POLITIQUE

Paul St-Pierre Plamondon veut reconnecter les électeurs avec le PQ

03/06/2016 09:15 EDT | Actualisé 03/06/2016 09:15 EDT
Radio-Canada

MONTRÉAL - L'"orphelin politique" Paul St-Pierre Plamondon s'est trouvé une famille, mais il aura fort à faire pour que celle-ci l'accepte.

L'avocat et essayiste politique a officiellement lancé sa campagne à la direction du Parti québécois (PQ), vendredi à Montréal, en se présentant comme un fédéraliste déçu et en livrant plusieurs critiques à l'endroit de la formation politique qu'il souhaite diriger.

Paul St-Pierre Plamondon estime qu'il y a eu un bris de confiance de la population envers le PQ essentiellement pour deux raisons: son obsession face à la mécanique et à l'échéancier référendaire et l'épisode de la charte des valeurs.

Dans le premier cas, l'avocat de 39 ans promet qu'il n'y aura pas de référendum dans un premier mandat péquiste qu'il dirigerait et que, dans un second mandat, il consulterait la population pour déterminer si celle-ci veut ou non un référendum, par le biais d'un processus qu'il entend dévoiler plus tard dans sa campagne. Cette approche est, selon lui, à la fois plus démocratique et plus respectueuse de l'intelligence de la population.

Quant à la charte des valeurs, il affirme que le Parti québécois devrait faire son mea culpa pour cette démarche et faire un trait sans équivoque pour se distancer de cet épisode en devenant "un leader en matière de prévention du racisme et de toutes les formes de discrimination".

Par ailleurs, il souhaite replacer le Parti québécois fermement dans l'axe social-démocrate, estimant que cette valeur fondatrice de la formation politique a été négligée au fil des ans.

Selon M. St-Pierre Plamondon, le départ de Pierre Karl Péladeau ouvre la porte à un renouvellement du parti et la présence d'un candidat de l'extérieur ne peut être que bénéfique pour amener un regard neuf.

Il dit avoir perdu ses illusions sur le fédéralisme après avoir agi comme avocat dans le cadre du scandale des commandites, un rôle sur lequel il ne veut pas donner de détails, invoquant le secret professionnel de son code d'éthique.

Il affirme tout de même que les Québécois ont été floués au référendum de 1995 en votant "non" sur la base de fausses représentations, alors que le reste du Canada n'a jamais voulu réintégrer le Québec dans le giron fédéral.

Bien qu'il ne se soit pas attardé longtemps sur le Parti libéral du Québec, il a quand même livré un jugement sans appel à son endroit, estimant qu'un autre mandat libéral aurait, selon lui, des conséquences catastrophiques sur le plan social, économique et culturel, mais aussi pour la lutte contre la corruption et l'affirmation de l'identité québécoise.

Il a ainsi accusé le PLQ d'être le grand responsable de l'effritement de l'identité québécoise en "démonisant toute forme de nationalisme et toute forme de défense des intérêts du Québec et en faisant la promotion constante de la peur et de la division."

L'aspirant-chef du PQ a fondé, en 2014, le mouvement des Orphelins politiques, après la publication de son essai portant le même nom qui prônait l'établissement d'un nouveau mouvement "de gauche et modéré" qui serait "porté par une élite intellectuelle et économique qui croit au progrès social et mise sur l'éducation publique de même que sur la promotion du français pour rassembler la nation québécoise".

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