POLITIQUE

Les consommateurs canadiens dans l'ignorance au sujet du travail des enfants

09/06/2016 05:19 EDT | Actualisé 09/06/2016 05:19 EDT
ASSOCIATED PRESS
A child works at a snack shop in Lucknow, India, Wednesday, June 1, 2016. (AP Photo/Rajesh Kumar Singh)

Les consommateurs canadiens pourraient acheter sans le savoir des biens fabriqués par des enfants, indique un nouveau rapport publié jeudi par Vision mondiale Canada.

Et ceux qui souhaitent faire des achats éthiques sont laissés dans l'ignorance au sujet des façons dont les entreprises tentent d'empêcher le travail des enfants dans leur chaîne d'approvisionnement.

L'organisation demande qu'une nouvelle loi soit adoptée pour forcer les entreprises faisant des affaires au Canada à rendre publiques, annuellement, les mesures qu'elles prennent pour s'assurer que les usines d'autres pays n'emploient pas des mineurs pour fabriquer des produits vendus au Canada.

Des lois semblables existent ailleurs, notamment au Royaume-Uni et en Californie. Le Congrès américain examine également un projet de loi fédéral en ce sens.

Cette suggestion fait partie d'une liste de recommandations incluses dans le rapport, qui est publié au lendemain de la ratification, par le Canada, d'une convention sur le travail des enfants de l'Organisation internationale du travail, qui fixe à 15 ans l'âge minimum pour travailler.

Vision mondiale demande depuis plus d'un an au gouvernement fédéral d'adopter une loi sur la transparence. Des documents du gouvernement obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information révèlent que des fonctionnaires fédéraux ont soulevé l'idée, l'an dernier, à la ministre du Travail de l'époque, Kellie Leitch, lui soulignant que s'il existait une tendance, chez les alliés, d'adopter des lois sur la transparence, "le Canada aurait l'occasion de montrer son leadership en examinant la possibilité d'adopter une loi similaire".

L'actuelle ministre du Travail, MaryAnn Mihychuk, a précisé que le gouvernement devrait étudier toute proposition avant d'élaborer une nouvelle loi. La ministre ajoute par ailleurs que certaines multinationales installées au Canada divulguent déjà d'elles-mêmes l'information.

Parmi ces entreprises, on note la québécoise Gildan, décrite comme un modèle pour les autres entreprises dans le rapport de Vision mondiale. Gildan effectue régulièrement des vérifications surprises de ses usines à l'étranger. En 2015, elle a effectué 317 de ces vérifications pour s'assurer que l'âge minimum des travailleurs est de 18 ans et qu'ils ont droit à un salaire, des avantages sociaux et un horaire de travail adéquats.

Quelques données du rapport de Vision mondiale Canada sur le travail des enfants à travers le monde:

52: Pourcentage des entreprises incluses dans le rapport qui n'offrent aucune information publique sur leurs efforts pour éliminer le travail des enfants dans leur chaîne d'approvisionnement.

34,3 milliards $: Valeur des biens importés analysés dans l'étude de Vision mondiale.

1264: Entreprises ayant des activités au Canada et dont la chaîne d'approvisionnement inclut des pays utilisant largement le travail des enfants.

828: Nombre de ces entreprises ayant leur siège social au Canada.

87: Pourcentage des répondants d'un sondage mené par Ipsos Reid en 2015 pour Vision mondiale Canada, qui ont dit appuyer l'adoption d'une loi sur la transparence au sujet des chaînes d'approvisionnement.

168 millions: Estimation du nombre d'enfants qui travaillent dans le monde.

85 millions: Nombre d'enfants dans le monde effectuant un travail dangereux.

40: Baisse, en pourcentage, du nombre de filles mineures travaillant dans le monde entre 2000 et 2012.

25: Baisse, en pourcentage, du nombre de garçons mineurs travaillant dans le monde entre 2000 et 2012

VOIR AUSSI:

Des enfants syriens à l'école durant le conflit


Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter