention des CRS pour ramener le calme. Avant et juste après le match, des fumigènes ont également été allumés dans la tribune hongroise, alors qu'ils sont interdits dans les stades.

L'UEFA ouvrira sans doute une procédure contre la Hongrie. Ses instances disciplinaires frôlent le surmenage: elles se sont saisies dans la matinée des incidents provoqués vendredi par les supporters croates et turcs dans les stades de Saint-Etienne et Nice.

Là encore, des fumigènes ont été utilisés, ce qui relance le débat sur la sécurité de l'Euro et les fouilles à l'entrée des stades.

L'instance européenne du football rendra son verdict lundi. La Russie, dans un cas similaire, a déjà écopé d'une suspension avec sursis du tournoi, après les troubles provoqués par ses fans au coup de sifflet final du match contre l'Angleterre au stade Vélodrome samedi dernier (1-1).

Sollicité par l'AFP samedi au sujet des différents incidents, le Comité d'organisation français n'avait pas réagi en début de soirée.

Récidivistes

La Croatie risque gros. En quatre minutes, son match contre la République tchèque a basculé: fumigènes lancés sur la pelouse, interruption de la rencontre, pétard qui explose aux pieds d'un stadier et bagarres entre fans croates.

Avant l'interruption, la Croatie menait 2 à 1 et était qualifiée pour les huitièmes de finale. A la reprise, les Tchèques ont égalisé (2-2), privant les Croates, déstabilisés, d'un billet immédiat pour le tour suivant, qui reste toutefois accessible.

La Fédération croate (HNS) assure samedi qu'elle avait prévenu l'UEFA et la police française du projet de certains fans d'interrompre le match en raison de querelles avec les instances dirigeantes du football du pays. Miroslav Markovic, son responsable de la sécurité, avait même mis en garde contre une action à la 85e minute: le match a été arrêté à la 86e.

"Nous avions de très bonnes informations", a-t-il affirmé samedi.

Plus de 200 gendarmes mobiles sont entrés dans le stade, en bordure de la pelouse, pour faire cesser les incidents.

Le personnel de sécurité était "nettement insuffisant", ont commenté samedi les autorités. Interrogées samedi par l'AFP, elles ont jugé qu'"il manquait à l'UEFA 150 à 200 personnes, en agents de sécurité, agents de palpation et stadiers".

Souvent ultranationalistes, les fans croates sont des récidivistes. Lors des qualifications de l'Euro, la Croatie avait déjà été sanctionnée d'un retrait d'un point et de deux matches à huis clos pour une croix gammée tracée sur un terrain à Split.

Coup de filet en Belgique

Dans des incidents de moindre importance, les fans de la Turquie, eux, ont allumé des fumigènes dans les tribunes et lancé des pétards sur la pelouse après la défaite contre l'Espagne (3-0) vendredi.

Quatre Français supporters de la Turquie, qui avaient été mis en garde à vue vendredi soir après ces incidents, ont été placés samedi sous contrôle judiciaire et interdits de stade jusqu'à leur comparution devant un tribunal après l'Euro.

Vingt autres supporters à problèmes ont quitté la France samedi après-midi, expulsés depuis Nice (sud). Ceux-là sont des hooligans russes impliqués dans les graves affrontements de samedi dernier à Marseille (sud), qui avaient fait 35 blessés, majoritairement anglais, dont deux toujours gravement atteints.

Parmi eux, le sulfureux président de l'association des supporters russes, l'ultranationaliste Alexandre Chpryguine qui a tweeté: "Mère Russie, accueille tes fils!". Trois de ses compagnons avaient été condamnés jeudi à de la prison ferme.

Ces derniers jours, les violences des hooligans ont relégué au second plan ce qui était la crainte numéro un avant le début de l'Euro: la menace d'un attentat, encore plus vive depuis ceux qui ont frappé la France en janvier et novembre 2015.

Loin des stades du tournoi, en Belgique, des dizaines de perquisitions nécessitant une "intervention immédiate" ont été menées dans la nuit de vendredi à samedi, dans le cadre d'un dossier de terrorisme. Car des centaines de retransmissions publiques de Belgique-Eire (3-0), qui s'est joué à Bordeaux (sud-ouest) dans l'après-midi, ont été organisées dans le royaume.

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