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Pakistan: cinq suspects arrêtés pour le meurtre de l'enseignante Maria Bibi, brûlée vive

03/06/2016 11:28 EDT | Actualisé 03/06/2016 11:28 EDT

ISLAMABAD _ La police pakistanaise a annoncé vendredi que les cinq suspects qui auraient torturé une enseignante de 19 ans, avant de l'asperger d'essence et de l'immoler sont présentement détenus par les autorités.

Maria Bibi, qui refusait de se marier à un homme deux fois plus âgé qu'elle, avait réussi à livrer son témoignage aux policiers avant de succomber à ses blessures plus tôt cette semaine.

Elle avait déclaré que cinq assaillants s'étaient présentés chez elle lundi dans la ville d'Upper Dewal, qu'ils l'avaient tirée à l'extérieur pour ensuite lui asséner des coups de pied "comme si elle était un ballon".

Maria Bibi avait par la suite été conduite dans un hôpital d'Islamabad où elle avait succombé à ses blessures.

La famille de la victime soutient qu'elle a été tuée puisqu'elle a rejetté une demande en mariage d'un homme qui possède une école et qui souhaitait qu'elle épouse son fils.

Cette histoire a choqué le pays entier, bien que les violences à l'égard des femmes soient monnaie courante au Pakistan, où près d'un millier de femmes sont tuées chaque année pour avoir "enfreint" les normes relatives au mariage.

Le porte-parole de la police Waheed Ahmed a confirmé vendredi que trois suspects ont été appréhendés en matinée, après que deux autres personnes eurent été interceptées la veille.

Il a identifié le principal suspect dans cette affaire comme étant Shaukat, le propriétaire de l'école âgé de 60 ans et dont le fils, un homme dans la quarantaine déjà marié, souhaitait unir sa destinée à celle de la défunte.

Selon M. Ahmed, Maria Bibi a insisté dans sa déposition pour affirmer que Shaukat et quatre autres hommes l'ont traînée de force, pour ensuite la torturer et la brûler vive. "Nous avons arrêté ces cinq hommes", a-t-il dit.

Le père de la victime, Sadaqat Hussain Abbas, a remercié la police pour son travail et a demandé, vendredi, dans une déclaration remplie d'émotion que le principal suspect soit exécuté en usant des même supplices qu'il a fait endurer à sa fille.

De telles demandes sont courantes au Pakistan, mais la loi n'autorise pas ce type de peine.