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Conflits d'intérêts : le nouveau ministre des Pêches, Dominic Leblanc, sous le feu des critiques de l'opposition officielle

03/06/2016 02:12 EDT | Actualisé 03/06/2016 02:29 EDT

OTTAWA – Le ministre fédéral des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Dominic Leblanc, ne sera pas apte à remplir ses nouvelles fonctions en raison de ses liens étroits avec la puissante famille Irving, selon les conservateurs.

L’opposition officielle talonne Leblanc depuis qu’il a été nommé de façon précipitée à la tête du ministère mardi, à la suite de la démission de l’ancien ministre Hunter Tootoo. Ce dernier a quitté son poste de ministre et le caucus libéral en raison de problèmes de dépendance.

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Le porte-parole conservateur des Pêches, Mark Strahl, fait valoir que le nouveau ministre sera en conflit d’intérêts « permanent » lorsqu’il sera question du saumon de l’Atlantique ou de construction navale, deux importants dossiers concernant la famille Irving.

J.D. Irving, que Dominic Leblanc décrit comme un « ami », siège sur le conseil d’administration de la Fédération du saumon atlantique. Il possède également Irving Shipbuilding, qui s’est mérité la plus grosse part du gâteau – 25 milliards de dollars – dans la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale pour construire des frégates et des navires de patrouille.

«Il est impossible d’être le ministre de la Garde côtière canadienne et de ne pas avoir affaire à Irving Shipyards. Il est impossible d’être le ministre des Pêches et de ne pas traiter du dossier du saumon de l’Atlantique dans lequel la famille Irving est impliquée», a réagi Mark Strahl, au lendemain de la nomination du ministre.

« Alors je ne sais pas combien de temps M. Leblanc sera dans cette position, mais nous croyons certainement que s’il est là pour rester, il a été mis dans une situation de conflit d’intérêts par le premier ministre », ajoute le député de la Colombie-Britannique.

Filtre anti-conflits d’intérêts

Dominic Leblanc doit éviter toute relation avec la famille Irving, ses compagnies et ses filiales. Plus tôt cette année, il a signé un accord sous les ordres de la commissaire à l’éthique, Mary Dawson, afin de le tenir à l’écart des décisions qui impliquent l’une des familles les plus influentes et les plus puissantes au Canada.

« Afin de prévenir une situation de conflit d’intérêts ou d’accorder un traitement de faveur, la Commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique a déterminé qu’un filtre anti-conflits est nécessaire pour m’assister avec mon obligation de m’abstenir de participer dans toute question ou décision, autres celles de portée générale, concernant mon ami, monsieur James D. Irving », peut-on lire dans sa déclaration rendue publique.

Or, le Commissariat doit se pencher de nouveau sur son cas à la lumière des nouvelles responsabilités de Dominic Leblanc, qui cumule également les fonctions de leader parlementaire. Ce dernier a déjà communiqué avec Mary Dawson pour lui demander conseil et assure qu’il suivra ses recommandations.

« Entretemps, le ministre appliquera rigoureusement les mesures de filtrage que la commissaire a déjà recommandées », explique Patricia Bell, l’attachée de presse du nouveau ministre des Pêches et Océans.

Démission demandée

Malgré les garanties promises par le gouvernement, l’opposition ne lâche pas le morceau. Mark Strahl, porte-parole conservateur, a demandé jeudi, pendant la période de questions, si le premier ministre s’engageait à remplacer le ministre des Pêches et Océans.

« Les Canadiens et Canadiennes espèrent de notre gouvernement et de ses ministres un haut niveau d’éthique. Le ministre a déjà soulevé cette question avec le sous-ministre et le ministère et les recommandations de la commissaire seront suivies à la lettre », a indiqué Serge Cormier, secrétaire parlementaire des Pêches.

« Mon collègue du gouvernement peut se lever et prétendre qu’il n’y a aucun problème, mais la vérité est tout autre. Il est illusoire de penser que le ministre peut bien faire son travail, alors que des liens personnels l’empêchent de parler aux Irving », a renchéri Jacques Gourde, député de Lévis-Lotbinière.

De son côté, le bureau du premier ministre réitère que Justin Trudeau a « entièrement confiance en Dominic Leblanc » et qu’il restera en poste « tant que le premier ministre le souhaitera ».

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