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L'endettement des ménages canadiens reste près d'un niveau record

14/06/2016 08:05 EDT | Actualisé 14/06/2016 08:07 EDT
utah778 via Getty Images
Businessman using a calculator to calculate the numbers

L'endettement des Canadiens en regard de l'argent qu'ils gagnent a reculé au premier trimestre, mais il reste malgré tout près d'un niveau record puisque l'endettement hypothécaire continue de grimper.

Le ratio de la dette des ménages sur le marché du crédit par rapport au revenu disponible s'est établi à 165,3 pour cent pendant les trois premiers mois de 2016, a indiqué mardi Statistique Canada, les revenus et l'endettement ayant progressé pratiquement au même rythme.

Cela signifie que les ménages détiennent une dette de 1,65 $ avec leur carte de crédit, leur hypothèque ou d'autres prêts pour chaque dollar dont ils disposent après impôts et autres frais versés au gouvernement.

Ce ratio était en baisse par rapport à celui de 165,4 pour cent observé au quatrième trimestre de l'an dernier.

Benjamin Reitzes, économiste principal à la Banque de Montréal, a souligné que la baisse du ratio de l'endettement au revenu disponible était la plus petite en sept ans, prédisant du coup qu'il grimperait de nouveau au deuxième trimestre.

"Les ventes de maisons ont grandement progressé au deuxième trimestre, alors nous allons avoir beaucoup plus de dettes hypothécaires (...) au deuxième trimestre, et cela va faire grimper le ratio", a indiqué M. Reitzes.

La Banque du Canada a averti la semaine dernière que les prix des maisons à Vancouver et à Toronto grimpaient trop rapidement par rapport aux données économiques fondamentales, et que leur cadence n'était pas soutenable.

La banque centrale joignait ainsi sa voix à celles d'autres observateurs qui se sont déjà inquiétés au sujet du marché immobilier canadien.

Selon Diana Petramala, économiste à la Banque TD, les emprunts hypothécaires commencent à accélérer, ce qui accroît le risque de voir les prix des maisons encourager une plus forte accumulation de dettes tout au long de 2016.

"La peur de rater quelque chose d'important, ou le 'syndrome FOMO', est une tendance qui prend de l'ampleur chez les premiers acheteurs de maisons. Certains d'entre eux peuvent choisir de se lancer sur le marché même si les prix sont élevés, plutôt que de risquer de voir les prix grimper trop haut à l'avenir", a écrit Mme Petramala dans une note à ses clients.

"Cela pourrait les exposer à une dette trop importante, particulièrement sur les marchés immobiliers de Toronto et Vancouver, où les maisons sont de plus en plus dispendieuses."

Mais la hausse des prix des maisons a aussi un impact positif sur la valeur nette des ménages. Celle-ci a grimpé de 1,2 pour cent pendant le premier trimestre pour s'établir à 9633 milliards $, alimentée par l'appréciation des biens immobiliers.

En outre, M. Reitzes a noté que la croissance des actifs était solide et que les ménages canadiens détenaient des actifs de 5,92 $ pour chaque dollar de dette.

"Dans l'ensemble, cela laisse croire que les ménages sont en bonne santé", a-t-il dit. "Ce n'est pas aussi mauvais que les chiffres en manchette pourraient le laisser croire."

"Il y a des vulnérabilités ici (...), mais tant qu'il n'y a pas de choc négatif important à l'économie, les ménages montrent une santé décente dans l'ensemble."

La dette totale des ménages sur le marché du crédit, qui comprend le crédit à la consommation ainsi que les prêts hypothécaires et non hypothécaires, a atteint 1933 milliards $ à la fin du premier trimestre, a précisé Statistique Canada.

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