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Le bilan de la tuerie d'Orlando est révisé à 49 morts plus le tireur

13/06/2016 08:24 EDT | Actualisé 13/06/2016 11:05 EDT

Les autorités américaines fouillaient lundi le passé d'Omar Mateen, l'auteur du pire attentat sur le sol américain depuis le 11-Septembre, pour sonder la réalité de ses liens avec le groupe Etat islamique, qui a revendiqué l'attaque.

La police fédérale (FBI) avait identifié l'assaillant dès dimanche, Omar Seddique Mateen, âgé de 29 ans et né à New York, comme l'auteur de l'attaque qui a frappé le "Pulse", boîte de nuit homosexuelle en vogue, dans cette ville de Floride surtout connue pour ses parcs d'attraction.

L'attaque a fait 49 morts, plus le tireur, et 53 blessés et provoqué une onde de choc et d'indignation dans le monde. Les témoins ont décrit des scène d'horreur, de corps qui tombent et de bain de sang.

Les équipes du FBI, outre une enquête approfondie sur le lieu de la tuerie, ont également déployé d'importants moyens en effectifs pour fouiller le passé d'Omar Mateen.

"L'enquête se poursuit et rien que cette nuit nous avons probablement traité une centaine de pistes", a souligné lundi au petit matin l'agent spécial Paul Wysopal, en charge du dossier. "Comme vous le savez depuis les attentats du 11-Septembre on ne laisse plus aucune piste inexplorée et c'est la même chose aujourd'hui", a-t-il prévenu.

Le tueur, employé dans une société de sécurité, a attaqué le Pulse vers 02H00 du matin dimanche avec un fusil d'assaut et une arme de poing. Après avoir abattu plusieurs personnes il s'est retranché dans les toilettes avec des otages et a appelé les services d'urgence pour revendiquer son "allégeance" au groupe Etat islamique.

Un des blessés, Angel Colon Jr, a décrit à son père un agresseur maître de lui-même, qui a agi avec méthode.

"Il passait devant chaque personne au sol et lui tirait dessus, pour être sûr qu'elle était morte", a expliqué, à la sortie de l'hôpital Orlando Regional Medical Center, Angel Colon, qui porte le même nom que son fils.

Eventuels liens terroristes

Le déroulement n'est pas sans rappeler celui de l'attentat du Bataclan, à Paris, le 13 novembre, avec une prise d'otages conclue par un assaut.

"Quand la situation a semblé stabilisée et le suspect s'était barricadé dans les toilettes, nos négociateurs lui ont parlé et il n'y a pas eu de tirs à ce moment-là", a déclaré lundi matin le chef de la police John Mina, décrivant un assaillant calme quand il parlait au téléphone avec les forces de l'ordre.

"Mais il y a eu des conversations à propos de vestes explosives, à propos d'explosifs placés partout, ainsi que des déclarations sur d'autres morts imminentes, c'est pourquoi j'ai pris la décision" de mener l'assaut, a-t-il encore dit. "On savait que c'était la bonne décision et on estime avoir pu sauver beaucoup, beaucoup de vies".

Interrogé pour savoir si des victimes ont pu être atteintes par les balles de la police, Paul Mina a dit que c'était à l'enquête de le déterminer: "Huit ou neuf de nos agents du SWAT (les unités d'élite, ndlr) ont ouvert le feu. Ils étaient contre un mur et on leur tirait dessus", a précisé le chef de la police.

Omar Mateen était suivi par le FBI, qui l'avait interrogé à plusieurs reprises, en 2013 et 2014, pour "d'éventuels liens avec des terroristes". Mais ces enquêtes avaient été classées sans suite.

Selon CNN le tueur s'était rendu en 2011 et 2012 en Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis pour y effectuer des pèlerinages religieux.

Sa famille, elle, lui reconnaît bien des travers mais jure que son acte n'était en rien lié à la religion, y voyant plutôt des motifs homophobes. Evoquant un passé marqué par les violences conjugales, son ex-compagne ne l'avait elle jamais entendu soutenir le terrorisme.

Le groupe Etat islamique (EI) a de son côté confirmé lundi sur sa radio la revendication du massacre d'Orlando.

Laissé libre, sans antécédents judiciaires, Omar Mateen disposait de deux permis de port d'arme et a pu acheter en toute légalité, quelques jours avant l'attaque, une arme de poing et une arme longue.

Contrôle des armes

Cette fusillade, la pire de l'histoire des Etats-Unis, a déclenché une vague d'émotion et d'hommages à travers le monde. Les dirigeants de nombreux pays ont exprimé leur "solidarité", certains s'adressant notamment à la communauté LGBT. Le pape François a exprimé son "exécration" face à la "haine insensée" du tireur.

A Orlando, les premiers rassemblement ont eu lieu dimanche, notamment dans une église en présence du gouverneur Rick Scott, mais d'autres, plus conséquents, étaient attendus lundi.

Les autorités ont commencé à diffuser les noms des morts, au fur et à mesure de leur identification et seulement lorsque les proches ont pu être prévenus. Parmi les victimes -- âgées de 19 à 50 ans -- de nombreux noms à consonance hispanique.

Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a lui rapidement semblé déterminé à exploiter cet attentat pour se forger une image d'homme à poigne. Il a notamment estimé estimé que l'attentat validait sa proposition d'interdire aux musulmans d'entrer sur le territoire américain.

Son opposante démocrate Hillary Clinton a de son côté estimé que les Etats-Unis devaient "s'attaquer à ce problème de l'auto-radicalisation", affirmant que si elle est élue elle mettra davantage de moyens et créera "une équipe dédiée pour détecter et prévenir les attaques de loups solitaires".

Le débat s'orientait également sur le sujet récurrent du contrôle de la circulation des armes aux Etats-Unis.

Pour le président américain Barack Obama, cette attaque est "un nouveau rappel de la facilité avec laquelle quelqu'un peut obtenir une arme qui lui permet de tirer sur des gens dans une école, un lieu de culte, une salle de cinéma ou une boîte de nuit".

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