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Hooliganisme et Euro 2016: suspension avec sursis et supporters en garde à vue pour la Russie

14/06/2016 06:59 EDT | Actualisé 14/06/2016 06:59 EDT

La Russie a été sanctionnée par l'UEFA mardi d'une suspension avec sursis, à causes des violences de ses fans au Vélodrome samedi, ce qui veut dire qu'elle sera exclue de l'Euro-2016 en cas de nouvel incident de ses supporters dans un stade du tournoi en France.

La Russie était poursuivie par l'UEFA pour les incidents provoqués par des fans russes au coup de sifflet final d'Angleterre-Russie (1-1) au Vélodrome de Marseille samedi. L'instance européenne du football ne gère que les débordements dans les enceintes sportives, ce qui se passe en dehors relève des autorités du pays hôte.

La fédération russe est également condamnée à payer une amende de 150 000 euros. La Russie, pays hôte du Mondial-2018, était poursuivie par l'UEFA pour des "perturbations" dans les tribunes ,"comportement raciste" et usage de "fumigènes". Des fans russes avaient chargé les supporters anglais dans les travées du Vélodrome, incidents nettement moins graves que les affrontements entre supporters sur le Vieux-Port qui avaient fait 35 blessés, majoritairement des Britanniques, dont un homme toujours dans un état critique, mais stable.

Le prochain match de la Russie, contre la Slovaquie, est programmé mercredi à Lille, et son dernier en phase de poules, contre le Pays de Galles, est prévu lundi 20 juin à Toulouse.

Supporters expulsés et en garde à vue

La préfecture du département des Alpes-Maritimes (sud-est) a annoncé mardi matin que des supporters russes, soupçonnés de présenter une menace à l'ordre public, allaient être reconduits à la frontière. Sans attendre la fin d'une opération de vérification d'identité de 29 supporters séjournant à Mandelieu-la-Napoule, près de Marseille, les autorités ont décidé de placer certains d'entre eux en centre de rétention en vue de leur expulsion.

Ces reconduites à la frontière tombent au lendemain des premières condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Marseille: neuf peines de prison ferme et une seule avec sursis contre six supporters britanniques, trois Français et un Autrichien impliqués dans les rixes sur le Vieux-Port en fin de semaine.

La plus lourde, deux ans dont un an ferme, revient à un Français de 29 ans, qui avait frappé jeudi soir trois personnes à coups de pieds, de poing et de ceinture.

La justice française a aussi placé 43 supporters russes en garde à vue en garde à vue mardi après un contrôle dans la matinée à Mandelieu-la-Napoule, à une heure et demie de Marseille où ils résidaient.

Tous seront entendus à Marseille et pourront être soit relâchés à l'issue de leur garde à vue, soit expulsés dans le cadre d'une procédure administrative, soit faire éventuellement l'objet de poursuites judiciaires, a exposé le représentant de l'Etat français dans les Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat.

Le contrôle, effectué par la gendarmerie en coordination avec la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), n'a pas été sans encombre: une trentaine de supporters avait dans un premier temps refusé de se soumettre aux contrôles et de descendre de leur car, garé dans la cour de la caserne de gendarmerie de Mandelieu-la-Napoule, avant d'obtempérer.

Alexandre Chpryguine, président de l'Association des supporters russes et collaborateur d'un député ultranationaliste, affirme être parmi les personnes contrôlées. "Je suis dans un bureau de la gendarmerie", a-t-il tweeté en début d'après-midi. Sa présence parmi les Russes contrôlés n'a jamais été confirmée par les autorités françaises.

Chpryguine, qui a déjà été vu en compagnie du président russe Vladimir Poutine, a été photographié par le passé en train de faire un salut nazi en compagnie d'un musicien d'un groupe de rock d'extrême droite russe. Il réfute être un sympathisant nazi et se qualifie de "patriote"

La France contre-attaque

La Fédération anglaise a dénoncé des conditions de sécurité "inacceptables" car les supporters ont pu "entrer avec des fumigènes et des feux de Bengale", dans une lettre à l'UEFA dont l'AFP a obtenu copie.

Le gouvernement français, lui, est critiqué pour l'action de la police dans les rues de Marseille samedi. Les forces de l'ordre "n'ont pas su gérer le mouvement d'ultras russes", a notamment déclaré à l'AFP Geoff Pearson, spécialiste anglais des supporters radicaux.

"Il y avait plus de 1 000 policiers dans les rues qui sont intervenus pour faire cesser les troubles à l'ordre public et cela s'est fait en une heure", a répondu lundi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Contexte risqué à Lille et Lens

"Il n'y a pas eu de faille", a aussi insisté le procureur de Marseille Brice Robin, qui a évoqué 150 hooligans russes "extrêmement entraînés", "préparés pour des opérations hyper-rapides et hyper-violentes". Selon lui, ils ont déjoué la surveillance policière en évitant d'arriver par avion à Marseille.

La Russie n'aurait "jamais dû laisser passer" ces hooligans, a affirmé à l'AFP le ministre des Sports Patrick Kanner, en dénonçant une "absence de coopération regrettable".

"On a un problème d'information venue de Russie", a renchéri mardi matin le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll.

Les Russes jouent leur prochain match mercredi à Lille et les Anglais le lendemain, à 40 km de là, à Lens.

La Fédération anglaise (FA) craint de nouveaux heurts dans le nord de la France: les supporteurs anglais sans billet pour le match de jeudi à Lens, où l'Angleterre affrontera le Pays de Galles, doivent selon elle se rassembler dès mercredi à Lille, où la Russie affrontera la Slovaquie.

La FA demande que "les autorités se réunissent le plus vite possible à Lille et à Lens pour assurer un plan (de sécurité) coordonné et efficace".

De son côté, la Fédération russe a annoncé, dans un communiqué, que son vice-président et son secrétaire général devaient rencontrer mardi en France ses supporters pour leur rappeler que "le hooliganisme, le racisme et toutes formes de discriminations doivent être éradiqués".

Echaudée par les violences de samedi, Marseille a pris une décision rarissime pour éviter de nouveaux incidents lors d'Ukraine-Pologne le 21 juin: repousser la fête de la musique, événement qui draine des milliers de gens dans les rues jusque tard dans la nuit. A Marseille, elle aura lieu le 23 juin, journée sans match à l'Euro, tout comme le 24.

Par ailleurs, le conflit social va revenir dans l'actualité française mardi avec une manifestation nationale prévue à Paris pour contester la loi travail. Aucun match de l'Euro n'est prévu dans la capitale: Autriche-Hongrie est programmé à Bordeaux (18h00) et la mégastar Cristiano Ronaldo doit débuter son Euro avec le Portugal face à l'Islande à Saint-Etienne (21h00).

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